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« Pour une Europe de la liberté et de l’égalité »

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« Une autre Europe est possible », par Silvana Koch-Mehrin, candidate allemande FDP - Eldr (European Liberal Democrats)


Depuis plus de 150 ans le libéralisme politique poursuit une idée, qui n’a pas été de tous temps populaire, et qui est pourtant toujours aujourd’hui juste et bonne. Et cette bonne idée, c’est l’Europe. L’Union européenne est une success-story. Et le fondement de ce succès est une valeur au fondement du libéralisme : la liberté.

Europe - cela signifie l’union politique, culturelle et sociale à une échelle qui dépasse les frontières des Nations. L’Union dans la paix – quelle réussite pour un continent, sur lequel régnait la guerre il y a encore une bonne moitié de siècle.

Les principes européens de la liberté et de l’égalité constituent la base d’un vivre-ensemble pacifique sur notre continent. Les valeurs individuelles fondamentales, la protection des minorités, la séparation des pouvoirs et l’attachement au droit de la violence étatique sont des acquis que nous défendons jour après jour et que nous devons toujours reconquérir. L’Union européenne n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, dans ces temps de crise, l’euro fait ses preuves par exemple et se révèle être un moyen de paiement stable. Un acquis de l’Union européenne. Un succès de l’Europe qui montre que beaucoup des défis, auxquels nous devons faire face aujourd’hui, peuvent être mieux relevés ensemble.

L’Europe n’est pourtant pas achevée, mais bien en mouvement constant. De ce côté, l’Union européenne est devenue trop technique. Tout ce que l’Union européenne réalise pour les gens en Allemagne et en Europe est à peine remarqué. L’Union européenne ? Un colosse bureaucratique financé par les impôts et les taxes, un bloc administratif bruxellois suranné, rigide et non démocratique, que l’on ne comprend pas sans mode d’emploi ? Malheureusement cela se vérifie à plusieurs niveaux. Car il y a encore beaucoup à parcourir sur le chemin qui mène à l’Europe libérale.

Sur ce chemin du futur vers une Europe libérale, 3 questions sont pour moi élémentaires : Où les gens rencontrent-ils l’Europe ? Quelles sont les possibilités d’évolution pour l’Europe ? Où va l’Europe ?

Où les gens rencontrent-ils l’Europe ?

Les gens ont affaire à l’Europe quotidiennement. Les choses positives – un marché intérieur libre, l’euro, la liberté de choisir le pays, dans lequel on vit, on travaille ou on étudie – ne sont presque jamais rapportées à l’Union européenne. Les choses négatives par contre le sont. L’image d’une Europe des bureaucrates régulatrice de tout est omniprésente. La réponse libérale est toute simple : la relation des gens à l’Europe doit être pensée autrement. L’Europe doit être pensée du bas vers le haut. L’identification et le soutien positif et actif doivent être portés par les gens au niveau local, dans les Etats membres. Nous ne voulons pas d’une Europe des bureaucrates, mais d’une Europe des citoyens ! Les forces de l’Europe résident dans le local. L’union à une échelle européenne ne signifie pas que tout doit être régulé/décidé au niveau européen. Au contraire. Le principe de subsidiarité est à observer et à préserver. Il signifie que les décisions doivent être prises au niveau le plus proche des citoyens. Pour cela il faut encore prouver, si une procédure communautaire est toujours vraiment justifiée au regard des possibilités d’actions nationales, régionales et locales. Mais comment cette Union européenne devenue trop technique peut-elle devenir une Europe des citoyens ? L’Union européenne doit devenir plus démocratique, plus simple, plus compréhensible. Ce que nous pouvons faire à travers la participation des citoyens. Finalement l’Union européenne a été créée pour les citoyens et pas les citoyens pour l’Union européenne. Les gens ont pour le moment que peu de possibilités de participation active. Les élections pour les Parlement européen du 7 juin 2009 ne sont qu’une des voies pour une participation démocratique. Nous voulons créer plus de possibilités, pour que les gens puissent déterminer ce qui se passe dans l’Union européenne. Nous voulons que les gens puissent participer à la construction de leur Europe avec des référendums à l’échelle européenne sur les questions fondamentales.

