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Les européennes dans les médias français : le paradoxe de la poule et de l’oeuf

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Vingt-quatre mois de couverture médiatique pour une élection présidentielle américaine qui s’est déroulée à l’autre bout du monde. Deux mois de couverture, en voyant très large, des élections européennes et ce, de manière très inégale. Certains candidats pointent du doigt les médias pour le peu d’intérêt porté aux questions européennes. D’autres mettent la faute sur les partis.


Abstention, quand tu nous tiens

Le Parlement européen est la seule assemblée parlementaire multinationale au monde à être élue au suffrage universel. Les élections européennes de 2009 constituent la plus grande élection transnationale de l’histoire et marquent également le trentième anniversaire du vote au suffrage universel direct du Parlement européen. Quelque 375 millions de citoyens européens sont ainsi appelés à choisir entre le 4 juin et le 7 juin les 736 députés européens qui siégeront à Strasbourg et Bruxelles, parmi plus de 9000 candidats.

Au fil des années, les pouvoirs du Parlement européen n’ont cessé d’augmenter. Le taux d’abstention aux élections européennes a emprunté le même chemin.

Depuis les premières élections de 1979, le taux de participation a ainsi progressivement chuté. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 62% de participation en 1979 pour seulement 45,5% en 2004, la Slovaquie et la Pologne connaissant des taux en deça de 20%. 160 millions de votants en 2004 contre 190 millions restés à la maison... une réalité que les sondages confirment pour 2009.

La France, elle, figure en position honorable : avec des scores oscillant entre 44% et 47% de personnes se déclarant décidés à aller voter, elle « fait mieux » que bon nombre des autres États membres (à l’exception forcée de certains pays, comme la Belgique, où le vote est obligatoire). Comment donc expliquer cette tendance ?

Le chemin facile : « la faute aux médias »

Le manque d’intérêt des médias pour la campagne européenne est un facteur explicatif récurrent du désintérêt citoyen. La formule est classique : si les médias ne font pas leur travail, tous les efforts pour impliquer le citoyen lambda seraient vains ou presque. C’est un message porté par de nombreux responsables politiques. Daniel Cohn-Bendit, ainsi, dans les débats télévisés auxquels il a participé ces dernières semaines, n’aura eu de cesse de le répéter (d’abord chez Yves Calvi, dans « Mots croisés spécial européennes du 24 mai 2009 » puis une nouvelle fois durant le sulfureux « A vous de juger » animé par Arlette Chabot).

La couverture des Européennes de 2009 en France

Alors, que font les médias ? Il nous semble à vrai dire, que ceux-ci, eu égard à l’obscurité des enjeux européens et à la complexité du mode de scrutin, font dans l’ensemble leur boulot. Les temps médiatiques, l’ouverture internationale, la priorité donnée à l’information sur le spectacle n’étant pas les mêmes selon les supports, il importe toutefois de distinguer l’écrit de l’audiovisuel.

Côté presse écrite, les grands titres de la presse nationale (Le Monde, Le Figaro, La Croix, Libération, etc...) et de la presse quotidienne régionale ont tous consacré ces dernières semaines une part substantielle de leurs sujets (et de leur Unes) aux élections européennes du 7 juin prochain. Ça et là apparaissent de riches dossiers spéciaux (disponibles sur la quasi-totalité des versions Internet des journaux). Même constat sur la blogosphère, qui a connu une floraison considérable de blogs dédiées aux Européennes, sous l’impulsion, bien souvent, des grands titres nationaux (notamment Le Monde.fr). Ce phénomène marque une rupture notoire avec les précédentes élections européennes, et confirme, de manière plus structurée, le mouvement lancé par le débat sur le référendum de 2005 (dont nous sommes un exemple).

