Parlement européen : les groupes politiques en ordre de marche

Tour d’horizon des groupes politiques du nouveau Parlement européen

Les groupes politiques du nouveau Parlement européen se sont finalement formés à l’issue d’un mois de tractations, peu avant la session constitutive prévue le 14 juillet à Strasbourg.


Sans surprise, le groupe du Parti populaire européen (PPE) reste la force politique la plus importante du Parlement européen

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Depuis 1999, la droite européenne gagne les élections au Parlement européen, sans pour autant jamais réussir à avoir la majorité. Mais l’importance numérique du groupe PPE lui permet depuis 10 ans de constituer facilement des majorités autour de ses positions. Cette prééminence au sein du Parlement européen continuera encore pendant 5 ans : avec ses 265 membres, le PPE est la première force politique incontestée du Parlement européen.

Vainqueur des élections, il aurait pu cependant en sortir affaibli : certains de ses membres ont en effet préféré quitter le giron du PPE pour former un nouveau groupe, celui des Conservateurs et Réformistes européens (ECR). Mais même en perdant les 26 Britanniques du Conservative Party et quelques tchèques, le PPE n’est pas inquiet : il reste, et de loin (81 voix pour être exact), le premier groupe au Parlement européen.

Le groupe est donc désormais constitué de représentants de 26 Etats membres. La plus grande délégation est représentée par les 42 députés de l’Union Chrétienne Démocrate (Christlich Demokratische Union Deutschlands), suivie de près par les 35 députés du Parti du peuple de la liberté de Berlusconi (Il Popolo della Libertà). Après sa victoire aux élections européennes, la délégation de l’UMP (Union pour un Mouvement Populaire) représente la 3ème force du PPE avec ses 29 députés.

Mené par Joseph Daul, Président sortant réélu à 99% des voix, le groupe PPE retrouve sa dénomination originelle avec le départ des Britanniques conservateurs. Avec la première élection au suffrage universelle en 1979, la droite européenne avait choisi de constituer le groupe du Parti Populaire Européen, mais avait rajouté à son nom les Démocrates européens en juillet 1999 en accueillant les conservateurs britanniques, devenant ainsi le groupe PPE-DE. Le départ des tories permet au groupe de revenir aux sources.

Se réclamant de Robert Schuman, Konrad Adenauer et Alcide de Gasperi, le groupe PPE se considère comme « la force du centre politique en Europe ». Les membres du groupe PPE croient en « une Europe des valeurs, unie, ouverte, diverse et plus humaine ». Pour l’intérêt commun des Européens, le groupe PPE dit avoir « œuvré avec constance et succès pour asseoir l’Union européenne sur la primauté du droit et le respect des droits fondamentaux, sur l’application du principe de subsidiarité de répartition efficace des compétences et sur des institutions démocratiques indépendantes. »

Le nouveau groupe de l’Alliance progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen prend la seconde place sans difficulté

La social-démocratie a peut-être perdu les élections européennes, mais elle reste sans difficulté le second parti au Parlement européen, avec 184 membres.

Au lendemain des élections européennes, la stratégie du Président sortant de l’ancien groupe des socialistes au Parlement européen, Martin Schulz, n’était pas d’empêcher les députés de partir vers

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d’autres groupes, mais plutôt d’en attirer le plus possible afin de combler l’écart avec le PPE. Les regards se sont tout de suite portés sur les 21 élus du Partito Democratico (PD), encore incertains sur leur groupe politique et particulièrement intéressants pour les socialistes européens. En effet, le Partito Democratico, créé en octobre 2007 à l’occasion de la fusion de divers partis de la gauche et du centre, représente la seconde force politique d’Italie. Le PD rassemble plusieurs anciens partis allant de la gauche au centre, comme le Democratici di sinistra, la Margherita et le Partito Democratico Meridionale. Avant les élections européennes, les membres du PD étaient divisés entre deux groupes politiques : l’ALDE pour les membres de la Margherita et le PSE pour les membres de Democratici di sinistra entre autres. Impossible de reproduire le même schéma cette fois-ci. Logique donc que le groupe socialiste se tourne vers eux. Après des négociations relativement rapides, (voir nos précédents articles « Le Groupe Socialiste devient le Groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement Européen » et « Le nouveau Parlement européen prend forme »), les 21 Députés du PD ont donc rejoint l’ancien groupe des socialistes.

