Nicolas Dupont-Aignan
Nicolas Dupont-Aignan est né le 7 mars 1961 à Paris (15e arrondissement).
Il est diplômé de Sciences po Paris, licencié en droit, et titulaire d’un DESS de gestion de l’entreprise et marchés financiers de l’Université de Paris-Dauphine. Il est également ancien élève de l’ENA, promotion Liberté, Egalité, Fraternité.
Ancien chef de cabinet puis conseiller technique du ministre de l’Éducation nationale, François Bayrou, de 1993 à 1994 et ancien conseiller technique pour l’emploi, l’écologie urbaine et le bruit, au sein du cabinet du ministre de l’Environnement, Michel Barnier, de 1994 à 1995.
Depuis 1995, il a été successivement maire RPR, RPF, UMP puis DLR de Yerres (Essonne) et depuis 1997, il a été député RPR, UMP puis DLR, depuis le 17 janvier 2007.
En 2005, il a été un des leaders du « non » au référendum de 2005 sur le Traité établissant une Constitution pour l’Europe.
En janvier 2007, il quitte l’UMP, et tente de devenir candidat à la présidentielle mais renonce au vu d’un nombre insuffisant de parrainages et vote pour Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007 au second tour.
Le 31 mars 2007, il institue Debout La République en tant que véritable parti politique.
Il est président de la communauté d’agglomération du Val d’Yerres.
Il est co-président du parti européen les EUDemocrats - Alliance pour une Europe des Démocraties.
La France doit-elle quitter l’Union européenne ?
Non, la réformer.
Vous prônez un retour à une « Europe des Nations ». Pourquoi alors faire campagne aux élections européennes afin de siéger au sein d’une assemblée supranationale ?
Nous nous battons avec les outils dont nous disposons. Les élections européennes sont le seul scrutin où le débat européen refait surface. Il est donc essentiel que nous soyons partie prenante. De plus, tant de décisions scandaleuses sont prises à Bruxelles et Strasbourg qu’il nous paraît essentiel d’assurer un rôle de vigie et d’alerte vers nos concitoyens.
L’Europe d’inspiration gaullienne dont vous rêvez, c’est non seulement le règne des Etats sur un parlement démocratiquement élu, mais aussi celui de l’unanimité, du droit de véto et donc du statu quo. Ne pensez-vous pas que l’Europe des années 1960 était moins efficace et moins démocratique que celle d’aujourd’hui ?
Vous vous méprenez : l’Europe des nations que nous préconisons avec DLR est une Europe à la carte concernant l’essentiel, les projets concrets type Airbus. Pour le reste, il est essentiel qu’un pays comme la France puisse faire jouer son veto là où ses intérêts essentiels sont en jeux : la PAC, les services publics, l’exception culturelle, les accords commerciaux à l’OMC,… Comme notre modèle national est minoritaire en Europe, ainsi que l’a très bien dit Marcel Gauchet par exemple (ce dernier va jusqu’à parler d’une construction européenne « antifrançaise »), il est normal et nécessaire que nous nous protégions d’une normalisation euro-atlantique par le bas.
Quelle est la différence entre vous et les listes de Libertas, conduites pas Philippe de Villiers ? Comptez-vous siéger dans un même groupe parlementaire après les élections ?
Libertas est lié à un riche homme d’affaires anglo-saxon, qui porte la vision souverainiste des Anglo-Saxons : atlantisme, libre échange total, hostilité à la PAC, adhésion de la Turquie, etc. Inutile d’aller plus loin pour dire ce qui nous différencie de Philippe de Villiers.
En quoi le travail d’un député européen consiste-t-il, et surtout, quels intérêts est-il censé défendre : les intérêts de son Etat ou un « intérêt général européen » ?
Il n’existe pas, à ce stade, d’intérêt général européen. Donc les eurodéputés doivent défendre les intérêts de leur pays, ce que font massivement les eurodéputés britanniques et allemands, chose qu’ignorent habituellement les gens de médias en France.
Vous avez déclaré vouloir supprimer la Commission européenne. Par quoi la remplacer ?
Un secrétariat général administratif sous les ordres du Conseil européen (comme le secrétariat général du gouvernement français), d’une part. Des agences sectorielles chargées de mettre en musique et en œuvre les coopérations interétatiques à la carte qui devraient être l’essentiel de la construction européenne.
Une suppression immédiate de la Commission étant assez peu probable, qui soutiendrez-vous en tant que candidat à sa présidence ?
Pas Barroso en tout cas.
Vous dites vouloir fédérer le « non », mais faites-vous aussi des propositions ? Quelles sont les 3 ou 4 mesures clés de votre programme ?
La suppression de la Commission et la mise en œuvre d’un nouveau traité, l’instauration d’un protectionnisme européen intelligent et l’harmonisation par le haut (ou pas d’harmonisation du tout), la délimitation des frontières européennes sans la Turquie, l’émergence d’une Europe « européenne » débarrassée de la tutelle obligatoire de l’OTAN.
Photo : Debout la République sur Flickr


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