Côté audiovisuel, indéniablement, le constat est beaucoup moins positif que dans l’écrit. La couverture de la campagne a commencé très tard, et le traitement des européennes est incomparable avec celui des grandes échéances nationales. Mais il faut se méfier des points de comparaison : la couverture des élections européennes ne peut être comparée qu’à celle des élections européennes précédentes, en 1999 et 2004, et non à celles des échéances nationales ou même du référendum de 2005, qui portait des clivages clairs et qui a donné lieu à des oppositions frontales. Il faut se souvenir qu’en 1999 et 2004 les émissions spéciales sur les européennes étaient quasiment absentes du petit écran. Cette année, les chaînes du service public auront fait un effort : France 2 (Mots croisés et A vous de juger), France 4 (Questions de génération : spécial Européennes) France 5 (deux émissions de Ripostes sur la question) et surtout France 3, qui a multiplié les débats régionaux, en cohérence avec le mode de scrutin, n’auront pas démérité. Certes, on reste loin des cinq débats en prime time entre têtes de liste du Danemark, cela se limite largement au service public, mais un léger progrès vaut mieux qu’une régression. D’autant que ce n’est pas là que se trouve le cœur du problème.

Couverture de l’actualité européenne contre couverture des élections européennes

Le constat est indiscutable : élections européennes mises à part, la couverture de l’actualité européenne par les médias nationaux ne reflète que partiellement l’importance de l’échelon européen. C’est au regard de ce traitement de l’actualité qu’il faut considérer celui de la campagne de 2009. Si les médias ne traitent l’information européenne que lors des référendums, présidence de l’UE ou des élections européennes, le citoyen ne s’y retrouve pas. Une bonne couverture des élections européennes sans couverture régulière de l’actualité européenne en dehors des échéances électorales revient ainsi à coller un pansement sur une jambe de bois.

En l’absence d’un « espace public européen », le manque d’intérêt des rédactions nationales pour les questions purement européennes est déjà une évidence. Les incantations des plus pro-européens n’y feront rien : en l’absence d’une réelle conscience collective, les « nouvelles » européennes ne bénéficient pas spontanément d’un traitement régulier. L’Europe dans les médias est une affaires d’« a-coups ». Pour que les médias nationaux traitent l’information européenne, il faut un lien national : Présidence française de l’UE, décision de la Commission européenne d’autoriser une aide d’État aux pécheurs, multinationales européennes en difficulté économique, mélange de vins rouges et blancs pour produire du rosé... C’est donc, normalement, autour du lien entre espace public et débat politique national que se sera construite la campagne et sa couverture (le traitement de celle-ci sur les 4 versions linguistiques d’Euros du Village le reflète d’ailleurs très bien). Le choix (peut-être d’un commun accord entre les partis et France Télévisions) d’inviter à l’émission de France 2 A vous de juger (4 juin 2009) les chefs de file des formations politiques (Martine Aubry, Xavier Bertrand, François Bayrou et Olivier Besancenot) plutôt que les têtes de liste des mêmes partis aux élections européennes (Daniel Cohn-Bendit, Jean-Luc Melenchon ou encore Philipe de Viliers étant quand à eux têtes de liste et chefs de file) en est certainement une illustration à l’excès.

Un second facteur réside dans le fossé existant entre les correspondants français à Bruxelles, peu nombreux en comparaison de leurs collègues européens, et leur rédaction nationale. Il existe une culture particulière des correspondants de presse à Bruxelles, qui ne font plus partie de la culture journalistique de leur pays d’origine. Il existe une « bulle » des correspondants de presse à Bruxelles tout comme il existe une « bulle » des fonctionnaires européens et autres professionnels des questions européennes à Bruxelles. Les correspondants de presse peinent ainsi à s’imposer au sein de leur rédaction nationale, ce constat valant même pour des correspondants réputés et faisant autorité comme Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles. Ce malaise des correspondants traitant des questions européennes est d’ailleurs au cœur des préoccupations de l’Association des Journalistes Européens (AJE).

Quant à la pratique des processus d’information hors des médias traditionnels constitués par la presse écrite, la télévision et la radio, Internet n’a eu jusqu’à maintenant qu’une importance marginale dans le traitement des questions européennes, même si la tendance s’inverse quand on s’intéresse aux jeunes publics. Le rôle de l’information venant d’Internet est cependant en développement dans les processus routiniers de travail des journalistes produisant de l’information sur l’Europe.

Mais les sources du problème sont aussi à aller chercher dans le comportement des acteurs de l’actualité européenne et de cette campagne, à savoir les partis politiques.

La faute aux partis ?

