L’euro, grand gagnant de la crise économique

Protectrice, convoitée : atouts et revers de la monnaie unique en temps de crise

Longtemps accusé de tous les mots, de la hausse des prix à la faiblesse de la croissance, l’euro se trouve depuis l’émergence de la crise économique et financière de nouveau au centre des débats, mais de manière bien plus positive cette fois. Certes, quelques voix s’élèvent bien pour critiquer l’impossibilité de mener des dévaluations compétitives afin de lutter contre la chute de la croissance et les pertes d’emplois. Mais la monnaie unique est surtout applaudie pour sa capacité à « protéger » les pays européens de secousses encore plus violentes, à tel point que plusieurs pays auparavant réticents se pressent aujourd’hui au portillon. A contre courant du marasme ambiant, l’euro serait-il donc le grand gagnant de la crise actuelle ?


Définitions

Choc asymétrique  : Un choc asymétrique est un choc d’offre ou de demande qui affecte de manière différente deux régions ou pays qui ont décidé de faire monnaie commune.

Dévaluation  : La dévaluation signifie la perte de valeur d’une monnaie par rapport à d’autres monnaies lorsque ce sont les autorités publiques qui prennent l’initiative de cette diminution de valeur.

Dépréciation  : La dépréciation constitue une diminution de la valeur d’une monnaie par rapport à d’autres monnaies ou à un étalon de référence. Ce mécanisme est le résultat du jeu de l’offre et de la demande de monnaie sur le marché des changes et non d’une action volontaire des autorités. La dépréciation a pour conséquence un renchérissement du prix des importations et une diminution du prix des exportations.

Dévaluation compétitive  : La dévaluation compétitive d’une monnaie nationale fait partie de l’arsenal des mesures protectionnistes. Il s’agit d’une dévaluation orchestrée afin de faire baisser le prix en monnaie étrangère des exportations et de rendre ainsi les produits exportés plus compétitifs.

Accusé de faire grimper les prix et d’affecter le pouvoir d’achat lors de son introduction physique en 2002, l’euro semble aujourd’hui tenir ses promesses. Tout d’abord, en faisant baisser les coûts de transaction et en offrant une plus grande transparence en matière de prix, il a participé directement à l’accroissement des échanges, à la maîtrise de l’inflation et à plus de stabilité économique au sein de la zone euro. Surtout, en ces temps de crise économique et financière, la monnaie unique apparaît de plus en plus comme une aubaine pour les pays qui l’ont adoptée. Certes, devant l’augmentation des pertes d’emplois et l’accumulation des faillites, il y a bien quelques voix pour réclamer un retour aux monnaies nationales et à la possibilité de mener des dévaluations compétitives. Pourtant, les détracteurs de la monnaie unique se font discrets et nombre de pays auparavant réticents, comme le Danemark, la Suède et même l’Islande, se pressent aujourd’hui au portillon. Si l’euro n’est pas une panacée, il semble bien être un atout par les temps qui courent. Encore faut-il remplir les conditions pour l’adopter…

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Banque d’Angleterre

Contrairement aux autres pays de l’UE (à l’exception du Danemark), le Royaume-Uni dispose d’une exemption sur l’Union économique et monétaire et n’est donc pas obligé d’adopter un jour l’euro. Sa banque centrale est libre de déterminer sa propre politique monétaire, ce qui lui a permis de laisser chuter la livre ces derniers mois pour rétablir la compétitivité du pays. Mais cette stratégie n’aura-t-elle que des bénéfices ?

(Photo : carlos_seo, flickr.com)

L’indépendance monétaire a des atouts…

On pose souvent la question de la justification de l’euro, et des bénéfices que la monnaie unique est, depuis son introduction, censée apporter à l’économie européenne. Mais cette question peut très bien être retournée, en particulier dans le contexte de crise économique actuelle : quels seraient les avantages d’une monnaie nationale par rapport à une monnaie commune à 16 pays d’Europe ?

