Après la France, où plusieurs sondages l’ont récemment placée en tête du premier tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen, qui n’est pas seulement présidente du Front National mais aussi députée européenne, tente de se faire un prénom en Europe. Et elle n’y est bien sûr pas allée par quatre chemins, profitant d’un déplacement en Italie pour visiter l’île de Lampedusa, où ont débarqué plusieurs milliers d’immigrants tunisiens depuis le mois de février. L’occasion pour la fille d’occuper ce qui reste le terrain favori de son père, de son parti et d’elle-même : la dénonciation de l’immigration. Elle s’en est donc pris, comme l’on s’y attendait, à l’incapacité des dirigeants européens à empêcher un « déferlement migratoire », ainsi qu’à la suppression des frontières au sein de l’espace Schengen.
Sauf que pour l’instant, la thèse du « déferlement migratoire » issu des pays arabes en proie aux troubles ne semble pas confirmée par les faits. Selon le journal Le Monde, environ 10.000 personnes seraient arrivées à Lampedusa depuis le début de l’année, soit trois fois plus qu’en période normale, mais « l’appel d’air » se serait limité à cela. En particulier, le conflit libyen n’a pour l’instant pas entraîné de vague d’immigration vers l’Europe… une perspective que continuent cependant de craindre plusieurs dirigeants, en raison du fait que Kadhafi « contrôle » une bonne partie de l’immigration sub-saharienne. En tout état de cause, le déplacement de Marine Le Pen n’aura pas fait que des heureux : critiqué par la classe politique française, il l’a aussi été, implicitement, par Roberto Maroni, le ministre de l’intérieur italien, qui a souhaité que « personne n’aille [à Lampedusa] pour jeter de l’huile sur le feu ». Une déclaration remarquablement modérée pour l’homme politique de la Ligue du Nord, qui nous avais habitué à autre chose.


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