La Commission européenne s’apprête à lancer cette semaine l’un des grands chantiers – et probablement l’un des grands champs de bataille – de la politique européenne pour les deux prochaines années : celle du prochain cadre budgétaire de l’UE, qui déterminera les grandes orientations politiques de l’Europe de 2014 à 2020.
La Commission devrait soumettre son projet initial mercredi 29 juin, lequel sera ensuite soumis à de longues négociations entre Etats membres et Parlement européen, qui devraient s’étalaient jusque dans le courant de l’année 2013. Les grands enjeux de cette négociation sur le « cadre financier multi-annuel » de l’EU (selon le langage savant) sont aussi simples à résumer que difficiles à résoudre : comment augmenter le financement des politiques d’avenir telles que la recherche, l’innovation, la lutte contre le changement climatique ou la politique étrangère, sans réduire de manière trop importante les politiques historiques (comme l’agriculture et la politique régionale), et sans augmenter le budget global de l’UE, ce que plusieurs Etats membres ont demandé au nom de l’austérité budgétaire ?
L’une des solutions réside dans la réduction des dépenses administratives de l’UE, c’est-à-dire dans la baisse des traitements versés aux fonctionnaires européens, que bon nombre d’Etats membres ont pris en grippe depuis un certain nombre d’années. L’autre innovation visée par la Commission est de créer de nouvelles « ressources propres » qui la rendraient plus indépendante des versements financiers des Etats membres. Plusieurs possibilités sont actuellement à l’étude, la plupart étant d’anciennes idées comme une taxe sur le secteur financier, de l’aviation ou une sorte de TVA européenne. Quelle que soit l’option retenue, elle devrait être très difficile à mettre en œuvre vu le contexte anti-européen actuel.


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