Au-delà du symbole d’« identité nationale », le grand avantage de disposer de sa propre monnaie réside dans la possibilité pour un pays d’adapter la conduite de sa politique monétaire à sa propre situation économique et financière. Par exemple, en cas de perte de compétitivité, un pays non membre de la zone euro peut décider d’ajuster ou de laisser filer son taux de change afin de rendre ses produits moins chers par rapport à ceux de ses partenaires commerciaux, et ainsi plus compétitifs. A l’inverse, lorsqu’un pays membre d’une communauté monétaire fait face à un choc dit « asymétrique », c’est-à-dire qui le touche bien plus fortement qu’il ne touche ses voisins, il ne dispose plus de sa propre monnaie comme variable d’ajustement et doit donc rétablir sa compétitivité par un ajustement des prix et des salaires, ce qui est souvent long et douloureux.

C’est en partie cette stratégie de la réaction par le taux de change que la Grande-Bretagne applique aujourd’hui. Étant donné sa situation particulière – effondrement du marché immobilier, rétrécissement du secteur financier et haut niveau d’endettement des ménages – cette dernière semble en effet profiter d’une indépendance monétaire qui lui permet de gérer la crise avec plus de flexibilité. Il faut toutefois souligner que le Royaume-Uni connaît une situation spécifique, et surtout que les avis divergent sur la durabilité d’une telle politique. En effet, l’arme monétaire n’est pas sans risque et lorsque le choc est commun à un ensemble de pays, mieux vaut la proscrire.

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Manifestants devant le parlement hongrois, Budapest

La crise économique a déjà des conséquences politiques dans plusieurs pays d’Europe de l’Est : après la Lettonie et la Lituanie, c’est le gouvernement hongrois du premier ministre Ferenc Gyurcsany qui a dû démissioner le 23 mars dernier. Il faut dire que ces pays, Hongrie en tête, sont très durement frappés par la crise et n’échappent au défaut de paiement que grâce à l’aide du FMI et de l’UE. Face à cela, leurs dirigeants réclament un assouplissement des critères d’adhésion à la monnaie unique... assouplissement qui leur a jusqu’à présent été refusé.

(Photo : habeebee, flickr.com)

… mais aussi de nombreux revers

La dévaluation ou la dépréciation monétaire permet de gagner en compétitivité et de relancer les exportations. Mais il y a des limites et les effets secondaires des modifications de taux de change se révèlent bien souvent plus douloureux.

Premièrement, une situation dans laquelle tous les pays se mettraient à dévaluer leur monnaie pour relancer leur économie par les exportations serait in fine dommageable pour chacun d’entre eux. Elle créerait un climat de grande incertitude et d’instabilité, et conduirait à une contraction des échanges commerciaux, sans compter les possibles réactions protectionnistes qui s’ensuivraient. Un tel scénario est certes très improbable dans le contexte actuel de l’Union européenne, mais c’est le phénomène qui a été observé dans les années trente.

Deuxièmement, pour reprendre une formule de Paul Volcker, ancien président de la Federal Reserve (la banque central américaine) et actuellement conseiller de Barack Obama, « il est plus sûr de se trouver sur un grand bateau lorsque la mer est agitée ». Depuis la faillite de Lehman Brothers en septembre dernier, les monnaies à ancrage global telles que l’euro et le dollar ont été les plus stables. Avec la crise, les investisseurs boudent les pays et les monnaies qu’ils perçoivent comme « à risque » et instables. Le fait d’appartenir à un grand ensemble monétaire protège des attaques spéculatives et des fuites de capitaux. En dehors de l’Union monétaire, la République Tchèque, la Hongrie et plus encore la Pologne en ont fait les frais et leurs monnaies respectives se sont significativement dépréciées par rapport à l’euro. Au Danemark, afin d’éviter l’effondrement de la couronne et de retenir les investisseurs, la banque centrale a été contrainte de remonter ses taux d’intérêt en octobre dernier, une mesure pourtant en contradiction avec le besoin de relance de l’économie et qui n’a donc pas arrangé ses perspectives de croissance. A l’opposé, plusieurs États membres de la zone euro dont les monnaies nationales auraient à coup sûr fait les frais d’attaques spéculatives, comme l’Italie, l’Espagne, la Belgique ou l’Irlande, ont été protégées par leur appartenance à la zone monétaire commune : grâce à l’euro, les marchés ne s’inquiètent pas trop de la montée des déficits de ces pays car ils savent que la BCE est là, ce qui rassure les investisseurs et évite une fuite des capitaux. En dehors de la zone euro, nombre de gouvernements seraient contraints d’emprunter à des taux plus élevés, ce qui grèverait un peu plus les finances publiques, rendrait plus difficile leur action contre la crise, et contribuerait à déstabiliser encore plus l’ensemble de l’économie européenne.

