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POPULATION : Comment désamorcer la « bombe démographique »

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La stratégie de l’Union Européenne

Le syndrome est bien connu des pays européens : importante chute de la fécondité, accroissement de l’espérance de vie ; vieillissement de la population ; diminution de la population active. Le diagnostic qui s’impose est généralement douloureux : réformes drastiques des systèmes de protection sociale et ‘modernisation’ du marché du travail. Dans quelle mesure l’Union Européenne a-t-elle une carte à jouer dans ce domaine qui relève essentiellement des Etats Membres ? Quelles sont les pistes évoquées pour relever le défi du challenge démographique sans perdre de vue les acquis du ‘modèle social européen’, notion elle-même très controversée ? Autant de questions qui ont resurgi avec la publication par la Commission de sa stratégie sur l’avenir démographique de l’Europe en octobre dernier.


Mais que fait l’Union Européenne ?

Dans un domaine relevant a priori de la compétence des états membres, l’échelon communautaire a pour fonction de recueillir et disséminer l’expertise nécessaire sur les enjeux décrits auparavant, afin de stimuler les échanges d’expériences entre les différents systèmes, et de suggérer quelques pistes de réflexion et/ou d’actions concrètes communes.

Dans ce contexte, la Commission a tout d’abord publié un Livre vert (mars 2005) pour consulter les Etats membres et autres parties prenantes dans le débat démographique. Selon ce document, le défi démographique passe notamment par une mise en œuvre plus effective de l’agenda de Lisbonne (et notamment de l’objectif de taux d’emploi de 70% via un accès à l’emploi des jeunes facilité et en repoussant l’âge de fin d’activité), par une modernisation des systèmes de santé, des services sociaux et des réseaux de solidarité entre les générations, et par une réévaluation de l’immigration (comme élément nécessaire, bien qu’insuffisant en soi, de la résolution de la « crise » démographique).

Suite à l’impressionnant ‘feedback’ reçu par la Commission, aux avis favorables du Comité économique et social européen, du Comité des régions, du Conseil, et aux rapports des parlements nationaux et européens appelant à plus d’Europe dans ce débat, le Commissaire européen à l’emploi et aux affaires sociales Vladimir Špidla a présenté une Communication sur « L’avenir démographique de l’Europe, transformer un défi en opportunité » (12 octobre 2006).

La proposition identifie cinq domaines d’action stratégique :
- Favoriser de nouvelles politiques visant à mieux équilibrer vie professionnelle, privée et familiale (en parallèle de la Communication, la Commission a d’ailleurs lancé la première étape d’un processus de consultation des partenaires sociaux sur ce point spécifique) ;
- Améliorer les possibilités d’emploi pour les personnes âgées ;
- Encourager une meilleure productivité des Européens au travail ;
- Prendre en compte l’impact positif de l’immigration sur le marché du travail ;
- Garantir des finances publiques viables pour assurer un niveau adéquat de protection sociale sur le long terme ;

Le document insiste également sur le fait que la « bombe démographique » s’explique par « un problème de retraites, et non de vieillissement », incriminant « l’incapacité des politiques actuelles à la nouvelle donne démographique et la réticence des entreprises et des citoyens à modifier leurs anticipations et comportements, en particulier face à la modernisation du marché du travail. »

Entre autres recommandations, la Commission rappelle à l’ordre les états membres quant à leurs engagements de Lisbonne, préconise des réformes articulées autour de l’approche du « cycle de vie » et vise à intégrer le « défi démographique » dans toutes les autres politiques publiques nationales et européennes.

Le défi démographique européen : quelques chiffres

Le nombre moyen d’enfants par femme (« indice de fécondité conjoncturel ») dans l’UE à 25 s’établissait à 1,5 en 2004 – bien en-deçà du seuil de remplacement des générations de 2,1 enfants par femme.

