Le 11 février, le Parlement européen a rejeté à une forte majorité (378 voix contre 196) l’accord SWIFT avec les Etats-Unis, qui organise l’accès américain aux données interbancaires des Européens à des fins de lutte contre le terrorisme. L’ensemble du centre-gauche (des Libéraux-Démocrates à la Gauche Unie Européenne, en passant par les Socalistes et Démocrates et les Verts) a voté contre ce texte, tandis que le PPE s’est profondément divisé. Seuls les groupes les plus conservateurs et eurosceptiques ont voté pour le texte. Bien des observateurs se sont accordés pour dénoncer les nombreuses pressions de Washington sur les députés européens. De plus, les Etats membres appuyaient fortement ce texte, notamment l’Espagne et le Royaume-Uni. Parmi les principaux motifs de rejet, les opposants ont évoqué la non-reciprocité de l’accord et la faible protection des données personnelles des citoyens.
Le Parlement a donc rejeté ce texte jugé « mauvais » et a invité la Commission et le Conseil à renégocier un meilleur texte. Lors de cette nouvelle négociation, le Parlement disposera de pouvoirs accrus, grâce à l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Mais les Etats-Unis seront-ils prêts à revenir à la table des négociations ou voudront-ils uniquement passer des accords bilatéraux avec les pays détenteurs de données (Belgique et Pays-Bas) ?
POur Jerzy Buzek, le président du Parlement européen, un nouvel accord entre l’UE et les Etats-Unis pourrait être trouvé « d’ici 3 mois au plus tard ».
(Crédit Photo : Flickr/©European Parliament/Pietro Naj-Oleari )


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