Quelles possibilités d’évolution pour l’Europe ?

L’Europe continue à avancer irrémédiablement. Actuellement de grandes transformations au niveau économique, social, et sociétal attendent notre société. Une Europe libérale reconnait pourtant les chances de la crise et offre des solutions. L’Europe a besoin de nouvelles réformes. Un pas déterminant serait de faire tomber les barrières bureaucratiques. La forêt des régulations européenne est trop épaisse, trop opaque et au final les structures sont trop chères pour les gens. Car : ce qui a moins d’envergure coûte également moins. Nous avons besoin d’une économie forte pour créer des emplois en Allemagne et en Europe. La mondialisation requière des solutions, qui ne peuvent être apportées par aucun Etat membre de l’Union européenne isolé. C’est seulement si les Etats européens travaillent ensemble qu’ils parviendront à créer les conditions pour plus de croissance et de travail. Alors nous aurons une économie forte en Europe. C’est pour cela que nous devons créer un cadre clair qui corresponde à notre économie sociale de marché et qui permette une concurrence équitable en Europe. L’économie en Europe a encore plus de potentiel. C’est pour cela que nous devons réduire la bureaucratie, permettre l’accès aux chances du marché et continuer à promouvoir la mobilité dans l’Union européenne. C’est ainsi que nous réduirons les coûts, que nous permettront l’innovation et que nous sécuriserons les emplois.

Pour que l’Europe puisse renforcer l’économie, permettre la prospérité et devenir une Europe des citoyens, l’Union européenne doit devenir plus démocratique. L’égalité démocratique, la démocratie représentative et la participation ne doivent pas être des formules creuses. C’est pourtant toujours le cas : si l’Union européenne entamait les négociations d’adhésion à l’Union européenne, elle ne serait pas acceptée avec pour justification : trop peu démocratique. Pour que l’Union européenne soit plus démocratique, plus compréhensible et pour qu’elle ait une plus grand capacité d’action, les principes du Traité de Lisbonne doivent être appliqués. L’Union européenne à aujourd’hui 27 Etats-membres agit sur la base d’un fondement légal pensé pour une Europe bien plus petite. Pour que cette UE-27 garde une capacité d’action, une réforme de l’Union est grandement nécessaire. Et le traité de Lisbonne est un pas dans la bonne direction. Il contient les éléments essentiels : un renforcement considérable du Parlement européen - unique organe démocratique légitime de l’UE, de meilleures possibilités de participation et de contrôle des affaires européennes par les parlements nationaux , une politique extérieure de l’UE mieux coordonnée et des mécanismes de décisions plus efficaces pour une Union élargie, notamment la généralisation du principe de décision à la majorité à tous les domaines politiques.

L’UE est une communauté de presque 500 millions de citoyens. Pour tous, l’Europe doit aujourd’hui et dans le futur signifier la paix, la liberté, la sécurité et la prospérité. Démocratie, Etat de droit économie de marché seront de même dans le futur les fondements d’une politique libérale.

Où va donc l’Europe ?

L’Europe du futur est multiple - et le reste. Une belle Europe du futur taillée par la manie de tout égaliser et des points communs dictés ? Cela parait absurde. L’idée d’une Europe libérale du futur reconnait la richesse de la diversité et veut la prendre en compte et la promouvoir à l’avenir également. Ce que l’économie enseigne depuis longtemps– que la concurrence est meilleure que le monopole – vaut a priori pour la politique. La décentralisation exige et promeut cette concurrence, qui doit s’étendre aux niveaux politiques les plus divers. La décentralisation est une chance d’empêcher les gouvernements de collecter des impôts exagérés, pour partager par la suite les fonds et laisser des montagnes de dettes.

