C’est devant une salle de presse pleine à craquer et en présence de Jose Manuel Barroso que le premier ministre russe Vladimir Poutine a tenu, jeudi 24 février à Bruxelles, à répéter son opposition bien connue au « 3ème paquet énergie », un ensemble de mesures visant à libéraliser le marché européen de l’énergie, qui doit entrer en vigueur cette semaine.
L’enjeu est en effet de taille pour la Russie, qui fournit à l’UE plus du quart de son gaz par l’intermédiaire de Gazprom, l’entreprise qui détient le monopole de l’exploitation gazière. En effet, selon le principe du « dégroupage » (« unbundling » en anglais), les producteurs d’énergie ne pourront plus gérer directement les réseaux d’approvisionnement, c’est-à-dire, dans le cas de Gazprom, les gazoducs présents sur le territoire de l’Union européenne. Les Etats membres ont même la possibilité de contraindre les producteurs à se séparer entièrement de la propriété de ces gazoducs, une solution pour laquelle a notamment opté la Lituanie. Dans ce pays, Gazprom devra donc abandonner les 37% qu’il détient dans le capital du distributeur Lietuvos Dujos, comme l’indique le journal Les Echos. Une mesure qui s’apparente à une « expropriation », a asséné Poutine, et qui pourrait selon lui limiter les investissements futurs et ainsi entraîner une augmentation significative du prix du gaz.
A moins que l’UE se montre magnanime et accepte d’exempter Gazprom de l’application de ses nouvelles règles… Barroso y a cependant répondu par un « non » implicite, précisant que les règles européennes ne sont pas discriminatoires puisqu’elles s’appliquent de la même manière aux entreprises européennes et aux entreprises étrangères. Les deux hommes, qui ont également parlé de la situation en Libye, se sont quittés sur ce désaccord, laissant entrevoir de difficiles négociations à venir.


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