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ROMS : la première minorité d’Europe

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Aux racines d’un peuple sans terre

Les Roms, ceux aussi appelés « les Romanichels », « les tsiganes », « les manouches », « les gens du voyage » forment la première minorité ethnique d’Europe avec 10 Millions d’âmes de l’Atlantique à L’Oural. 6,5 millions d’entre eux vivent dans les pays d’Europe centrale et orientale. Ils représentent plus de 5% de la population dans certains pays, avec un record de 10% en Slovaquie et Roumanie. Avec l’adhésion des PECO et l’adhésion programmée de la Roumanie et de la Bulgarie, la question de l’intégration ou de l’exclusion des Roms, déjà objet de l’attention du Conseil de l’Europe, devient à présent une question d’actualité pour l’Union Européenne, confrontée à sa volonté et son objectif de société démocratique.


Les Roms constituent la plus ancienne minorité ethnique d’Europe. D’origine indienne, ils seraient arrivés en Europe centrale dès le 12e siècle. Malgré cette histoire centenaire, les Roms restent encore largement méconnus et victimes de l’hostilité des populations locales, des non Roms qu’ils nomment eux-mêmes les « Gadjé ».

Les Roms se sont dès leurs débuts présentés comme travailleurs ponctuels artisans, commerçants, artistes, indépendants et polyvalents. Cette manière de faire possédait et possède toujours ses atouts économiques répondant aux besoins d’une population sédentaire dispersée.

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Tableau : Population Tsigane en Europe et au Moyen-Orient (Source : d’après Eliznik)

Pays

Arrivée
(siècle)

Population actuelle estimée

Nom commun

Etymologie

Désignation ethnique

Afghanistan

 

20,000

Gurbet

Arabe « garib=étranger »

Ghorbati, Jalili, Pikraj, Shadibaz

Albanie

 

 

Medjup

= Egypte

 

Armenie

 

 

Lom

= Rom

 

Autriche

XIVe

40,000

 

 

Sinti, Rom (Kalderash, Lovar)

Angleterre

XVe

50,000

Gypsies

= Egypte

 

France

XVe

300,000

Tsiganes

Grec « Atsinkanos »

Rom, Sinti, Kalo

Allemagne

XVe

80,000

Zigeuner

Grec « Atsinkanos »

Sinti, Rom

Grèce

XIe

300,000

Ejifos

= Egypte

Rom, Handuria

Hungary

XVe

600,000

Ciganyok

Grec « Atsinkanos »

Rom, Vlahura

Italie

XVe

85,000

Zingari

Grec « Atsinkanos »

Sinti, Rom

Iran / Perse

450

100,000

Karachi

= « noir »

Kouli, Ghorbati, Fiuj

Irlande

XVe

20,000

 

 

 

Pays-Bas

XVe

35,000

 

 

Sinti, Rom (Lovar, Kalderash)

Roumanie

XIVe

1,000,000

Ţigani

Grec « Atsinkanos »

Rom (Aurari, Kalderash, Lautan)

Russie

XVe

250,000

 

 

Luli, Bosha, Marangar, Lovar

Serbie

XIIIe

800,000

Gitanos

= Egypte

Rom (Gurbeti, Arlije, Kalderash)

Espagne

XVe

800,000

Gitanos

= Egypte

Kale

Turquie

 

500,000

Chinguene

 

Arlije

Tableau : Population Tsigane en Europe et au Moyen-Orient (Source  : d’après Eliznik)

Longtemps les Roms ont pu rester des gens du voyage, mais, dès le XXe siècle, le choc culturel s’est peu à peu affirmé, un climat d’exclusion s’est gravement dessiné jusqu’à atteindre son paroxysme par l’extermination nazie des Roms au cours de la seconde guerre mondiale qui emporta 600 000 d’entre eux. L’histoire s’est ensuite calmée sous la main mise soviétique sur l’Europe centrale et orientale dont la politique d’industrialisation communiste, avide de main d’œuvre peu qualifiée, absorba et sédentarisa une grande partie des Roms de ses régions. Au début des années 90 l’histoire reprit son cours sous les feux des discours xénophobes et du réveil de l’affirmation identitaire des Roms.

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L’exclusion, alimentée de part et d’autre, par les Roms eux-mêmes et par les populations locales, est bien le nœud du problème. Les Roms constituent une minorité sociale, linguistique et parfois confessionnelle, qui entretient son statut d’exclus par des traits collectifs qui les incitent à se méfier du monde extérieur et à défendre leur identité collective en repli sur eux-mêmes, jusqu’à ne permettre le mariage qu’entre Roms et rejeter les systèmes d’éducation des gadjé. La situation économique des Roms est déplorable. « Entre 60% et 80% des Roms de Hongrie en âge de travailler seraient sans emploi. Plus de 60% des Roms de Roumanie vivraient sous le seuil local de pauvreté ; 80% d’entre eux n’auraient aucune qualification. Dans certaines communautés du Sud et de l’Est de la Slovaquie, c’est la totalité des Roms adultes qui seraient privés de ressources. En Grande-Bretagne, 10 à 20% des travellers locaux vivraient dans le dénuement le plus complet tandis que 70% à 80% des Roms établis dans certaines villes de France seraient bénéficiaires du revenu minimum d’insertion » (A. REYNIERS, « Les Roms d’Europe entre exclusion et intégration », Liberté, mai 2005). Il faut encore citer les problèmes sanitaires et d’hygiène qui marquent encore plus la fracture avec la société qui, indifférente, semble, évoluer à côtés de ces populations reléguées au bas de l’échelle sociale, en marge du progrès.

