Voici une étude qui risque fort de raviver la polémique récurrente au sujet du « double siège » du Parlement européen (ce dernier est officiellement situé à Strasbourg mais ne s’y réunit que 4 jours par mois pour la séance plénière à l’occasion d’une grande transhumance des députés et de leur personnel, qui sont le reste du temps basés à Bruxelles). A l’initiative de l’eurodéputé britannique Edward McMillan-Scott, vice-président du Parlement (groupe ADLE), président du groupe informel « Brussels-Strasbourg Study » et grand opposant du double siège, l’ancien député européen néerlandais Michiel van Hulten et l’Université de Zurich ont réalisé un rapport sur la position des députés européens et de leurs assistants quant à cette étrange situation.
Les résultats rendus publics le 10 février sont on ne peut plus clairs : 91% des personnes interrogées souhaitent que Bruxelles deviennent le siège unique de l’institution, 88% ajoutant que le Parlement, en tant qu’institution à part entière de l’UE, devrait avoir le droit de déterminer lui-même où il souhaite siéger.
Mais c’est bien-là que le bât blesse : le siège des institutions européennes étant fixé par les traités, toute modification de ce siège ne peut être décidée qu’à l’unanimité des Etats membres, et la France ne fait pas mystère de sa volonté non-négociable de conserver une institution européenne sur son territoire.
L’étude de l’Université de Zurich fournit d’autres résultats intéressants relatifs à la réduction des coûts, de l’impact sur l’environnement et sur la santé des personnes concernées qu’un regroupement à Bruxelles entraînerait. On y apprend aussi que même 72% des eurodéputés français interrogés se prononcent en faveur d’un abandon de Strasbourg. Ceci poussera-t-il la France à revoir sa position et à accepter une rationalisation de bon sens, qui plus est en cette période difficile ? C’est bien peu probable.


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