Mais cette adhésion avait un prix : exit donc le groupe Socialiste au Parlement européen, bienvenue au groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement Européen (APSD). Mais ce n’est pas tout : il faudra également abandonner le logo du groupe socialiste, une rose rouge entourée de 12 étoiles, et trouver un nouvel acronyme. Sur ce point, un accord a eu l’air d’être trouvé, puisque depuis quelques jours, on ne parle plus de l’APSD mais du groupe S&D.

Un autre problème plus épineux se pose concernant le positionnement des démocrates italiens à l’extérieur du Parlement européen : traditionnellement, les membres d’un groupe politique au Parlement européen adhèrent de facto au Parti européen correspondant. Ainsi les membres du groupe PPE font partie également du Parti Populaire Européen (PPE) ; ceux du groupe socialiste au Parlement européen du Parti Socialiste Européen (PSE) ; ceux du groupe de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE) du Parti Démocrate Européen (PDE). Tout cela est normalement assez logique : mais certains Italiens du PD sont membres du PDE et ont apparemment refusé d’adhérer au PSE… C’est un petit problème qui pour le moment, dans ce contexte de mise en place des nouvelles institutions européennes, n’est pas très important, mais qui pourrait le devenir au fil des années et des prises de positions politiques des partis et groupes européens.

Grâce aux Italiens, le groupe S&D peut donc se targuer d’être le seul groupe composé d’Eurodéputés des 27 Etats membres. Les Allemands forment la plus grosse délégation avec 23 Députés du Parti social-démocrate allemand (Sozialdemokratische Partei Deutschlands), suivis de très près par les Italiens (Partito democratico) et les Espagnols (Partido Socialista Obrero Español) ex-æquo avec 21 membres. Malgré sa franche défaite sur le plan national, la délégation socialiste française se place à une honnête 4ème place, piètre lot de consolation quand on sait qu’elle en occupait la 1ère lors de la précédente législature.

Il demeure assez difficile de cerner ce nouveau groupe S&D. Un rapide tour sur leur site internet ne permet pas du tout d’éclairer notre lanterne : l’adresse du site n’a pas changé (http://www.socialistgroup.org/) et le mot d’accueil de Martin Schulz ne parle que du groupe socialiste. Seuls la formulation « Groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes & Démocrates au Parlement européen » en haut à gauche de chaque page visitée et la section « A la Une » rappellent que le groupe a changé. Manque de temps ? Manque de volonté ? Toujours est-il que le citoyen européen qui cherche à se renseigner sur ce nouveau groupe doit être bien perdu…

Martin Schulz, seul candidat à sa réélection, est donc devenu le Président d’un groupe qui se cherche encore. De nombreuses questions se posent : le groupe S&D va-t-il continuer à privilégier la politique de compromis traditionnelle à la construction européenne, ou après deux défaites consécutives, va-t-il préférer mener une politique d’opposition ? Les démocrates italiens vont-ils influencer la position du groupe ? Et qu’en est-il de leur adhésion au PSE ?

Le groupe de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe conforte sa 3ème place

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Tout comme le groupe PPE, le groupe ALDE (Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe) a perdu des Députés, passant de 99 à 84 membres.

A la suite des élections européennes, et tout comme le groupe S&D, le groupe ALDE a passé quelques semaines à essayer d’attirer certains des 93 Députés non-inscrits pour augmenter ses effectifs. Une fois les 21 membres du Parti Democratico partis au groupe S&D, il a fallu essayer d’attirer d’autres Députés, notamment ceux tentés par le nouveau groupe ECR (Conservateurs et Réformistes européens). C’est ainsi que l’ALDE a réussi à faire revenir les 4 Députés finlandais du Parti du Centre (Suomen Keskusta) qui avaient pourtant été enrôlés par l’ECR. L’ALDE pourrait également bientôt accueillir Bokros Lajos, le seul élu du Forum démocrate hongrois (Magyar Demokrata Forum), ancien membre du PPE mais qui a pour le moment accepté de rallier l’ECR. La bataille d’influence continue donc entre l’ECR et l’ALDE pour capter les déçus du PPE.

Le groupe ALDE comprend donc pour le moment 84 Députés de 19 Etats membres. Lors de la précédente législature, la délégation italienne en constituait le plus gros effectif, mais désormais, ce sont les Allemands qui occupent la 1ère place avec 12 Députés du Freie Demokratische Partei (Parti libéral démocrate), augmentant par ailleurs leur représentation par rapport à la précédente législature (7 Députés). Les Britanniques sont les 2nds et les Italiens les 3ème, avec respectivement 11 et 7 Députés. Les membres du MODEM français occupent la 4ème place.