La manière dont les partis politiques font campagne pour les élections européennes est elle aussi souvent pointée du doigt. Dans un pays où toutes les compétitions politiques sont tournées vers la présidentielle, les élections européennes sont considérées comme secondaires par rapport aux élections nationales par une grande majorité de partis, et la communication politique s’en ressent. Qu’ils soient au gouvernement ou dans l’opposition ceux-ci les considèrent souvent comme des élections « test » de préparation pour des échéances nationales, et un thermomètre pour 2012, voire 2017. De nombreux partis nationaux et hommes politiques se concentrent sur les élections nationales aux dépens des européennes. C’est d’ailleurs de là qu’est partie la polémique entre François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit au cours de l’émission d’Arlette Chabot, « A vous de juger », le 4 juin 2009 : Nicolas Sarkozy aura plus focalisé le débat que l’enjeu des élections européennes. L’électorat a ainsi tendance à fonder davantage son choix sur des questions nationales et de personnes que sur des questions européennes : la distribution des bons et mauvais points aux principales formations et figures de l’arène politique est un critère déterminant du choix.

Il n’est donc pas étonnant que les électeurs se plaignent d’être mal informés sur les sujets européens. Les médias se focalisent sur les sujets nationaux, reflétant par là même les choix opérés par les partis politiques eux-mêmes. On se retrouve donc en présence du classique paradoxe de la poule et de l’œuf...

La responsabilité est partagée. Sortir de ce cercle vicieux n’est pas une mince affaire. Les appels à plus de pédagogie, à plus d’Europe dans les médias n’y feront pas grand chose. Le temps, la forme des médias sont fondamentalement adaptés à la communication politique nationale. La communication politique européenne et les médias se cherchent encore. Qu’ils se trouvent est l’un des plus grands défis des 5 ans qui viennent.

A suivre...


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judabricot
6 juin 2009
16:36
Les européennes dans les médias français : le paradoxe de la poule et de l’oeuf

bravo la finesse de l’analyse : tout le monde raconte la même chose que vous, vous faites dans l’analyse mainstream européiste mais pas trop, genre distance scientifique, on ne se mouille pas trop...et vous vous mettez à trois pour écrire un article comme ça ?!

vous passez bien vite sur la faute des partis, sur le découpage des circonscriptions, et quid de la faute de l’Europe elle-même, dans son accablante communication, en général, et à l’occasion de ces élections en particulier ?

l’absence d’espace public européen explique selon vous le manque d’intérêt des rédactions françaises ??? Je trouve cet argument incohérent ! L’absence d’un espace public européen explique le fait que le débat, lorsqu’il a lieu, soit nationalo-centré, ça oui ; mais ça n’explique pas pourquoi on ne parle pas d’Europe, pas plus pour ces élections. Il y’a forcément plein de raisons, j’en pioche deux (pas au hasard) :
- l’Europe fait pas vendre, avec tout ce que cette formulation de comptoir implique de la réalité du business model de la presse française
- les journalistes français ne sont pas formés aux questions européennes : soit la vieille génération s’en fout, ou est restée sur l’Europe de Jean Monnet, espace de paix, blabla, soit la nouvelle génération sort des mauvaises grandes écoles de journalisme français où l’on ne parle pas d’Europe parce que les enseignants sont des journalistes de la vieille génération, qui s’en foutent
- quand par miracle on a des journalistes français à Bruxelles, c’est le foutoir pour eux car il y a une over-communication permanente de la Commission, principalement, qui noie les journalistes sous les communiqués de presse, les rapports en tous genre ; et donc les journalistes gavés de cette info officielle ne vont pas chercher la véritable information européenne, ou au moins ils n’essayent en général pas de vérifier la version officielle de la Commission.

Vous voyez, pas la peine d’être trois pour écrire un article !

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Mathieu COLLET
6 juin 2009
17:15
Les européennes dans les médias français : le paradoxe de la poule et de l’oeuf

Cher judabricot,

vous avez entièrement raison sur tous les facteurs que vous avancez. La communication de l’Union Européenne n’est pas adaptée aux médias, et disons-le, n’est globalement pas bonne, c’est indéniable. Le mode de scrutin de ces élections est illisible, incohérent, stupide. Les journalistes français ne sont pas formés aux questions européennes, c’est aussi un fait, et les problèmes que vous soulignez sur les correspondants à Bruxelles, nous sommes absolument d’accord avec vous. Les partis politiques ont joué le jeu des personnes, voire des petites combines d’appareil, et n’ont pas axé leur stratégie sur l’Europe, c’est clair : mais quand cela ne paye pas si on est le seul à jouer le jeu, à quoi bon ! et c’est là que l’idée de la poule et de l’œuf se retrouve.

