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Le 8 mars, parlons des femmes !

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Chaque année, à l’époque où le temps se radoucit, où les jours s’allongent, où un air de printemps commence à flotter doucement dans l’air, on commence à parler un peu plus des femmes que d’habitude. Bizarre, bizarre, direz-vous. Et bien non. Tout comme il existe la journée de la poésie, la journée de la paix, la journée contre le cancer, la journée des enfants soldats, la journée du conte, la journée de la terre, du paludisme et de la danse (et bien d’autres encore)… il existe la journée de la femme. Et c’est le 8 mars.


Une origine lointaine...

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La journée internationale de la femme

Alors que l’idée d’une journée de la femme germe dès 1909 aux Etats-Unis, il faudra attendre 1977 et une décision des Nations Unies pour l’imposer dans le monde entier.

Source photo : Parlement européen

Les États-Unis furent les précurseurs en matière de journée des femmes. Ils créèrent la première journée nationale de la femme de l’Histoire connue le 28 février 1909, suite à une déclaration du Parti socialiste américain.

Un an plus tard, l’idée prit une tournure internationale. Lors de la 2ème Conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, Clara Zetkin, une journaliste allemande, proposa de créer une journée internationale de la femme, adoptée à l’unanimité. L’objectif : rendre hommage au mouvement féministe et surtout lancer un vaste mouvement visant à obtenir le suffrage universel des femmes. A cette époque en effet, seules la Nouvelle-Zélande, l’Australie et la Finlande avaient donné le droit de votes aux femmes.

Officiellement, la première journée internationale de la femme s’est déroulée le 19 mars 1911. Célébrée initialement seulement en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, elle gagna petit à petit la France, la Suède, la Russie et les Pays-Bas, sans avoir cependant de date fixe.

Il manquait une date symbole, une date historique. Ce fut chose faite le 8 mars 1917, en pleine guerre mondiale. Ce jour-là, les ouvrières de Saint-Pétersbourg décident de faire grève, demandant du pain et la paix. Petit à petit, les Etats commencèrent à adopter cette date, sans pourtant lui donner aucun caractère officiel.

Il fallut encore attendre 1977 et l’intervention des Nations Unies pour avoir officiellement la Journée internationale de la femme tous les 8 mars. Depuis, chaque année, des milliers d’évènements, allant de conférences en manifestations, sont organisés pour célébrer cette journée, et chaque media saisit l’occasion pour parler un peu plus du droit des femmes.

L’évolution du droit des femmes dans l’UE

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- « A travail égal, salaire égal ». Ce principe, ancré dans le Traité de Rome dès 1957, a permis la naissance d’un arsenal législatif important, et constitue réellement la pierre angulaire de l’action de l’Union européenne dans le domaine de l’égalité entre hommes et femmes. Pour Petya Stavreva, la plus jeune députée du Parlement européen, « la promotion du principe d’égalité de traitement entre hommes et femmes pour le même travail vient tout de suite à l’esprit lorsque [l’on] évoque les avancées majeures de l’Union européenne pour le droit des femmes ». Il en va de même pour Astrid Lulling, doyenne des députées européennes et membre de la Commission du droit des femmes et de l’égalité des genres pour laquelle « les directives concernant l’égalité de traitement des femmes et des hommes, adaptées de 1975, ont vraiment permis de faire des avancées notoires, surtout si les femmes ont le courage de plaider leur cause devant les tribunaux en cas de discrimination ». Depuis 2002, l’Union européenne a entrepris de réviser ces directives afin de renforcer leur impact dans la réalité. Toutefois, malgré ces efforts et des progrès non négligables, le principe « à travail égal, salaire égal » n’est toujours pas appliqué avec constance, et l’écart de rémunération entre hommes et femmes reste de 17% en moyenne dans l’UE.

- La représentation des femmes sur la scène politique. A l’instar des écarts de rémunération, la situation des femmes quant à leur représentation sur la scène politique n’a cessé de s’améliorer depuis les débuts de l’intégration européenne, mais reste toutefois encore bien éloignée d’une réelle égalité. Les Parlements nationaux de l’UE comptent ainsi désormais en moyenne 23,94% de femmes contre 23% en 2006 : augmentation certes légère, mais augmentation réelle ! La Suède demeure à la tête du classement avec 46,70% de femmes, et Malte bonne dernière, avec 8,70%. Notons que la France est passée du 16ème au 18ème rang entre 2006 et 2009, alors qu’elle a augmenté considérablement sa proportion de femmes élues à l’Assemblée nationale : 12,3% en 2002, 18,54% depuis 2007. Le Parlement européen quant à lui, compte actuellement 31% de femmes. Alors que la politique reste généralement dominée par les hommes, la tendance évolue vers une plus grande représentativité des femmes.

- Plus généralement, le Rapport mondial sur le développement humain publié par les Nations Unies, montre une évolution certaine des Etats européens vers une plus grande égalité entre les femmes et les hommes entre 2004 et 2008. Ce rapport prend en compte l’espérance de vie à la naissance, le taux d’alphabétisation, le taux de scolarisation et le revenu des femmes. Ainsi, en 2004, le rapport désignait la Norvège, la Suède, l’Australie et le Canada comme les quatre pays de la planète où l’égalité entre les hommes et les femmes était la plus achevée. La première place est désormais occupée par l’Islande, suivie de la Norvège, de l’Australie et du Canada. Les Etats européens s’en sortent relativement bien, et gagnent en moyenne entre 2004 et 2008 deux places dans le classement général. La Roumanie reste cependant bonne dernière de l’UE dans ce classement. La France est le pays ayant le plus progressé, passant de la 15ème à la 7ème place.

