Alors que le Japon fait depuis vendredi la une de tous les médias, la situation en Libye voit elle le niveau d’attention que lui porte l’opinion publique diminuer drastiquement… et ce au plus mauvais moment pour les rebelles, qui semblent en déroute alors qu’on les croyait encore il y a quelques jours aux portes de Tripoli. Au contraire, la coïncidence avec le séisme de Sendai tombe à pic pour le colonel Kadhafi, qui continue d’utiliser chars et avions contre des opposants largement moins armés.
On ne peut reprocher aux Etats occidentaux d’avoir abandonné la Libye de leurs priorités, puisque le pays était le sujet principal du sommet européen de vendredi, de la réunion des ministres des affaires étrangères du G8, lundi et du Conseil de Sécurité de l’ONU mardi et mercredi. Cependant, les discussions n’avancent pas et se concentrent toujours sur l’idée d’une zone d’exclusion aérienne qui à l’heure actuelle n’est peut-être même plus suffisante pour atteindre l’objectif final (soyons francs) : le renversement du régime de Kadhafi.
Les pays occidentaux, qui ont ouvertement pris parti pour les rebelles, se retrouvent ainsi à la croisée des chemins : Comment ne pas rester sans rien faire face à la possible victoire du régime libyen, qui porterait sans conteste un coup très rude à l’espoir démocratique des révolutions arabes et risquerait de s’accompagner de violences supplémentaires, tout en évitant de s’immiscer de manière trop appuyée dans les affaires intérieures de la région et de s’exposer à la critique d’une manipulation des soulèvements ? Réponse à trouver d’urgence, si jamais il n’est pas déjà trop tard.


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