Les arguments que vous avancez ne sont pas du tout nouveaux non plus !

Concernant l’absence d’espace public européen, nous le lions au manque de traitement « européen » de l’information : à quoi bon parler des autres quand on a d’abord conscience de nous-mêmes ? Pourquoi aller voir ce qu’il se passe dans les autres pays, quand bien même cela aurait une influence considérable sur nous, si le sort des autres européens ne nous concerne pas ? Les médias, comme les citoyens, se posent-ils spontanément la question de savoir si le plan de relance français de l’automobile est néfaste pour les autres pays d’Europe ? La question de l’espace public européen (en faut-il un ? comment le créer ? etc) me semble être un faux débat, un peu stérile, et je ne crois pas que ce soit l’objet de cet article.

Enfin, j’ajoute quelque chose qui me semble central : l’élection au suffrage universel d’un président de la République qui concentre des pouvoirs considérables. Tous les enjeux politiques, toutes les stratégies des partis, les ambitions personnelles, et l’attention médiatique en France sont structurés par l’enjeu présidentiel. On en oublie l’Europe, mais on en oublie aussi le fond des choses dans pas mal de domaines.

Bref, des questions en effet pas super neuves, mais toujours d’actualité. On ne prétend pas, ici, changer les choses, on fait juste le point, et votre commentaire va dans le même sens.

Le vrai problème, c’est comment sortir de ce cercle vicieux : certains ont vu dans la présidence française une solution, puisque les médias se sont particulièrement intéressés à l’Europe, accrochés qu’ils étaient aux moindres actes de N. Sarkozy. Je ne pense pas que cela apporte réellement une réponse au problème, mais au moins, cela montre que quand les questions européennes se retrouvent dans un format adapté aux médias, véhiculées par une personne qui concentre l’intérêt, on en parle.

Je pense donc sincèrement que le problème est celui de la question de la communication politique européenne. Ça, c’est un champ nouveau. Ouvrons-donc le débat. Et soyez sûr que c’est un thème auquel nous attacherons beaucoup d’importance dans les temps à venir. On se donne donc rendez-vous, et on en discutera avec vous, avec plaisir.

Pierre ROCA
6 juin 2009
17:55
Les européennes dans les médias français : le paradoxe de la poule et de l’oeuf

Juste un commentaire supplémentaire : votre remarque sur l’article écrit à trois n’apporte absolument rien au débat. A lire d’ailleurs vos commentaires sur d’autres sites, vous semblez être passé maître dans l’art du « moi je suis plus malin que les autres » ou « vous, ignares, qui ne comprenez rien ». Vu qu’apparemment vous avez plein de bonnes idées et vous, à la différence des autres, savez écrire un article, pourquoi pas écrire des articles (pour nous ou un autre média) ?

Adelaide
26 août 2011
16:01
Les européennes dans les médias français : le paradoxe de la poule et de l’oeuf

Bonjour, je decouvre votre site internet cool surtout vos article. il y’a le le blog casinos en ligne . Votre boulot se trouve être propre bonne suite

Fabien
6 juin 2009
16:55
Les européennes dans les médias français : le paradoxe de la poule et de l’oeuf

Je me permets de mettre un bémol à votre article sur le travail des médias non visuels. Par exemple, pour le Mouvement Démocrate dont j’ai suivi de très prêt (et pour cause) les travaux, très peu ont été repris par les médias.

Par exemple, quand ce parti organise un évènement avec plusieurs centaines de personnes pour parler d’un thème de campagne dans une après-midi de discussion avec des experts, des citoyens et des politiques... les médias en parlent à peine et prennent une partie du discours de François Bayrou sans parler du reste.

Alors difficile dans ces conditions-là de faire du bon boulot européen pour un parti, même aussi investi que le Modem.