Enfin, les dépréciations des monnaies nationales ne font pas seulement fuir les investisseurs : elles gonflent également l’endettement des entreprises, des ménages et des gouvernements qui ont contracté des emprunts en euros, et pose de sérieux problèmes aux systèmes bancaires des pays concernés. Pour de nombreux pays, une sortie de la zone euro se traduirait directement par une crise de change, accompagnée d’une crise bancaire sous l’effet de la fuite des dépôts. Cela les obligerait à remonter fortement leurs taux d’intérêt, augmenterait leurs charges d’emprunt et pourrait avoir de lourdes conséquences sur le plan économique et social. Dans un contexte où les investisseurs recherchent la sécurité, des pays comme l’Italie, la Belgique et la Grèce, avec des niveaux d’endettement publics très élevés, courraient à la catastrophe. L’Espagne aurait par ailleurs d’importantes difficultés à financer son déficit courant en dehors de la zone euro.

Le rôle protecteur joué par l’euro dans la crise actuelle ne fait donc pas de doute, et les bénéfices potentiels de dévaluations compétitives font pâle figure à côté des atouts de la monnaie unique. En témoigne le nombre croissant de pays d’Europe centrale et orientale, auparavant réticents, qui cherchent aujourd’hui à l’adopter. Même au Danemark et en Suède l’idée d’une adhésion à la zone euro fait à nouveau parler d’elle.

Mais vouloir adhérer à l’euro est une chose, le pouvoir en est une autre. L’adhésion à la monnaie unique est en effet conditionnée au respect de critères en termes de stabilité des prix, de finances publiques, de taux d’intérêt et de taux de change (les fameux « critères de Maastricht »), dont le but est de s’assurer que les États ne fassent pas porter le poids de mauvaises politiques économiques par les autres et jouent le jeu de la coopération. Pour les pays nordiques, traditionnellement parmi les plus performants de l’Union, l’adoption de l’euro ne devrait pas trop poser de problèmes et dépend avant tout de la volonté populaire. Pour les pays d’Europe centrale et orientale en revanche, fortement fragilisés par la crise, les choses sont plus complexes. Car si la crise a rendu l’adoption de l’euro plus attractive, elle l’a aussi rendue moins probable, en tout cas en ce qui concerne les critères de Maastricht, dont la plupart nouveaux États membres se sont distancés, que ce soit en matière d’inflation, de taux de change ou de déficit public.

Plusieurs d’entres eux ont donc réclamé un adoucissement de ces critères afin d’accélérer leur entrée dans l’Union monétaire. « Il n’en est pas question » ont déclaré récemment les deux Jean-Claude (Juncker et Trichet), respectivement Président de l’Eurogroupe et de la BCE. Cette intransigeance ne plaît pas à tout le monde et peut certes sembler excessive, mais c’est certainement la position à adopter pour maintenir la crédibilité de l’euro et éviter un accroissement futur des divergences macroéconomiques au sein de la zone. Au contraire, une adoption dans la précipitation pourrait s’avérer très coûteuse sur le long terme. Les nouveaux Etats membres, même s’ils ont aujourd’hui réalisé tout l’intérêt qu’il pouvait y avoir à adhérer au club de la monnaie unique, devront donc encore patienter... et avant tout mener des réformes difficiles qu’ils n’avaient jusqu’à présent pas considérées comme prioritaires. La poursuite du succès de l’euro semble être à ce prix.