Toutefois, bien plus que cette mauvaise performance - toute relative eu égard à la croissance exponentielle de la population mondiale - c’est le vieillissement structurel des européens qui pose problème. En effet, selon une étude de la Commission et du Comité de Politique Economique présentée au Conseil ECOFIN en février 2006, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans devrait augmenter de 58 millions d’ici à 2050 (+77%), entraînant une baisse de la population active de 48 millions de personnes (-16%).

Les conséquences en termes d’activité économique devraient s’en ressentir puisque le taux de « croissance potentielle » annuelle du Produit National Brut en Europe devrait passer de 2-2,25% aujourd’hui à 1,25% en 2040. Sans parler des pressions sur les systèmes nationaux de protection sociale.

Relever le défi dans l’esprit du ‘modèle social européen’

Le traitement des questions démographiques au niveau communautaire suit le modèle de la « méthode ouverte de coordination » désormais devenu référence en matière sociale (cf. stratégie européenne pour l’emploi, stratégie de Lisbonne, etc.). Ce processus non législatif (donc non-contraignant) instaure un type de travail collectif entre les états membres, qui se fixent des objectifs, s’évaluent entre eux, en bref, un exercice de persuasion et d’apprentissage mutuel. Or, l’efficacité de cette méthode est sujette à débats. Il en va de même pour les instruments « intégrés » (cf. développement durable) sur le modèle desquels Vladimir Špidla a bâti sa stratégie démographique.

Certes, regarder comment le voisin essaie de s’en sortir ne peut pas nuire. Surtout que la Commission dresse un état des lieux des « success stories » assez diversifié des réformes en cours, faisant à la fois l’éloge des instruments de « fléxicurité » nordiques, des politiques généreuses en termes de conciliation travaille/famille/personne (France), du relèvement des retraites minimales garanties pour lutter contre la pauvreté des personnes âgées (Autriche) ou encore de la régularisation « à l’espagnole » des travailleurs migrants comme source d’accroissement considérable des cotisations sociales. Il semblerait en tout cas que l’échange de bonnes pratiques commence à porter ses fruits, à tout le moins pour fournir un registre de légitimation varié aux gouvernements soucieux de faire passer des réformes délicates auprès de l’opinion publique. Ainsi, la campagne de communication sur le plan pour l’emploi des seniors lancé récemment par le gouvernement français puise à loisir dans les exemples européens comme autant d’arguments en sa faveur.

Il reste que la Commission affiche une préférence pour l’allongement du temps de travail comme instrument privilégié de la lutte contre le vieillissement. Cette « approche » a suscité de vives critiques de la part d’organismes sociaux et groupes d’actions européens, pour qui la clé du problème réside plus dans « l’évolution qualitative nécessaire des structures politiques, économiques et sociales ».

A son habitude, l’UE avance masquée sur le terrain glissant et assez indéterminé du « modèle social européen ». Il serait dommage qu’à force d’hésitations, elle ne réussisse pas, une fois de plus, à transformer un défi en opportunité.


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patrick fossier
20 janvier 2007
17:40
POPULATION : Comment désamorcer la « bombe démographique »

Vous soulevez un problème intéressant : la démographie. Pourquoi ne pas avoir le courage d’évoquer la manière « originale » qu’a l’Allemagne de régler son problème, avec l’aide des JugendAmts qui sont des résidus non-abrogés des Lebensborn des années 30 ? Tout enfant bi-national qui entre en Allemagne avec son parent allemand se fait refaire un état-civil allemand dans lequel le parent allemand, surtout si c’est le père n’apparaît pas, et l’état-civil du pays de naissance peut être contredit sans rémission possible. Les Jugendamts allemands se sont fait une spécialité de prendre sous curatelle des enfants franco-allemands (ou italo-allemands, ou polono-allemands) afin de les couper complètement de leur parent non-allemand. Savez-vous cela, ou bien avez-vous froidement décidé de ne pas en parler pour mieux entretenir le mythe d’une Europe fraternelle bâtie autour d’un couple franco-allemand merveilleusement réconcilié. Ce problème est très sérieux, sinon grave, car il sape les fondements d’égalité et d’amitié entre les nations européennes. Il va prendre de plus en plus d’importance car les parents victimes sont de plus en plus nombreux et organisés et l’image des militants et zélateurs de l’Europe risque d’en prendre un méchant coup lorsque les opinions publiques découvriront, horrifiées, à l’occasion d’un fait divers dramatique, que le scandales des parents privés de leurs enfants à Noël par décision unilatérale allemande était connu de longue date mais étouffé. Rien de tel pour tuer le TCE et l’Europe.