Les avancées en matière de droit des femmes dans l’Union européenne sont donc réelles, même si elles peuvent quelquefois être jugées trop lentes. Il existe également des avancées non quantifiables, mais qui jouent un rôle fondamental dans l’évolution du droit des femmes. Ainsi, selon Catherine Guy-Quint, députée européenne, la plus grande avancée permise par l’UE consista à « impulser une culture nouvelle quant à la place, au rôle des femmes et au respect égalitaire dû à la femme comme à l’homme dans toutes les politiques de l’UE. On pourrait faire un listing de toutes les avancées, mais le plus important, c’est le fait qu’il y ait une évolution culturelle. Le droit des femmes est devenu un souci transversal ».

Beaucoup d’avancées donc, mais également des défis : maintenir les acquis n’en est pas le moindre. Il s’agit en effet de lutter contre toutes les nouvelles formes de discriminations, contre tout extrémisme, de continuer à effectuer une lecture transversale de toutes les nouvelles politiques de l’UE, et surtout, selon les mots de Catherine Guy-Quint, de « maintenir la solidarité entre toutes les femmes de l’UE, pour ne pas créer de fossé entre [elles] ». Une solidarité indispensable, permettant de continuer la lutte pour une réelle égalité entre les hommes et les femmes, permettant également de placer le droit des femmes dans les priorités de l’agenda politique européen. Au nombre des défis à surmonter, Petya Stavreva met également en avant la nécessaire conciliation entre vie familiale et vie professionnelle : « Avoir des enfants amène trop souvent les femmes à perdre une partie de leurs revenus et leurs perspectives de carrière professionnelle. Les femmes continuent à être perçues comme les principales responsables des soins aux enfants et sont donc confrontées à la nécessité de choisir entre maternité et épanouissement professionnel ». Elle mentionne également l’augmentation de la participation des femmes dans les postes à responsabilité et la nécessaire lutte contre les préjugés à leur égard.

Et les 364 autres jours alors ?

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Et la journée de l’homme ?

La journée internationale de la femme n’a pas pour vocation d’opposer hommes et femmes, mais sert surtout à faire un bilan sur les différents progrès réalisés en Europe et dans le monde dans la constante lutte pour le droit des femmes, à communiquer sur les défis qu’il reste à relever et à sensibiliser tous les citoyens sur les inégalités persistantes.

Source photo : Parlement européen

- Cette journée soulève inévitablement un certain nombre de questions, la première d’entre elles étant sûrement : « Quand est la journée de l’homme ? » En effet, la « journée de l’homme » n’existe pas. Est-ce parce qu’à part le 8 mars, chaque jour du reste du calendrier serait dédié au sexe masculin ? Une telle interprétation serait une erreur : La journée internationale de la femme n’a pas pour vocation d’opposer hommes et femmes, mais sert surtout à faire un bilan sur les différents progrès réalisés en Europe et dans le monde dans la constante lutte pour le droit des femmes, à communiquer sur les défis qu’il reste à relever et à sensibiliser tous les citoyens sur les inégalités persistantes.

De ce point de vue, l’Europe a encore de nombreux combats à mener. Si la lutte contre les discriminations salariales, la représentation des femmes dans la sphère politique ou la lutte contre la violence envers les femmes sont autant de principes déjà inscrits à l’agenda politique, nombre d’autres restent encore dans l’ombre : le droit à l’avortement, qui n’est pas reconnu dans tous les Etats membres de l’Union européenne, la prostitution, qui soulève de nombreuses questions éthiques et qui est traitée différemment par chaque Etat membre, la question du voile également, qui divise les acteurs politiques comme les féministes, la traite des femmes, les crimes d’honneur. Sans oublier les diverses violences faites aux femmes à l’extérieur de nos frontières et tolérées par les gouvernements, les mutilations génitales féminines, les viols de guerre, les féminicides, les infanticides, les mariages forcés, etc… L’Europe a un rôle important à jouer dans ce domaine, non seulement sur son territoire mais aussi à l’extérieur de ses frontières, comme le souligne Petya Stavreva : « Notre message mérite d’être entendu dans le monde entier parce que les femmes à travers le monde sont confrontées aux mêmes obstacles et inégalités dans leurs sociétés. Je crois que l’Union européenne bénéficie de la visibilité qui permettra de porter notre message et d’aider les avancées des femmes dans de nombreuses parties du monde ».

Cette journée n’a donc pas pour vocation de rabaisser les hommes ni d’opposer les genres. La guerre des sexes n’aura pas lieu ! Au contraire, elle doit favoriser la discussion, l’échange autour des perceptions différentes d’une même réalité. Alors profitez-en, femmes comme hommes, pour vous pencher sur le droit des femmes, et parlez-en !


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8 marzo : parliamo di donne !

Auteurs

Marie RAMOT

Diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg section Etudes européennes, Marie est allée s’expatrier à Bruxelles en 2005 pour se rapprocher des institutions européennes. Elle y a effectué un stage auprès de Marie-Line Reynaud, eurodéputée (...)

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L’opération, indépendante, est financée intégralement par la Fondation Hippocrène.

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