Logo : Christian Fleschhut, flickr.com


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L pour Libertas
10 avril 2009
16:46
http://l
L’euro, grand gagnant de la crise économique

Je pense que l’Euro nous fera perdre Il faut regarder cette vidéo sur l’Euro : http://www.dailymotion.com/video/x8...

L’euro, grand gagnant de la crise économique

Le public français est laissé dans un état de sous-information manifeste

Crise de l’euro : les premières conséquences internes et externes

Plus personne de raisonnable ne nie plus -à quelques exceptions isolées- la crise de l’euro et donc de la zone euro.

De même, plus personne de sensé -sauf quelques rares négateurs des faits les plus évidents- n’essaie plus de nier les causes réelles de la crise et leurs conséquences, internes et externes à la zone euro.

Bien évidemment, personne ne nie aussi la crise mondiale qui continue à faire sentir aux citoyens du monde ses terribles effets, crise mondiale qui frappe une zone euro affaiblie, divisée et sans cohésion. Des difficultés de Dubaï à celles de Singapour, des problèmes soulevées par la dette britannique qui a explosé jusqu’à la situation critique des Etats d’Europe centrale et orientale, nier ces crises inter-dépendantes est devenu aussi vain que sans objet.

A cela s’ajoute le combat commercial, bancaire et financier entre la Chine et les Etats-Unis, ce dernier pays cherchant à limiter ses dépenses publiques, ce qui n’est pas, de l’avis des économistes les plus connus et appréciés, une décision sage, surtout en ce moment de crise mondiale.

La réalité étant acquise et ayant pris le pas sur des a-priori psychologiques et politiques des uns et des autres, il convient de regarder vers l’avenir, en tenant compte des évènements et de leurs différents paramètres : économiques, sociaux, politiques, monétaires, nationaux, continentaux et internationaux.

Cet article se propose de regarder les réalités constatées afin d’en déduire les tendances lourdes pour le futur.

Zone euro : dehors, dedans, le chaos devient général

Les données statistiques OFFICIELLES des pays de la zone euro disent tout. Il suffit aux récalcitrants refusant les réalités de les lire avec attention, sans se contenter des titres médiatiques finement orientés vers un pseudo-optimisme béat sans aucune base concrète.

Le Produit Intérieur Brut (P. I. B) de la zone (comprenant 16 pays) a chuté en 2009, officiellement, hors trucages possibles des données, de - 4% !!! Un record historique dans la régression.

La France a connu, dans ce contexte, sa pire récession depuis la seconde guerre mondiale (- 2,2% ) en 2009. L’Italie est entrée en récession. L’Allemagne, la locomotive de la zone euro, a vu son P.I.B reculer de -5% en 2009, un autre record catastrophique !!!

Les 27 Etats de l’UE- donc les 16 de la zone euro et les 11 autres qui n’y sont pas- ont vu leur P. I.B commun s’effondrer de -4,1%, ceci intégrant de fortes variations internes !!!

Quelques sources officielles en français pour les lecteurs non encore informés de ces réalités connues dans le monde entier et/ou ceux qui s’acharnent dans le déni des évidences reconnues et acceptées par le monde entier sont apportées ci-dessous :

http://french.cri.cn/720/2010/02/13...

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?si...

http://www.lexpansion.com/economie/...

Au passage, il sera noté que le P. I. B américain a cru en 2009, de 1,9%, à l’opposé de celui de la zone euro et de l’UE qui a fortement chuté. Un décalage s’opère aussi sur ce plan. Cette fracture rappelle que l’Europe perd sa place sur le marché mondial, au profit d’autres puissances ascendantes : Chine, Inde, Brésil, Russie, Corée du Sud notamment.

Si on traduit ces réalités par une image évocatrice par son pouvoir de comparaison : le train de la zone euro est arrêté en rase campagne après avoir reculé durant un an. Sa puissante locomotive-tractrice allemande est en effet en panne après avoir tiré en marche arrière, les 15 wagons ont tendance à voir leur système d’accrochage entre eux se défaire et certains wagons lourds glissent toujours en arrière, sans frein.