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Jean-Baptiste
20 janvier 2007
17:40
POPULATION : Comment désamorcer la « bombe démographique »

Votre commentaire pose une question délicate de droit familial, que le droit communautaire intègre peu à peu via des conventions de droit international privé.

Ce n’est pas le sujet de notre article qui traite de problèmes beaucoup plus généraux de démographie pour le continent.

Je ne crois pas que nous ayons de réponse à vous apporter sur l’épineux problème des gardes parentales et des enlèvements d’enfants transfrontières.

Valentin
15 février 2007
13:42
POPULATION : Comment désamorcer la « bombe démographique »

Merci pour votre article synthétique présentant un problème complexe qui m’intéresse. Il me semble - et le débat français lors de la « réforme » Fillon a achevé de m’en convaincre - d’abord qu’il est important de ne pas mélanger question démographique et sociale. Le « vieillissement » (concept à manier avec prudence) relève de la première ; l’âge de la retraite relève de la seconde. Et bien souvent, les données démographiques en servent qu’à justifier des choix de politique économique et sociale. Prenons par exemple votre encadré statistique. Il ne s’agit pas de vous accuser évidemment mais de faire remarquer à quel point jetter quelques chiffres quasiment au hasard n’a guère de sens. L’ICF est, comme son nom l’indique, conjoncturel et ne saurait permettre des projections à moyen terme. En outre il est le fruit d’une construction qui a ses limites (ex : non intégration de la fécondité des femmes immigrées). Les nombres que vous donnez perdent également de leur pertinence faute de mise en perspective : poourquoi ne pas donner les chiffres absolus ? Les % par classes d’âges ? Quant à l’affirmation selon laquelle l’augmentation (en nombre absolu) des plus de 65 ans « entraîn(e) une baisse de la population active », je ne la comprends pas. Quel rapport de causalité entre les deux faits ? Quant aux projectiions à 2040 ou 2050, elles sont également sujettes à caution : tout le monde sait qu’à la fin de la seconde guerre mondiale, on craignait une dépopulation de la France à venir... Ce que les faist ont démenti. Et plus proche de nous, encore dans les années 80, la stagnation de la population française aux alentours de 50-55 millions était une certitude. Donc méfiance. Enfin, le lien entre la situation démographique et l’activité économique me semble complexe et ne saurait se résumer à des problèmes : le vieillissement, qu’il ne saurait être question de contester, a des conséquences négatives ET positives, comme toute chose humaine. La démographie galopante du Tiers-Monde (encore que...) est un problème, la démographie « clopinante » de l’Europe est un problème. Un exemple simple : l’augmentation de la population active est un facteur de dynamisme MAIS pèse sur le chômage (puisqu’il faut trouver des emplois pour des nouveaux venus très nombreux). Inversement, le départ en retraite des « baby-boomers », s’il génère des coûts, est aussi facteur de croissance économique (développement des services) et baisse la tension sur le marché du travail. Le mélange démographie/politique est très net quand on aborde la position de l’UE dont vous rendez très clairement compte. Ainsi on peut se demander en quoi favoriser la « productivité des Européens » est une réponse à la baisse de la fécondité ... Comme d’habitude, les axes privilégiés sont... libéraux et faussement présentés (à l’aide de la démographie) comme relevant du bon sens. En réalité, l’augmentation de l’âge à al retraite n’est qu’une des solutions possibles, et qui crée des problèmes sociaux (est-ce une avancé que de faire travailler les gens de 70 ans ?) et économiques (et les jeunes ?). Et de fait, il y a d’autres choses sous-jacentes : par exemple, la résorption du chômage règlerait sans problème le financement des retraites. Mais cela supposerait une inversion des rapports de force sur le marché du travail dont les milieux économiques, relayés par Bruxelles, ne veulent évidemment pas. Au total, comme souvent, la démographie ne sert que de prétexte à faire passer des choix politiques en les habillant d’une pseudo-scientificité. Je ne suis pas sûr que c’est comme cela que l’Europe gagnera la confiance des peuples.

