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110 milliards ou la faillite

Les événements s’accélèrent dans les efforts de l’Union européenne destinés à endiguer un défaut de paiement de la Grèce, mais sans que l’on puisse encore envisager de « happy end », loin de là. Tout avait (re)-commencé il y a quelques semaines, lorsque le FMI avait indiquait qu’il pourrait refuser de verser sa part de la 5ème tranche du plan de sauvetage accordé l’an dernier à la république hellénique en raison de perspectives financières trop néfastes, qui rendait très incertaine la capacité du pays à rembourser. L’Union européenne lui avait alors emboîté le pas, indiquant qu’elle ne paierait pas non plus sa part des 12 millions d’euros sans l’apport du FMI. Le gouvernement de Georges Papandréou a donc du s’atteler à mettre sur pied dans l’urgence un nouveau plan d’austérité visant à réduire drastiquement la dette publique du pays, soulevant une vague d’opposition dans une population déjà durement touchée par la crise économique et les coupes budgétaires. Mais il est également apparu qu’au vu de la situation financière dramatique de la Grèce, le premier plan de sauvetage serait probablement insuffisant, et devrait donc être suivi d’un second, dont on estime que le montant devrait être proche de celui de 2010, c’est-à-dire 100 milliards d’euros.

Le gouvernement grec tente tant bien que mal d’établir un consensus politique national sur le nouveau plan d’austérité visant à « maintenir le pays debout », et la partie n’est pas encore gagnée: si M. Papandréou a bien obtenu la confiance renouvelée qu’il avait demandée au Parlement la semaine dernière, un vote crucial sur le plan d’austérité doit encore avoir lieu cette semaine. Certains observateurs estiment même que le pays s’oriente tout droit vers de nouvelles élections et une instabilité politique qui pourrait remettre en cause l’ensemble du plan de sauvetage.

Le reste de l’Union européenne discute pendant ce temps des conditions à associer à un nouveau plan de sauvetage, tiraillée entre la volonté de s’assurer que la Grèce fera tous les efforts nécessaires pour réduire son déficit, et celle de ne pas vouloir asphyxier son économie. Il s’agit aussi de savoir dans quelle mesure les banques privées devront participer à l’effort de refinancement, ce sur quoi on semble s’acheminer vers le compromis d’une participation « volontaire ».

Quoi qu’il advienne, l’Union économique et monétaire européenne vit vraisemblablement des heures cruciales pour son avenir allant bien au-delà de la seule situation de la Grèce : il s’agit en substance pour l’UE de définir sa volonté d’établir une réelle « solidarité économique et financière » à l’échelle du continent, afin de compléter une union jusque-là uniquement monétaire. La société grecque fait elle aussi face à une question fondamentale : au-delà de son sauvetage financier à court terme, celle-ci devra vraisemblablement jeter les bases d’un nouveau système politique et social qui lui permette de sortir des arrangements, de la corruption et du manque de transparence, afin de dynamiser la compétitivité de son économie et de refonder sa démocratie.


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