L’ALDE a été créée en 2004, suite au départ des libéraux et démocrates du groupe PPE qu’ils avaient rejoint en 1996. Contrairement aux groupes PPE et S&D, ils ne changent pas de nom, ni de logo, ni d’acronyme, ce qui leur permettra de faire des économies substantielles.

Parmi les grandes figures du groupe ALDE, Simone Veil, ancienne Présidente du Parlement européen, et Valery Giscard d’Estaing, ancien Président du groupe ALDE, sont bien connus des Français. Les membres du groupe ALDE ont pour objectif de « persévérer dans la lignée des 50 années de construction communautaire ; consolider les accomplissements de la période de l’après-guerre tout en regardant vers l’avenir afin d’adapter l’UE aux conditions nouvelles autant au plan interne que sur la scène internationale ». Se situant au centre de l’échiquier politique du Parlement européen, le groupe ALDE considère qu’il constitue « la voix de la raison et de l’argumentation, des principes et des objectifs », présentant ses membres comme « modérés et radicaux mais aussi indépendants et consensuels ».

Alors que les libéraux et démocrates ont pris la présidence du Parlement européen à de nombreuses reprises, l’accord technique entre le PPE et le PSE puis le S&D les en prive depuis 2004. Graham Watson, le Président du groupe ALDE de 2002 aux dernières élections, avait pourtant souhaité contrer cet accord en se présentant comme candidat à la présidence du Parlement européen. Cette démarche n’a pas fonctionné, puisque l’accord technique vient d’être reconduit : le groupe ALDE aurait pu faire bande à part et maintenir son candidat, mais une autre stratégie a été préférée. Au terme de négociations, le groupe ALDE a conclu un accord tripartite avec les groupes PPE et S&D, retirant son candidat et obtenant la présidence de la commission parlementaire économique et monétaire ainsi que celle de la nouvelle commission sur la crise financière. Le nouveau Président du groupe ALDE, Guy Verhofstadt (voir notre article « Guy Verhofstadt, le libéral qui gêne Barroso »), a donc sacrifier Graham Watson contre des présidences particulièrement stratégiques dans le contexte de la crise financière.

Ayant réduit l’écart avec le groupe S&D, le groupe ALDE a pour ambition d’influencer davantage les politiques européennes. Mais l’écart s’est également réduit avec les Verts et l’ECR, qui ne sont plus qu’à 30 voix. Le groupe ALDE peut perdre gros au jeu des alliances et des luttes de pouvoir au sein du Parlement européen… Guy Verhofstadt, personnalité particulièrement appréciée sur la scène européenne et homme politique très efficace, parviendra-t-il à augmenter l’influence de son groupe lors de cette législature ? L’avenir le dira, mais en une semaine, le tout nouveau Président a réussi à occuper le terrain médiatique en dictant ses conditions à Barroso, et a obtenu la présidence de commissions parlementaires stratégiques. Des premiers pas particulièrement encourageants…

Le groupe des Verts/ALE opère une percée historique

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Seul groupe politique à gagner des sièges alors que le Parlement européen en perd (il passe de 779 sièges à 736), le groupe des Verts avec ses 55 membres compte peser dans la balance.

Dynamique, se considérant vainqueur des élections européennes dans de nombreux Etats membres de l’Union européenne, le groupe des Verts/ALE a également passé les dernières semaines à « draguer » les Députés indécis. L’objectif : être la 4ème force politique du Parlement européen, place qu’ils avaient perdue en 2004 à cause de l’UEN (Union pour l’Europe des Nations, qui avait un siège de plus). C’est fait, mais ils partagent la place ex-æquo avec l’ECR. Ils ont réussi à attirer notamment Indrek Tarand, nouveau Député estonien élu sans étiquette, et Christian Engström, l’élu suédois du Parti des Pirates (Piratpartiet), très célèbre sur la toile.

Composé de Députés de 14 Etats membres, le groupe a réélu Daniel Cohn-Bendit (voir notre article « Le nouveau Parlement européen prend forme ») qui partage la présidence avec Rebecca Harms. Lors de la précédente législature, le groupe Verts/ALE était clairement dominé par la délégation allemande et ses 13 députés sur 43. Désormais, il leur faut compter avec les 14 Députés français, avec qui ils partagent la 1ère place. La 3ème délégation est loin derrière avec 5 Députés britanniques.