Cette réalité est doublée d’une autre, encore plus pénible, mais vraie : le Royaume-Uni- centre financier européen adossé à la zone euro- est aussi sur-endetté, sans perspective d’amélioration visible. Sa monnaie devient aussi facteur d’instabilité grave : la menace d’une faillite du Royaume-Uni devient plus qu’une probabilité, elle est maintenant possible à court terme.

Il est inutile de revenir ici sur les conséquences d’une faillite de ce pays, centre financier de liaison entre la zone euro, les pays de l’UE et le marché financier mondial, tant celles-ci sautent aux yeux des plus médiocres en matière économique :

http://www.lexpansion.com/economie/...

Pire encore, les wagons de réserve, qui devaient être raccrochés au train en panne, ont de si grosses difficultés que leur jonction avec le convoi immobilisé est remis à des dates de plus en plus lointaines et incertaines (Pologne, Etats baltes, Hongrie, Roumanie,...).

Sans parler d’autres Etats d’Europe Centrale, Orientale et Méridionale, qui, eux, sont carrément entrés dans des récessions profondes assorties de crises sociales et politiques qui s’aiguisent (Hongrie, Roumanie). Le chiffre de -4,1% de P.I.B pour toute la zone UE cache en effet des différences importantes entre les pays dans la gravité et la profondeur de la récession qui les frappe.

A l’extrémité Est de l’Union européenne, l’Ukraine, dont la santé économique n’est pas des plus florissantes, tend à resserrer plutôt ses liens avec la Russie qu’avec une UE en panne, en crise, impuissante et divisée.

http://www.tdg.ch/actu/monde/douze-...

Tel est le tableau général interne et externe de la zone euro qui s’offre aux yeux effarés des observateurs attentifs en ce début 2010.

Les processus et tendances pour 2010

A lire les médias français, qui ont, pour beaucoup, une vraie difficulté à suivre et comprendre les affaires du monde, la tendance actuelle serait à une sortie de crise (sic... !). Cette vision isolée des avis mondiaux est vue, de l’extérieur de l’hexagone, comme une « étrangeté », voire une « absurdité » franco-française.

Cette forme déraisonnable de « méthode Coué » - niant des faits publics et connus du monde entier- surprend, d’autant plus que les données chiffrées sont publiques, accessibles et diffusées largement, quoique souvent avec des titres et des sous-titres radicalement trompeurs, voire en contradiction avec le contenu des articles...lorsque, encore, ceux-ci apportent tous les éléments statistiques et n’évitent pas de les publier !

Il ressort cette curieuse impression internationale que le public français est laissé dans un état de sous-information manifeste alors que les opinions publiques d’autres pays (Royaume-Uni, Dubaï, Japon, Canada, Etats-Unis, Chine, Corée du Sud,....) sont largement informées des évènements et en reçoivent généralement des analyses conformes aux faits.

Ainsi, lorsque la Chine resserre pour la deuxième fois depuis début 2010 ses règles prudentielles pour ses banques, ceci alors que ses marchés boursiers fluctuent quelque peu dangereusement avec des bulles spéculatives menaçantes, la surprise dans la date est internationale, mais en France, c’est la décision même qui semble totalement inattendue alors que l’économiste américain Nouriel Roubini l’avait annoncée comme inscrite dans les évènements, par nécessité, voici peu :

Lien en anglais :

http://www.cnbc.com/id/35363938

Lien en anglais sur ce sujet :

http://www.cnbc.com/id/35362919

Il suffit d’ajouter les difficultés financières venant de Dubaï et de Singapour, sans oublier la dette américaine en augmentation constante et les ennuis du Japon, pour comprendre sous quels auspices funestes commence l’année 2010.

Pour apprécier ce qui se passe à l’Est de l’Europe dans les Etats qui voulaient frapper à la porte de la zone euro, un lien anglais permet de se représenter la souffrance des populations soumises à des reculs civlisationnels et sociaux profonds afin de rentrer dans les fameux critères de Maastricht au moment où les pays fondateurs les ont largement violés sans répit :

http://www.nytimes.com/2010/02/12/b...