Dans ma vision libérale, l’Europe reconnaît les défis et les chances qu’apporte la subsidiarité. L’Europe doit exactement permettre de décider dans quels domaines des structures politiques unitaires sont judicieuses et favorables, et dans quels domaines les instances de décisions doivent revenir aux pays membres, aux corporations et aux citoyens. Les possibilités d’apprendre de mauvaises décisions sont nombreuses, comme par exemple avec le Fonds Anti-mondialisation, selon lequel des aides doivent revenir aux « victimes » de la mondialisation – une approche positive des chances de la mondialisation apparait différente. /sieht anders aus.

L’Europe du futur est l’Europe des citoyens. Aujourd’hui déjà l’Europe des citoyens est plus proche qu’ils ne le soupçonnent. Et pourtant règne un sentiment de distance. Une situation ambivalente. D’une part, l’Europe est aimée –la jeune génération se qualifie justement d’ « Européens » et contribue ainsi activement à une Europe vécue et ressentie. D’autre part, cet amour semble rendre aveugle, car l’Union européenne, qui aujourd’hui garantit ces succès, est le synonyme de « loin des citoyens » et de « bureaucratie ». Il s’agit, à l’avenir, de surmonter cette ambivalence.

Une Europe proche des citoyens doit être compréhensible par les citoyens. La transparence, la suppression de la bureaucratie, une meilleure législation, une législation temporellement limitée et également une estimation des coûts secondaires de la législation sont des exigences de base. L’Union européenne du futur doit faire une bonne politique, proche des citoyens, qui rend possible de toucher, de voir et d’expérimenter personnellement une Europe commune. Ce sont les premiers pas pour aller de la technocratie aux citoyens.

L’Europe grandira encore, c’est certain. Les pays des Balkans, la Turquie, les pays voisins à l’Est – ils veulent tous devenir membres. Est-ce que l’Union européenne peut soutenir un tel élargissement ? Il y a une réponse simple : pour chaque pays autant d’Europe qu’elle veut. Très clairement on doit retenir des succès européens que marcher ensemble doit se faire sur la base du volontariat. Cependant, pour que les pays qui veulent plus d’unité européenne ne soient pas freinés par ceux qui sont hésitants et frileux, on devrait déclarer et promouvoir une Europe à plusieurs vitesses. Pour l’Euro, ainsi que dans divers domaines politiques particuliers, une telle Europe existe déjà, qui est pourtant toujours honteusement vite rangée sous le tapis. L’idée d’une Europe à plusieurs vitesses a un potentiel de succès. Ici se reflète la vieille idée d’une Europe-noyau, constituée de volontaires pour l’intégration. Des Européens de première, deuxième et troisième classe ? Il ne s’agit pas de cela. Une Europe à plusieurs vitesses aurait des avantages. Elle pourrait ainsi mieux satisfaire les niveaux de développement individuels et les volontés d’intégration respectives pour chaque Etat membre. La décision reviendrait à chaque Nation individuellement, quand se définir et à quelle vitesse. Chaque Etat membre aurait le choix d’appartenir aux innovateurs ou aux suiveurs. Le critère unique pour la progression doit rester la volonté de faire avancer l’idée européenne.

L’Europe est au centre de la vie. L’Europe est et reste un modèle de succès. C’est pourquoi je voudrais poursuivre ces objectifs libéraux également à l’avenir, pour l’Allemagne en Europe.


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Auteurs

Silvana Koch-Mehrin, candidate FDP (Allemagne)

Né le novembre 17, 1970 à Wuppertal Études d’économie politique et d’histoire (jusqu’en 1995) ; doctorat de recherche sur « l’union monétaire dans une perspective historique » (1998). Cofondatrice et gérante d’un cabinet de conseil en gestion (...)

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L’opération, indépendante, est financée intégralement par la Fondation Hippocrène.

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