Pareillement pour Europe Ecologie où les médias ont surtout repris les piques de Cohn-Bendit et Joly contre... Bayrou.

J’ai des potes socialistes qui ont fait le même constat...

Alors ? Les médias ont également une responsabilité dans ce non-débat. Co-responsabilité certes, mais pas à dédouaner pour autant.

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Mathieu COLLET
6 juin 2009
17:31
Les européennes dans les médias français : le paradoxe de la poule et de l’oeuf

Cher Fabien,

le cas Bayrou est quand même assez caricatural ! Et là, bien que les médias ne soient pas parfaits (mais notre démocratie l’est-elle ?), je crois quand même que s’il y a un responsable politique qui n’a pas contribué à ce que les débats se concentrent sur les questions européennes, c’est bien lui ! En sortant un brûlot anti-sarkozyste à un mois des élections, en focalisant l’attention sur lui comme opposant unique à Sarkozy, en parlant de ce dernier à tout bout de champ (le débat de jeudi soir était éclairant : Bayrou n’a attaqué Cohn-Bendit non pas sur ses idées européennes, mais sur sa soit-disante « connivence » avec Sarkozy !), bref, en mettant sa candidature pour 2012 au centre du débat politique, il ne faut pas s’étonner que l’attention des médias se porte là dessus ! Alors pour le coup, me semble-t-il, le moins bon allié du Modem en matière d’Europe durant la campagne, aura été Bayrou lui-même !

C’est dommage pour ses têtes de liste, qui eux, pour le coup, étaient très impliqués sur les enjeux européens du scrutin, mais ils n’auront pas eu la vedette.

Bayrou est doué pour attirer l’attention sur sa personne et l’enjeu des présidentielles. Alors pourquoi n’a-t-il pas mis à profit cette maîtrise de la communication politique pour focaliser l’attention sur les enjeux européens ? On connaît tous la réponse... « Touché par la vierge » dirait Cohn-Bendit...

Fabien
6 juin 2009
17:49
Les européennes dans les médias français : le paradoxe de la poule et de l’oeuf

Mathieu, tu fais une erreur d’analyse car tu n’as que les éléments repris par les médias.

Deux exemples :
- le livre de Bayrou est sorti pour les 2 ans de mandat de Sarkozy alors qu’il n’est pas candidat pour les européennes. Corinne Lepage, Marielle de Sarnez, Jean-François Kahn et Sylvie Goulard (via une ré-édition) ont publié un livre également. Est-ce la faute du président du Modem s’il s’agit d’un vrai succès de librairie ? La prochaine fois, on lui dira d’être moins bon s’il sort un livre au moment des régionales, promis. ;-))
- quand Bayrou fait un discours d’une heure à Hérouville sur l’Europe sociale et que les médias ne reprennent qu’une minute de son discours (la seule dépêche AFP...) pour dire qu’il a parlé de l’Afrique, que peut-on faire de mieux ?

Alors qui est co-fautif dans l’histoire ?

Tu vois, je ne nie pas la responsabilité des politiques, mais je pointe également celle des médias.

Bayrou a tellement été au centre des débats français qu’il en a été la première victime avec toutes les attaques contre lui. Notamment venant de Daniel Cohn-Bendit qui lui reproche son anti-sarkozysme en faisant de l’anti-bayrouisme.

Pierre ROCA
6 juin 2009
17:57
Les européennes dans les médias français : le paradoxe de la poule et de l’oeuf

Reponsabilité des médias qui est d’ailleurs aussi identifiée dans l’article...

Mathieu COLLET
6 juin 2009
18:28
Les européennes dans les médias français : le paradoxe de la poule et de l’oeuf

Fabien, d’une part, je te remercie de te soucier de mon niveau d’information, et je commencerai à m’inquiéter de l’intérêt de faire tourner les Euros le jour où je prendrai mes sources dans les autres médias.

Pour que nos lecteurs sachent quand même d’où vient la vigueur de ta défense de François Bayrou, outre tes convictions, il me semble quand même utile de dire que tu travailles pour la campagne du Modem (comme quoi, mes sources ne sont pas que d’origine médiatique !).

