Sur la Turquie, sa réponse est sans équivoque: les adhésions de cette dernière à l’Union pour la méditerranée et à l’UE sont des sujets bien séparés et en ce qui concerne la seconde, pas d’hésitation: “la Turquie n’est pas un pays européen, donc n’a pas vocation à entrer dans l’UE et n’entrera pas dans l’Union européenne.”
Quand on le questionne sur le compromis européen (initialement franco-allemand) trouvé sur l’Union pour la méditerranée, sa réponse est une fois de plus claire et précise: le compromis européen est meilleur que la proposition initiale de la France et pour cause, les défis auxquels doivent faire face les deux rives de la Méditerranée concernent selon lui tous les pays européens, au premier titre desquels l’Allemagne, malgré ce que l’on pourrait penser de prime abord.
Alain Lamassoure: parcours
Alain Lamassoure est diplômé de l’ENA et Conseiller-maître à la Cour des comptes. Il est député européen (UMP /PPE-DE) depuis 1999. Il a préalablement exercé cette même fonction de 1989 à 1993, date à laquelle il est devenu Ministre délégué aux affaires européennes dans le gouvernement Balladur. De 1995 à 1997, il a été Ministre délégué au budget et porte-parole du Gouvernement dans le Gouvernement d’Alain Juppé. Il exerce également la fonction de conseiller municipal à la mairie d’Anglet et de vice-président de la Communauté d’agglomération Bayonne - Anglet - Biarritz. Il est depuis 2004, président du Conseil des élus du Pays Basque. Membre du bureau du PPE-DE, il exerce également la fonction de secrétaire national de l’UMP pour les questions européennes.
Sur la ratification du Traité de Lisbonne par référendum en Irlande, M. Lamassoure répond par une boutade à la question de la stratégie à adopter par les partis défendant le “Oui”: “difficile pour un Français de donner des conseils pour gagner un référendum européen !”. Il se déclare néanmoins confiant quant à la ratification du traité et prêt à aider les Irlandais dans la campagne référendaire si ces derniers jugent cette aide nécessaire.
Quand on aborde la question la présidence française et certaines déclarations de M. Sarkozy et M. Guaino mal accueillies par certains partenaires européens, M. Lamassoure répond là encore sans langue de bois. S’il ne partage pas les opinions de MM Guaino et Sarkozy sur certains points (statuts de la BCE, politique de concurrence), il explique néanmoins que ces sujets ne seront pas au cœur de la présidence française de l’UE. Le défi principal auquel la France devra faire face consistera ainsi selon lui à faire passer les intérêts de l’ensemble de l’UE avant les intérêts de la France, condition indispensable de réussite de toute présidence de l’UE.
C’est enfin avec modestie que Alain Lamassoure est revenu sur la mission que lui a récemment confiée le président de la République dans le cadre de la présidence française. Le député européen nous a ainsi expliqué que sa mission consisterait à faire des propositions concrètes d’amélioration de l’application du droit communautaire au bénéfice des citoyens européens. Prenant des exemples tels que la sécurité sociale, les mariages intra-européens, les questions de garde d’enfants ou la reconnaissance des diplômes en Europe, M. Lamassoure a conclu cet entretien en expliquant que l’Europe avait jusqu’à présent délaissé les problèmes pratiques que rencontrent beaucoup de ces “Européens nomades” circulant dans l’espace communautaire. Sa mission consistera ainsi à faire des propositions concrètes pour améliorer la vie de ces derniers.


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