“En histoire, si on raisonne comme Fernand Braudel sur des siècles et des siècles, rien n’est définitif. Mais à vue humaine, les acquis de la construction européenne (...) sont solides, y compris l’Euro”.
C’est ainsi qu’Hubert Védrine dresse le constat d’une Union dont les Etats membres n’ont pas nécessairement les mêmes intérêts. “Cela ne sert à rien de dire que l’Europe est en panne en parlant au singulier, ce sont les Européens qui n’ont pas excactement la même conception de ce qu’il faut faire maintenant”, poursuit-il.
Mais celui qui a utilisé le terme d’hyperpuissance pour qualifier les États-Unis d’Amérique lorsqu’il était ministre des affaires étrangères, estime cependant qu’il est temps de bâtir “l’Europe puissance”. Sans lyrisme, précise-t-il, ajoutant que l’on n’a pas non plus besoin d’une “pseudo-constitution” pour tirer le meilleur parti de la mondialisation. Il convient selon lui d’avancer pour ne pas devenir “spectateurs de l’histoire”. Une expression, qui transparait dans son récent rapport remis à Nicolas Sarkozy, qu’avaient déjà avancé François Bayrou et Michel Barnier dans deux précédentes interviews sur “Euros du Village”, que nous vous proposons d’ailleurs de découvrir, ou de redécouvrir.
NDLR : Cette interview, réalisée en pleine campagne présidentielle, n’avait pas été diffusée comme prévu à la fin du mois d’avril compte tenu de l’abondante actualité traitée sur “Euros du Village” à cette époque et du contexte de la campagne électorale de l’entre-deux tours
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