Franchement, le coup de la victimisation de François Bayrou me paraît assez inquiétant et de mauvaise foi. Ce ressort classique de la politique n’est pas le positionnement le plus sain qui soit. Et attention aux tournures de phrases à la Sarkozy, comme celle-ci : « Est-ce la faute du président du Modem s’il s’agit d’un vrai succès de librairie ? »

Bref, Fabien, tu sais à quel point j’ai de l’estime pour la plupart des têtes de liste du Modem (ce qui ne veut pas dire que je suis forcément d’accord avec elles) et comme je suis très loin d’avoir des positions de principe. Mais là, la défense personnelle de Bayrou que tu relayes ici me paraît vaine. Trop de mauvaise foi. Faire profil bas, admettre les dérapages, savoir quelquefois mettre ses ambitions au placard (ce qui, sur le long terme, aurait été peut-être plus intelligent), voilà qui aurait été beaucoup plus productif et utile à une cause européenne qu’il a clairement mis au second plan, derrière sa personne. C’est très dommage, car comme le disait Sylvie Goulard dans l’interview qu’elle nous a accordé, historiquement, le Modem est censé représenter l’héritage de la plus européenne des formations politiques françaises...

Fabien
7 juin 2009
10:12
Les européennes dans les médias français : le paradoxe de la poule et de l’oeuf

Mathieu,

Je ne cache pas mon appartenance au Modem puisque dès mon premier post j’écris à propos de la campagne de ce parti « dont j’ai suivi de très prêt (et pour cause) »... Bref : je ne prends pas la vigueur de ton attaque contre Bayrou parce que tu as été assistant PS de Gilles Savary. Moi qui m’occupe en partie des sites internets du Modem, je n’ai jamais reçu d’ordre pour mettre en avant Bayrou plus que les autres. ;-))

Pour donner un autre exemple de ce que je dis : plusieurs médias voulaient juste Bayrou et pas les autres candidats des listes du Modem. C’est pour ça que je dis que les médias sont aussi co-responsables de la situation. Le PS a fait une campagne sous l’axe anti-Sarko-Berlusco-Barroso. Le Modem aussi a fait de la non-réélection de Barroso un thème de campagne. Est-ce que pour autant ces partis n’ont fait aucune proposition de fond ? Si on écoutait les interviews, on pourrait répondre que non... parce que la plupart des interviews étaient constituées comme ça :
- question sur l’abstention
- question sur l’Europe
- 3 questions sur la dernière sortie du Gouvernement, de Sarko ou de l’UMP.

Ce n’est pas que les journalistes sont mauvais ou orientés ou à la botte du pouvoir. C’est juste qu’ils ne sont pas formés pour la plupart et qu’ils sont dans des médias qui sont aujourd’hui pris par le temps (pour des raisons économiques, de changement technologiques, de manière de faire du journalisme) et avec pour certaines rédactions des personnes qui ont décidé que l’Europe n’intéressait pas. Si en plus tu ajoutes que :
- le personnel politique n’est pas forcément bon sur le sujet européen
- les citoyens sont demandeurs d’infos plus courtes (voir plus trash mais c’est autre sujet)
- la formation sur l’Europe est tellement pas faite que réaliser un bon sujet sur l’Europe en moins de 2 minutes pour la radio ou la télé est un défi permanent.
- l’espace public européen n’existe pas dans le tempo des citoyens (par exemple avec une ratification sur 2 ans du traité de Lisbonne)
- les directives votées au PE ne sont appliquées que plusieurs années après dans les Etats...

Je pourrais continuer comme cela longtemps.

Tiens dernier exemple sur Europe 1 avec les « derniers titres » présentés à 10h :
- la visite de Barrack Obama
- les dernières nouvelles du crash de l’airbus
- les élections européennes (on ne dit même pas qu’on vote...)
- le rugby...

On a une élection majeure aujourd’hui, on craint qu’il y ait d’une forte abstention mais on met pas ça en avant. Et dans la version plus longue du journal, l’angle c’est « les eurodéputés vont devoir travailler sous la pression des lobbys ».

Alors les médias pas plus co-responsable que ça ?