Que déduire de tout cela et de ces processus contradictoires, mais combinés ?

La déduction première, qui tombe sous le sens commun, est double :

1- La zone euro a de facto explosé en deux sous-groupes qui ne peuvent plus s’assembler sur des critères économiques, sociaux et financiers communs : en gros, les pays de la zone Sud avec quelques autres d’un côté : la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Irlande du Sud, et potentiellement, la France. De l’autre, le reste des Etats membres de la zone. Sachant que les Etats du second groupe glissent progressivement du second groupe vers le premier, inexorablement.

2- La crise mondiale va affecter, bien évidemment, d’abord les Etats les plus fragilisés à ce jour, mais elle va aussi de plus en plus peser sur les autres, d’autant que les problèmes initiaux fondamentaux des fameux PIIGS ne sont en rien résolus, ni en voie de l’être.

En résumé, une fracture progressive déchire la zone euro, mais aussi toute l’UE maintenant, et ce d’autant plus que tout le monde a compris que l’euro ne protégeait plus personne de rien, et surtout pas d’une terrible récession comme celle vécue en 2009, ni des crises mondiales !

Dans les pays qui frappaient à la porte de la zone euro, le désir de rentrer dans ce groupe en crise faiblit. Ce constat est valable tant pour les sphères gouvernementales que dans les populations, au vu de cette crise qui a détruit la confiance dans les promesses faites en échange de sacrifices de plus en plus rejetés par les citoyens. Ceci est notoirement frappant en Pologn, mais pas seulement.

Quant aux pays hors zone euro qui sont frappés par une récession qui devient dramatique, ils ne peuvent plus, indépendamment de leurs souhaits passés ou présents, prétendre à rentrer dans la zone euro avant.....un temps de plus en plus lointain !

En un mot, l’objectif d’une zone monétaire unique européenne est gravement menacé : la moindre sortie d’un pays, une faillite retentissante ou bien la démonstration de l’absence de réelle solidarité au sein de l’UE et de la zone euro achèveraient de rendre impossible ce but tout en disloquant la zone euro comme telle.

La liste des dangers les plus flagrants en 2010

Récapitulonss, en forme d’inventaire à la Prévert, sans ordre aucun car les faits règleront cette question, les principaux dangers qui menacent, de par ces processus divers, mais combinés, la zone euro et aussi dorénavant plus clairement, les économies des 27 Etats de l’UE.

1- Menace de faillite du Royaume-Uni d’abord et d’autres Etats en zone euro ensuite : une faillite du Royaume-Uni, bien que non-membre de la zone euro, serait mortelle pour cette dernière et pousserait, dans la panique générale, vers la sortie de cette zone.

2- Appronfondissement des fractures internes à la zone euro et dans l’UE, menant à des revendications politiques et financières dislocatrices tant de l’UE que de la zone euro.

3- Crises sociales et politiques graves dans des pays de l’UE qui sont, en plus de la crise, poussés par leurs gouvernements à des politiques de reculs sociaux et civilisationnels importants, afin de satisfaire à des critères que pas un Etat de la zone euro ne respecte !

4- Possibilités de sorties de la zone euro de plusieurs pays, à commencer par ceux du Sud, du fait de difficultés sociales et politiques insolubles dans le cadre de la zone euro et des politiques régressives imposées pour y demeurer.

5- Rejet croissant par les opinions des pays de l’UE non-membres de la zone euro de l’hypothèse d’entrée dans cette dernière, ceci sous l’effet des sacrifices exorbitants et intolérables demandés dans ce but. Ce but apparaît dorénavant sans aucun intérêt collectif majeur.

6- Risques de récession accrus en zone euro tandis que la récession s’approfondirait pour les autres pays de l’UE, surtout au Centre et à l’Est de l’Europe. Ceci impliquerait une multiplication des crises sociales et politiques entravant de facto toute politique collective cohérente au niveau de la zone euro.

