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La phrase
Peu de chances pour un front « anti-Barroso »

"

Mme Merkel et moi soutiendront la candidature de M. Barroso sans ambiguïté.

"

Nicolas Sarkozy a au moins le mérite d’être clair. Alors que la volonté de Jose Manuel Barroso de rester à la tête de la Commission ne faisait pas plus de doute que le désir de la plupart des gouvernements conservateurs de le maintenir à son poste, le Portugais n’avait bénéficié pendant la campagne que d’un soutien du bout des lèvres de la part des gouvernements français et allemands. Ceux-ci voulaient vraisemblablement éviter d’attirer l’attention sur un homme peu populaire et qui a acquis ces dernières semaines le statut de symbole de la « dérégulation ultra-libérale », devenant la cible privilégiée des attaques de la gauche. Mais maintenant les élections passées et la confortable victoire du centre-droit assurée, peu d’obstacles semblent rester sur la route de la reconduction du Portugais, qui a officiellement fait acte de candidature mardi 9 juin. Certes, le PPE ne dispose pas de la majorité nécessaire qui lui permettrait d’imposer seul son candidat, et la perpective d’un « front anti-barroso » au Parlement européen, lancée entre autres par Daniel Cohn-Bendit, reste théoriquement possible. Il y a toutefois très loin de la théorie à la pratique, et l’on voit aujourd’hui mal comment la situation pourrait se retourner : le soutien du Conseil européen à M. Barroso ne fait plus de doute, étant donné que les gouvernements conservateurs y sont très majoritaires et que tous les grands Etats - même gouvernés par des socialistes comme l’Espagne et le Royaume-Uni - s’y sont ralliés ; de l’autre côté, l’on voit mal les opposants à M. Barroso au PE (socialistes, verts, peut-être centristes mais aussi souverainistes et extrémistes) s’accorder sur une candidature alternative commune, d’autant plus que beaucoup devraient être tentés par l’appât du gain (échanger leur confiance à M. Barroso contre un présidence de commission parlementaire par exemple) et que l’argument de la légitimité n’est plus de leur côté. Qu’on le veuille ou non, quelqu’en soient les raisons, la droite a bien gagné les élections.
-  Voir notre « dossier spécial Elections européennes 2009 »

(Photo : Service audiovisuel de la Commission européenne)


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