L’homme
Jean-Louis Bourlanges, né en 1946, est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et Professeur agrégé de lettres modernes. Il a enseigné dans diverses universités, notamment l’Université John Hopkins et l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Diplômé de l’Ecole Nationale d’Administration, il est nommé en 1979 Auditeur puis Conseiller référendaire, de 1983 à 1989, à la Cour des comptes.
Il a commencé sa carrière politique en France, où il fut Conseiller municipal de Dieppe entre 1983 et 1989 et Conseiller régional de Haute-Normandie entre 1986 et 1998. Ancien Vice-président de l’UDF, il n’a pas rejoint le Modem, crée par François Bayrou après les élections présidentielles de mai 2007. En juillet 2007, il est nommé au « Comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions » mis en place par le Président de la République Nicolas Sarkozy et présidé par Edouard Balladur.
Une carrière européenne
Jean-Louis Bourlanges a été élu député au Parlement européen (UDF-PPE) en 1989 sur la liste conduite par Simone Veil, réélu en 1994 sur celle conduite par Dominique Baudis et en 1999 sur celle conduite par François Bayrou. Il a enfin été élu en 2004 comme tête de liste dans la circonscription Nord-Ouest de la France. Il sera remplacé dans ses fonctions à partir du 1er janvier 2008 par Brigitte Fouré, ancienne Conseillère régionale de Picardie et Adjointe au Maire d’Amiens.
Membre du groupe parlementaire « Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) », Jean-Louis Bourlanges a occupé des fonctions de premier plan au sein du Parlement européen. Il a ainsi notamment été Président de la Commission du contrôle budgétaire (COBU) en 1993 et 1994, rapporteur du budget général de l’Union pour l’année 2000, rapporteur sur la hiérarchie des normes et la typologie des actes de l’Union en 2002 et Président de la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, de juillet 2004 à janvier 2005. Il était, jusqu’à présent, membre de la Commission des transports et du tourisme et membre suppléant de la Commission des affaires constitutionnelles.
Pourquoi il quitte le Parlement européen, « Assemblée politique d’une Union qui n’aime pas la politique [1] »
Jean-Louis Bourlanges, qui dit dans une interview au Monde, avoir eu au sein du Parlement européen le sentiment de « contribuer à l’émergence d’un objet politique inédit, voire révolutionnaire », capable de « permettre aux Etats nationaux […] de répondre solidairement aux défis de la globalisation [2] », a choisi de quitter ses fonctions de député d’une « Europe qui fait semblant ». S’il reconnaît que l’Europe n’est plus en crise institutionnelle depuis la signature du traité de Lisbonne, il considère qu’elle a aujourd’hui atteint un palier et qu’on ne peut espérer avant longtemps aucun développement politique majeur en raison du nombre de ses membres et d’un élargissement « bâclé », de leur hétérogénéité sur le plan économique et social et du renouveau des identitarismes. Fort de son appartenance à une famille politique « sociale, libérale et européenne [3] », il salue les réalisations européennes dans le domaine de la liberté des échanges et d’une concurrence non faussée. Il constate cependant à la fois l’absolue nécessité et l’absence de véritables politiques publiques européennes et déplore le refus des Etats membres de mettre en commun leurs compétences en matière d’éducation et de recherche, de protection sociale, de justice et de police, de politique étrangère et de défense, de politique budgétaire et fiscale. Après deux décennies européennes remarquables, il quitte le Parlement européen, « Assemblée politique d’une Union qui n’aime pas la politique » et qui, selon lui, « fait trop souvent figure de porte-avions condamné à faire des ronds dans l’eau [4] ».
Il a également profité de l’occasion de cette interview au journal Le Monde pour décrier les errances actuelles du nouveau parti de François Bayrou, le Modem, celles de l’UMP ainsi que celles des députés du Nouveau centre : « ma famille politique (...) gît désormais à terre, tronçonnée en trois morceaux inanimés : entre l’UMP, le MoDem et le Nouveau Centre, les enfants de l’UDF n’ont le choix qu’entre une reddition, une secte et un camp de réfugiés. ». Une interview au vitriol donc, et une sortie en toute beauté...
Vous pourrez cependant toujours écouter Jean-Louis Bourlanges dans l’émission de P. Meyer, L’Esprit public, tous les dimanches matins sur France Culture !


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