7- Probabilités de changements, poussés par les évènements, des statuts de la BCE et des Traités de l’UE, ce qui décridibiliserait encore plus les critères d’entrée dans la zone euro et l’UE. Les pays encore demandeurs à l’entrée dans la zone euro se sentiraient trahis, voire furieux que l’on change les règles collectives alors qu’eux ont souffert pour les respecter à la lettre.

8- Dangers de crise politique et sociale majeure en Allemagne, notamment si la situation dans la zone euro amenait le gouvernement de ce pays à prendre en charge, d’une manière quelconque, des charges financières non-allemandes.

9- Dangers similaires pour la France dont les déficits et les dettes ne peuvent pas être contenus, sauf à risquer une véritable révolte sociale de la population, qui se tournerait naturellement contre l’UE et la zone euro, vues comme coupables et responsables de régressions sociales inacceptables (retraites, santé publique, enseignement, transports, salaires, etc...)

10- Menace de chocs extérieurs, aggravant les difficultés internes citées plus haut, issus de la crise mondiale qui se poursuit : nouvelle crise financière ou bancaire, inflation, explosion de bulles spéculatives....

Voici donc un menu général des possibilités pour l’année 2010, ...qui peut aussi être servi par les évènements à la carte.

NB : l’auteur a placé des liens vers des informations publiques connues du monde entier, en langues française et anglaise pour que les lecteurs puissent avoir accès à des données globales. Il a renoncé à quelques liens très instructifs vers des articles de presse en mandarin, en japonais et en coréen, bien que ceux-ci soient aussi d’un intérêt certain. Avec ces données, il s’agit de pallier autant que possible les manques évidents des médias français sur les sujets abordés, conduisant une partie de l’opinion française à, soit ignorer totalement faits et chiffres connus du monde entier, soit à en nier les analyses existantes faites au niveau international, ce qui est assez dommageable et altère gravement la formation d’avis librement construits.

Par Philippe Vassé ; Historien de formation initiale, humaniste attaché au savoir, j’ai travaillé dans divers domaines, de l’industrie automobile à l’agriculture, en passant par l’enseignement, l’archéologie et la création de sites Internet citoyens. Après avoir voyagé beaucoup surtout en Europe et en Asie, je réside à Taiwan et y suis les phénomènes sociaux, politiques et économiques.

jonjon
17 août 2010
10:18
L’euro, grand gagnant de la crise économique

Eh bien, alors c’est formidable l’euro, vraiment, merci l’euro. Heureusement que ce site est là pour nous expliquer que tout va bien. « Ah oui mais on pouvait pas prévoir que... » Bah c’est pourtant ça l’économie, observer des tendances de fond, des signaux (qui existent depuis longtemps) indiquant de potentielles évolutions. Pas rédiger une brochure publicitaire pour la zone euro.

Ce blog est rédigé par des personnes manifestement sous-qualifiées et surtout peu travailleuses... D’autant qu’à la lecture de cet article on dirait que le seul instrument d’une banque centrale nationale, ce sont les dévaluations compétitives. Sérieusement ? Et la France avant l’euro a souvent eu recours à des dévaluations compétitives ? Et une banque centrale indépendante au niveau national, ça n’existe nulle part ? Et les taux d’intérêt ? Et le ciblage de l’inflation ?

Bref, avec tout ça on n’explique pas en quoi l’euro est « protecteur » (normal, il ne l’est pas), ni en quoi il évite les attaques spéculatives par exemple. Faudrait sans doute demander aux Grecs ou aux Espagnols ?

Naim Cordemans ferait bien de retourner étudier un peu avant de prétendre prendre publiquement position sur de telles questions.

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Auteurs

Naim CORDEMANS

Licencié en sciences économiques de l’Université libre de Bruxelles, Naïm a également étudié l’économie européenne au Collège d’Europe, à Bruges. Il affectionne particulièrement la macroéconomie, notamment les questions monétaires. Il possède une bonne (...)

Sur internet

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