Guy Verhofstadt, l’ancien premier ministre belge nouvellement élu chef de l’Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe (ADLE), sort les muscles. Il a récemment annoncé que son groupe n’accepterait pas de se prononcer sur la reconduction de Jose Manuel Barroso dès la séance plénière inaugurale du nouveau Parlement, le 15 juillet prochain, contrairement à la volonté des Etats membres et du Parti Populaire Européen (PPE). Pour le groupe centriste du PE, l’objectif est triple. Il s’agit premièrement de temporiser afin d’essayer de surmonter des divisions internes très profondes quant à un second mandat de l’actuel président la Commission. Pour se déterminer, l’ADLE va préparer un « mémorandum » contenant les priorités politiques selon elle essentielles pour les 5 ans à venir, priorités qu’elle souhaite voir reprises dans un « programme de législature » sur lequel M. Barroso devrait plancher pendant l’été. L’ADLE souhaite deuxièmement se profiler comme force politique engagée pour la défense des droits et de l’image du PE, lequel ne doit pas apparaître comme une simple « chambre d’enregistrement » du choix des Etats membres. Enfin, les Libéraux cherchent vraisemblablement à négocier leur ralliement à une candidature Barroso par l’obtention de postes importants au sein du nouveau Parlement, dont le premier d’entre eux, la présidence. En effet, si les députés de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates (nouveau nom du groupe PSE) refusent réellement de soutenir la reconduction de M. Barroso, comme l’a annoncé leur président Martin Schulz, il est probable que les conservateurs du PPE refuseront de partager la présidence du PE avec eux une nouvelle fois, ce qui pourrait donc profiter au libéral britannique Graham Watson, officiellement candidat. En tout état de cause, l’annonce de Guy Verhofstadt semble devoir inéluctablement repousser la reconduction de M. Barroso, mais jusqu’à quand ? Les libéraux souhaiteront-ils eux aussi attendre le second référendum irlandais et l’éventuelle entrée en vigueur du Traité de Lisbonne pour se prononcer sur le nouveau président de la Commission ? Est-il vrai qu’ils rêvent en secret de voir l’un des leurs, sûrement Guy Verhofstadt, s’imposer à la dernière minute comme solution de compromis à la tête de la Commission ? Réponse dans les semaines (et mois) à venir…
Voir notre « dossier spécial Elections européennes 2009 »
(Photo : jasperwiet, flickr.com)


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