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L’Eurobaromètre du mois, en partenariat avec Délits d’opinion.


Hausses des tarifs du gaz et de l’électricité en France, proposition d’abandon du nucléaire en Allemagne, défaut de concurrence sur les marchés du gaz et de l’électricité outre-manche... L’actualité nous rappelle que la question énergétique reste une question politique majeure, dans un contexte où les Européens pensent encore majoritairement que la crise n’est pas finie.

La Commission Européenne a présenté en novembre dernier sa stratégie énergétique pour la décennie à venir (Energie 2020), axée sur cinq priorités :
- Rendre l’Europe économe en énergie,
- Mettre en place un marché intégré de l’énergie paneuropéen,
- Responsabiliser le consommateur et maximaliser la sûreté et la sécurité,
- Développer le rôle prépondérant joué par l’Europe en matière de technologie et d’innovation liées à l’énergie
- Renforcer la dimension extérieure du marché de l’énergie de l’UE.

A la même période la Direction Générale de la Communication de la Commission Européenne commandait un sondage auprès des pays membres sur leur perception de la question énergétique (terrain réalisé en face-à-face du 27 novembre au 17 décembre 2010 auprès d’un échantillon de 26 574 Européens âgés de 15 ans et plus). Voici les enseignements majeurs de cette enquête.

Les Européens plutôt favorables aux coopérations européennes

La conception de l’enquête et la rédaction de son questionnaire s’inscrivent dans le prolongement des crises d’approvisionnement qui avaient frappé des millions d’Européens après que la Russie ait suspendu ses livraisons de gaz à l’Ukraine pendant l’hiver 2008-2009. Un contexte rappelé dans l’intitulé de la première question, qui invite les répondants à se prononcer sur l’opportunité de coordonner les politiques énergétiques des États membres afin de prémunir les citoyens de difficultés d’approvisionnement. En moyenne, une large majorité (60%) considère qu’ils seraient mieux protégés si leur pays prenait des mesures et les appliquait de manière coordonnée avec les autres pays de l’UE, contre un tiers (32%) qui préfèrent une approche strictement nationale.

Les variations entre pays sont majeures : les trois quarts des Luxembourgeois (80%) des Chypriotes (76%) et des Hongrois (75%) penchent pour la coordination, quand les Autrichiens s’y montrent majoritairement réfractaires (56%). On retrouve aussi de fortes proportions de préférence pour des solutions nationales au Royaume-Uni (43%), en Finlande (41%) ou en République tchèque (39%).

Des citoyens solidaires, malgré des exceptions nationales

Les répondants ont ensuite été invités à s’exprimer sur l’opportunité de s’entraider en cas de crise d’approvisionnement. En moyenne leur réponse est très positive, tant au nom de la solidarité européenne que de la sécurité énergétique. 79% jugent souhaitable que leur pays aide un autre État membre confronté à d’importantes difficultés d’approvisionnement énergétique au nom de la solidarité européenne entre États membre, 77% que c’est dans l’intérêt de la sécurité énergétique de leur pays.

Parmi les pays les plus favorables à l’entraide, on retrouve le Luxembourg et dans une moindre mesure Chypre, auxquels s’ajoutent le Danemark, la Suède et la Belgique. A l’inverse, on compte parmi les pays où l’entraide est la moins souhaitée l’Autriche et le Royaume-Uni, mais aussi Malte et la Slovénie.

Stabilité des prix et développement des énergies renouvelables : les deux priorités

Enfin, les répondants se sont exprimés sur les priorités qui devraient être accordées dans l’optique d’un renforcement de la politique énergétique : doit-on favoriser le développement des énergies renouvelables, garantir l’approvisionnement énergétique, contribuer aux économies d’énergie (en développant par exemple l’efficacité énergétique) ou privilégier la stabilité des prix ? C’est cette dernière priorité qui est assignée en premier lieu au Parlement par les Européens (29%), suivie de près par le développement des énergies renouvelables (27%). La garantie de l’approvisionnement (20%) et la réduction de la consommation d’énergie (16%) s’inscrivent au second plan.

Les variations par pays sont là encore importantes : la stabilité des prix est vue comme l’enjeu majeur en Lituanie (45%), République tchèque (45%) et Lettonie (40%) ; au Danemark, en Suède et aux Pays-Bas, ce sont les énergies renouvelables qui sont la première préoccupation (respectivement 53%, 51% et 48%) ; la garantie de l’approvisionnement inquiète davantage en Allemagne (31%), Autriche (28%), Pologne (28%) et Bulgarie (26%) ; les économies d’énergie sont un enjeu prioritaires pour un Suédois, Finlandais et Letton sur quatre (respectivement 25%, 25% et 24% pour 16% en moyenne).

Des cultures et des situations énergétiques nationales prépondérantes dans les jugements

Les variations de grande ampleur que nous avons pu observer selon les pays sont largement imputables aux situations énergétiques nationales. Ainsi la République tchèque, très préoccupée par la baisse des prix, est aussi très dépendante en énergie, et a connu une forte inflation des prix du gaz et de l’électricité ces dernières années ; quand dans le même temps les prix du gaz baissaient au Danemark, exportateur net d’énergie, et où l’on se préoccupe davantage des énergies renouvelables.

Mais les cultures de chaque pays semblent aussi jouer un rôle déterminant dans la facilité qu’ont les Européens à favoriser l’entraide sur les solutions nationales. En octobre 2010, les Européens avaient été interrogés sur la notion de solidarité financière. Or on retrouve le Luxembourg, la Suède, le Danemark et Chypre parmi les cinq pays les plus favorables au concept de solidarité qu’elle soit financière ou énergétique. A l’inverse, la Roumanie, la Slovénie, et la Bulgarie sont dans les deux cas de figure parmi les cinq pays européens les moins favorables à la solidarité. Tout se passe donc comme si la solidarité européenne était une valeur à laquelle on a tendance à adhérer ou pas, non pas selon la thématique étudiée mais bien selon le pays d’origine.


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En partenariat

Auteurs

Pierre Jougla

Pierre Jougla, diplômé de l’IEP de Bordeaux et de l’Université de sciences politiques de Cardiff, travaille aujourd’hui au sein du département Politique d’un institut de sondage. Il a publié Les usages politiques d’Internet, in. L’Etat de l’opinion (...)

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Inspiré des méthodes de fact checking américaines, le site décortiquera jusqu’au second tour les interventions des candidats et la place réservée aux questions européennes dans les médias avec un double objectif : démêler le vrai du faux et mesurer la place de l’Europe dans le débat.

L’opération, indépendante, est financée intégralement par la Fondation Hippocrène.

Vigie 2012 : le fact-checking européen de la présidentielle

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