Ce n’était pas ton niveau d’information que je remettais en cause, tu le sais, c’est que je pense que tu prends l’argument « Bayrou ne pense qu’à lui et a détourné sciemment les élections européennes à son profit » trop au pied de la lettre. Parce que dans ce cas-là, pourquoi le Modem s’est-il embêté à faire un programme en consultant plus de 3500 adhérents ? A organiser des conventions thématiques et non pas des meetings ?

Sur ce, bon vote à tous !

vincent92
8 juin 2009
14:18
à la télé : une campagne quasi-inexistante

Les auteurs de l’article affirment qu’il y a eu une meilleure couverture médiatique qu’en 2004 des élections européennes à la télévision. Mais les émissions qu’ils citent (à vous de juger, ripostes, Mots Croisés...) sont des émissions habituelles et non pas spéciales ! Outre le fait, vous le reconnaissez, que les chaînes privées s’en sont presque totalement désintéressé, l’effort du service public dont vous parlez est en fait quasi-nul. Certes, France 3 a bien diffusé un débat en régions, mais à 23 heures ! Le seul véritable débat diffusé à une heure de grande écoute est le débat programmé par A vous de juger, émission certes en prime time et c’est important, mais diffusée de manière habituelle. Un véritable effort du service public, c’aurait été de diffuser les débats en région en prime-time ! De même, une spéciale de Mots Croisés auraient également pu être programmé en prime-time ! Il n’y a pas eu non plus d’effort lors du journal de 20 heures, où des candidats auraient pu être invités, ce qui n’a presque jamais été fait.

Audrey
6 juin 2009
21:48
Les européennes dans les médias français : le paradoxe de la poule et de l’oeuf

Ce sera succinct mais explicite : très bon article !

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Nico
7 juin 2009
16:08
Lisez L’ECLAT
Les européennes dans les médias français : le paradoxe de la poule et de l’oeuf

Encore un article qui passe juste à côté des vraies problématiques...

Quand après le NON de 2005, on nous refourgue un traité qui élargit les compétences de l’UE, qui affaiblit la France, qui prépare l’entrée dans l’UE de pays qui n’ont rien à y faire, sans parler des lobbyistes,qui ont en fait le pouvoir (ce sont souvent eux qui rédigent les amendements aux directives), excusez-moi, mais je n’ai pas vraiement envie de voter à vos élections fantoches...

D’autant que naturellement on refuse de débattre de ces sujets : vous omettez de signaler le caractère lamentable du débat « A vous de juger » sur France 2 !

A force de vous voiler la face, vous vous exposez à de graves déconvenues. Désormais, Votre Europe (la fédérale) ne pourra progresser que de manière non démocratique.

Vous êtes jeunes cessez de penser comme des vieux. cette UE est dépassée.

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JT du 20 heures : le grand désert de l’info européenne

Je rappelle l’excellent travail de Eddy Fougier sur le sujet et la publication de l’INA sur le traitement des questions européennes dans les médias audiovisuels (voir l’article de l’AJE « JT du 20 heures : le grand désert de l’info européenne ».

Philippe
6 octobre 2009
18:39
http://www.reflexeurope.e u
Triste réalité européenne ...

L’Europe reste surtout en crise, d’identité autant que de communication et d’information des citoyens européens ... Passer en quelques mois de 57% d’abstention à 37% lors des dernières élections irlandaises ne fait que démontrer la réalité de la crise économique, mais le problème d’une Europe proche de ses citoyens reste entier ... Une petite analyse et surtout une solution (parmi d’autres) intéressantes sont disponibles sur une page web identifiée récemment du nom de ReflexEurope (.eu). Ce type de projet peut-il pour autant trouver sa place en Europe, pour peu que les institutions le soutiennent ? Je vous en laisse seul juge

Phil

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Le Groupe des Belles Feuilles (GBF), rassemblement de jeunes professionnels intéressés par les questions européennes, lance « Vigie 2012 », une initiative innovante pour scruter la place de l’Europe dans la campagne présidentielle.

Inspiré des méthodes de fact checking américaines, le site décortiquera jusqu’au second tour les interventions des candidats et la place réservée aux questions européennes dans les médias avec un double objectif : démêler le vrai du faux et mesurer la place de l’Europe dans le débat.

L’opération, indépendante, est financée intégralement par la Fondation Hippocrène.

Vigie 2012 : le fact-checking européen de la présidentielle

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