On parle souvent seulement du groupe des Verts. Cependant, en réalité, il s’agit du groupe des Verts/ALE, créé en 1999, et composé des Verts et de l’Alliance libre européenne (ALE), cette dernière défendant « la cause des nations sans Etat, des régions et des minorités défavorisées ». Les nouveaux membres du groupe ont désiré continuer cette collaboration entre les Verts et l’ALE, donc de même que pour l’ALDE, pas de changement de logo, ni de nom, ni d’acronyme.

Le groupe Verts/ALE veut « construire une société respectueuse des droits fondamentaux et de la justice environnementale (…), accroître la liberté dans le monde du travail, (…) approfondir la démocratie par la décentralisation et la participation directe des citoyens au processus décisionnel ». Son leader le plus charismatique est bien entendu Daniel Cohn-Bendit, l’un des acteurs principaux de mai 1968. Mais Rebecca Harms, la nouvelle co-Présidente, est également bien connue des parlementaires européens pour ses prises de position tranchées.

Les Verts/ALE comptent peser plus que lors de la précédente législature, où les nombreux compromis entre le PPE et le PSE ne laissaient que peu de place aux petits partis. Ils ont joué un rôle décisif au début de cette législature en menant une action médiatique importante pour empêcher Barroso d’être réélu à la tête de la Commission européenne. Ayant réussi à reporter le vote du Parlement européen à l’automne, les Verts/ALE n’entendent pas s’arrêter là, et mènent une campagne intense contre Barroso. Mais réussiront-ils à rassembler derrière eux l’ensemble des S&D, de la GUE et de l’ALDE ? Cela promet d’être très difficile, mais avec une personnalité comme Daniel Cohn-Bendit, tout est possible.

Le nouveau groupe des Conservateurs et Réformistes Européens (ECR) voit le jour

Il était annoncé bien avant les élections européennes : les Députés européens du Conservative Party (Parti conservateur) britannique voulaient quitter le giron du groupe PPE, jugé trop peu conservateur à leur goût, pour créer leur propre groupe. C’est désormais chose faite : avec 55 Députés, l’ECR fait jeu égal avec les verts/ALE.

Mais son existence est clairement en danger. En effet, un groupe politique doit être constitué au minimum de 25 Députés de 7 Etats membres. L’ECR n’a pas de problèmes avec la quantité de membres, mais avec le nombre des Etats représentés. La plus grosse délégation est bien entendu composée des 26 Britanniques du Conservative Party, suivis des 15 membres du parti Prawo i Sprawiedliwość (droit et justice) des jumeaux polonais Kaczynski et des 9 Députés du Občanská demokratická strana (le parti démocratique civique) parti eurosceptique et atlantiste. Mais à part ces trois fortes délégations, il n’y a pas grand monde : la Belgique, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas et la Hongrie n’ont qu’un représentant…Si deux d’entre eux partent, l’ECR disparaît. Et justement, le hongrois Bokros Lajos semble assez tenté par l’ALDE…

Mené par le Britannique Timothy Kirkhope, Député européen depuis 1999, le groupe ECR a signé une déclaration de principes dès sa constitution fin juin à Prague. Cette déclaration pose les positions politiques de ce nouveau groupe, dont la « libre entreprise, des réglementations minimales, un gouvernement rétréci (…), la liberté de l’individu, (…) l’importance de la famille en tant que fondement de la société, l’intégrité souveraine de l’Etat-nation par opposition au fédéralisme européen, la valeur primordiale des relations de sécurité transatlantiques au sein d’un OTAN revitalisé (…), une immigration efficacement contrôlée, (…), la fin d’une excessive bureaucratie. »

Le groupe ECR, s’il parvient à se maintenir, peut jouer un rôle assez important dans la constitution d’une majorité au Parlement européen. S’il veut voter sans le groupe S&D, le groupe PPE, allié à l’ALDE, aurait encore besoin d’une réserve de voix, apportée par le groupe ECR. Mais les membres du PPE et surtout de l’ALDE accepteront-ils de s’allier avec ce groupe ?

La GUE/NGL reste la 6ème force politique du Parlement européen

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Le groupe de la Gauche Unitaire Européenne/ Gauche verte nordique, avec ses 35 Députés, s’éloigne sensiblement des Verts/ALE qu’elle talonnait lors de la précédente législature.

Les 35 Députés de la GUE/NGL représentent 13 Etats membres. Les 8 Allemands de Die Linke (La Gauche) en constituent la plus forte délégation, suivis des 5 Français du Front de Gauche pour changer d’Europe (qui perdent leur 1ère place) ex-æquo avec les 5 Portugais du Bloc de la Gauche (Bloco de Equerda).

