LE PODCAST : langues à toutes les sauces
La comparaison entre l’espéranto et des langues comme le gaélique, le catalan, le basque ... ne rime à rien, car :
l’espéranto n’est la langue d’aucune communauté géographique, n’est pas attachée à aucun territoire, n’est pas une langue natale ; c’est une langue apprise dans un but de communication ou d’échanges culturels internationaux, c’est donc une langue purement véhiculaire,
le gaélique, le catalan, le basque sont des langues nationales/régionales attachées à un territoire et identifient leur locuteurs à un pays ou une région, ce sont des langues purement vernaculaires.
Le nombre de locuteurs natifs d’une langue nationale/régionale est extrêmement variable, de l’ordre du millier pour les langues les moins répandues à plus d’un milliard pour le chinois (mandarin).
Là où les choses se compliquent, c’est lorsqu’une langue est à la fois langue vernaculaire et langue véhiculaire (anglais, et dans une moindre mesure français, espagnol, etc.). Car une même langue compte des locuteurs natifs et des locuteurs non natifs, ce qui créé des distorsions entre les différentes catégories de locuteurs et la difficulté à évaluer le nombre total de locuteurs selon le niveau de maîtrise que l’on prend en compte. Dans la pratique, sur les 7000 à 8000 langues vivantes existantes, seules moins d’une dizaine ont le double statut de langue vernaculaire et langue véhiculaire (l’anglais se taillant la part du lion). Il est assez curieux de constater (mais cela s’explique par des raisons historiques) que le chinois qui compte le plus de locuteurs (natifs) est une langue purement vernaculaire.
L’espéranto étant une langue purement véhiculaire, son nombre de locuteurs devrait se comparer aux nombres de locuteurs non natifs des langues à statut double. Ce qui est assez notable est que l’espéranto fait partie du cercle restreint des langues véhiculaires, malgré le fait qu’il n’est soutenu par aucun groupe d’intérêt, ce qui en soit peut être considéré comme un premier succès.