PS. Excusez ma typographie parfois hasardeuse

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Courgeron
11 février 2008
02:49
POPULATION : Comment désamorcer la « bombe démographique »

L’immigration provenant de pays ne partageant ni les valeurs ni les sensibilités européennes n’est certainement pas un palliatif... Il est nécessaire de prendre en compte la mentalité très individualiste, hédoniste et matérialiste véhiculée actuellement par les médias, films, ... occidentaux. Pourquoi continuer à faire de l’avortement un « droit de la femme » sans tenir compte du droit de l’enfant à naître ? Les chiffres de ce génocide des temps modernes sont éloquents : plus de 17.000 avortements par an pour la seule Belgique ; une femme sur cinq se faisant avorter à Bruxelles...

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Pirema
14 mai 2008
16:40
POPULATION : Comment désamorcer la « bombe démographique »

La Bombe Démographique n’est pas qu’un problème Européen il est mondial et il faut cesser de le régarder qu’en thermes économiques, philisophiques ou dogmatiques. Il y va de l’avenir de l’ête humain sur cette planète de plus en plus surpeuplée. A force de se multipliée comme des rats, nous sommes en train de la bousier, de la rendre invivable. Plus de bouches à nourir et moins de terres à cultiver, moins d’eau disponible. Des images de catastrophes climatiques ne m’emeuvent même plus, pour moi c’est juste la nature qui fait bien les choses, car elle seule fait bien les choses, nous avons des exemples tirés du passé. Qu’on ne vient pas me parler de droit d’enfant à naître. S’il est à naitre, il n’existe pas et l’avortement est un droit que les femmes on mis longtemps à obtenir et qu’ellles ne doivent jamais perdre, parce qu’il y a de leurs corps elles seules doivent décider de mener à therme une grossesse ou pas. A mon avis il vaut mieux qu’une femme avorte que de faire naître des enfants pour les jetter à la rue, obligés de se prostituer, mandier, proie des pédophiles. L’Europe c’est que dal par raport au reste du monde. Les gens ici vivent dans une bule, sur un ilot de richesse entourés d’un ocean de misère, il peuvent se permetre de philisopher tout en sachant que les inegalités ne font que s’acroitre. Allez vivre en Amérique Latine en Afrique Asie et vous verez une autre réalité, vous aurez moins de scrupules parce que la-bas la vie d’un être humain vaut moins que celle d’une poule. Aucun pays n’ose s’ataquer au tabou de la démographie parce que l’ordre mondial est de faire de plus en plus de gens pour consommer plus au mépris de tout le reste tant qu’on crève loin d’ici et sur le petit écran. La bombe D est en train de nous mener droit dans le mur.

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Cél
24 avril 2009
21:51
POPULATION : Comment désamorcer la « bombe démographique »

Cela ressemblerait presque au raisonnement d’un être intelligent. C’est à dire plus évolué qu’un foetus mais pas encore au niveau d’un nourrisson.

bidule
14 avril 2009
22:56
POPULATION : Comment désamorcer la « bombe démographique »

euh s’il te plaît, apprend à parler et orthographier correctement déjà, après on verra si tu mérites plus de vivre qu’un nouveau né...

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