Rien n’a changé à la GUE/NGL, à part le Président : suite au départ de Francis Wurtz, le groupe a élu à l’unanimité Lothar Bisky, Président de Die Linke.

Créé en 1994, le groupe GUE/NGL se déclare « profondément attaché à la construction européenne », mais désire que l’Europe se base sur une autre construction, « une construction basée sur des institutions pleinement démocratiques et s’engageant prioritairement à mettre sur pied un nouveau modèle de développement soutenable propre à résoudre le problème le plus grave auquel nous sommes confrontés actuellement - taux de chômage énorme et croissant -, à préserver l’écosystème, à créer un espace social commun qui offrirait des droits égaux au plus haut niveau à tous les citoyens et satisferait aux besoins de ceux que la misère de leur pays d’origine (misère dans laquelle l’Europe a une lourde part de responsabilité) contraint à chercher des moyens de subsistance dans la Communauté ; une construction européenne tablant sur une solidarité pleine et entière de nature à faire converger toujours plus les paramètres réels de l’économie de chaque État membre et s’opposant de ce fait aux diktats des pays les plus forts. »

Le groupe GUE/NGL pouvait auparavant faire presque jeu égal avec les Verts/ALE au niveau des équilibres politiques au sein du Parlement européen. Ce n’est plus le cas, mais le groupe GUE/NGL dispose toujours de voix pouvant être particulièrement utiles au groupe S&D s’il désire s’opposer au PPE.

Naissance du groupe Europe de la liberté et de la démocratie

Les élections européennes ont mis en difficulté les membres de deux groupes au Parlement européen : les groupes Union pour l’Europe des Nations (UEN) et Indépendance/Démocratie (IND/DEM), tous deux eurosceptiques, n’avaient pas assez d’Etats membres représentés en leur sein pour se maintenir. De plus, certains Députés sont allés rejoindre le nouveau groupe ECR. Pour survivre, il a donc fallu créer un nouveau groupe, né de la fusion de l’UEN et de l’IND/DEM.

Composé de 30 Députés de 8 Etats membres, le groupe Europe de la liberté et de la démocratie a élu à sa tête le Britannique Nigel Farage, membres de la délégation la plus importante. Les Italiens de la Ligue du Nord occupent la seconde place avec 9 Députés. Philippe de Villiers de Libertas est le seul représentant français.

Le nouveau groupe n’a pas encore défini sa politique, mais a d’ores et déjà annoncé qu’il fera campagne contre le traité de Lisbonne et représentera une opposition aux politiques d’intégration et d’immigration de l’Union européenne.

Les non-inscrits : le non-groupe du Parlement européen

Si vous avez bien compté, vous avez pu constater que l’ensemble des groupes politiques ne représentent que 708 Députés sur 736. Le reste, les 28 Députés qui ont choisi ou qui ont été refusé d’un groupe politique, font donc partie de ce que l’on appelle les non-inscrits. Pas de politique commune pour ceux-ci, même si une grande partie d’entre eux représente l’extrême droite. Les Français du Front National Jean-Marie Le Pen, Marine le Pen et Bruno Gollnisch en font par exemple partie. Ces Députés n’ont pratiquement aucune influence au sein du Parlement européen.

Les élections européennes ont donc accouché de 3 nouveaux groupes politiques, maintenu le groupe PPE à sa 1ère place, augmenté l’influence des Verts et légèrement baissé celle de la GUE. Notons également que les Allemands constituent désormais la plus grosse délégation des 3 premiers groupes politiques, sont ex-æquo pour la 1ère place au sein du 4ème, et occupent la présidence de 3 d’entre eux. Il est possible que cette domination ait certaines conséquences dans les votes des groupes.

Au final, l’équilibre traditionnel n’aura pas été bouleversé, mais il peut être modifié en fonction des nouvelles orientations que les leaders entendent donner à leur groupe. L’ALDE va-t-elle privilégier une alliance avec le PPE ? Le groupe S&D va-t-il continuer à faire des compromis avec le PPE, et va-t-il plutôt se tourner vers les Verts et la GUE ? Et qu’en sera-t-il de l’influence de l’ECR ? Autant de questions auxquelles la session constitutive prévue la semaine dernière apportera un début de réponse.


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Admirateursecret
8 septembre 2009
15:58
Parlement européen : les groupes politiques en ordre de marche

C’est formulé avec tellement de justesse cette indécision embarassante à propos du réel positionement politique du S&D... quelle écrivain d’exception !!!

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Marie RAMOT

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