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Quelle piste de solution ? La question est délicate étant donné encore l’hétérogénéité de la population Roms parmi lesquels certains se sont sédentarisés, d’autres restés itinérants. Comment aborder le problème : chercher la reconnaissance d’une minorité nationale ou d’une nation sans territoire ? Faut-il creuser la voie d’une autonomie politique croissante ou celle de la coopération avec les non-roms ? Leur faut-il épouser le progrès et se mettre au niveau de la société moderne ou rester sur le tracé de la tradition qui les a guidés jusqu’ici ? Combiner modernité et tradition, intégration et autonomie, cadre national et international, tel est le vaste programme complexe auquel les politiciens devraient s’atteler par de subtils équilibres, avec peut-être pour seul début de fil conducteur l’emblématique identité Rom. En effet, l’identité collective des Roms est restée forte et peut être utilisée comme levier de cohésion dynamique et positive en vue d’une plus ample adaptation contemporaine, sans encore parler véritablement d’intégration… . Mais face à un monde qui les laisse pour compte, leur recherche identitaire flirte aussi souvent avec certaines affirmations spirituelles, religieuses, évangélistes et charismatiques vers lesquelles les Roms semblent s’être davantage tournés ces dernières années, ce qui ajouterait encore une nuance et des complications supplémentaires à la problématique.

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Concrètement, les initiatives européennes

Concernant la question des Roms, l’Union européenne reste fidèle à ses idéaux de protection des minorités, de lutte contre le racisme et l’intolérance, de combat contre l’exclusion sociale. Elle travaille en collaboration avec le Conseil de l’Europe qui a établi un comité de spécialistes sur les Roms et les Gens du voyage qui s’appuie sur les principes inscrits dans la convention sur la protection des minorités. Les initiatives européennes se concentrent au niveau de la Commission européenne, de la D.G. Emploi et Affaires sociales, de la D.G. Elargissement, de la D.G. Relations extérieures.

La D.G. Emploi met actuellement en œuvre un projet de lutte contre les discriminations par le biais de trois programmes transnationaux gérés par l’Association Gitanos, l’Institut de Berlin et le Syndicat pour l’éducation. Un programme de formation pour les Roms existe depuis mai 2005. Un rapport de 2004 sur les Roms dans l’Union européenne élargie formule des recommandations en matière de logement, d’éducation, d’emploi et de santé. En affaires sociales, la D.G. coopère avec le Bureau européen d’information sur les Roms (ERIO) au sujet des violations des droits de l’homme concernant les Roms.

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Concernant le futur élargissement à la Bulgarie et la Roumanie, le suivi prévu lors des négociations d’adhésion s’applique aussi à la situation des Roms et continuera jusqu’à l’adhésion. Deux millions deux cent mille euros sont actuellement alloués à la Bulgarie dans le cadre du programme PHARE pour des projets en faveur des minorités défavorisées. Neuf millions d’euros sont consacrés à des projets dans le domaine de la santé, de l’éducation et des services publics mettant spécifiquement l’accent sur les Roms. Trente millions d’euros sont disponibles pour des projets ciblant les minorités ethniques. Parmi les activités prévues figurent un programme de sensibilisation de l’opinion publique sur les Roms, ainsi qu’un projet en faveur d’une éducation de qualité mettant particulièrement l’accent sur cette communauté.

La D.G. Relations extérieures déplace à présent sa priorité accordée aux Roms vers l’Ukraine et la Moldavie. Cependant, la D.G s’occupe des violations des droits de l’homme en général, si bien que les ressources disponibles pour les questions relatives aux Roms sont limitées.

Outre les initiatives de l’Union et du Conseil de l’Europe, un important programme « Décennie pour l’intégration des Roms » est à signaler. Il s’agit d’une initiative régionale visant à combler l’écart entre les Roms et les non-roms, initiative soutenue par la Banque mondiale, l’OSCE, l’Union européenne et l’Open Society Institute. Elle concerne quatre domaines : l’éducation, l’emploi, le logement et la santé, et s’appuie sur des plans d’action que les gouvernements seront chargés de mettre en œuvre au cours des dix prochaines années. Il est proposé d’établir le secrétariat à Budapest ou à Bucarest et de l’internationaliser.

Les initiatives ne manquent donc pas, mais reste encore la question du contrôle de la mise en place et du bon déroulement des programmes qui dans le cadre de la problématique des Roms revêt une dimension particulière en raison de la non-coopération des populations tsiganes et de leur manque de formation empêchant souvent la gestion de l’aide qui leur est procurée. Peut-être sommes-nous actuellement encore au stade de recueil de données et prise de conscience du rejet séculaire dont les Roms ont fait l’objet ? Encore une fois aussi l’Union européenne apparaît le vecteur de la prise en compte du problème des Roms, aux confins de problèmes politiques, économiques, sociaux, ethniques et historiques.

Vignette d’illustration : le drapeau de la division « Roms et gens du voyage » du Conseil de l’Europe, inspiré du symbole de la communauté Rom (roue de charette)


Crédits cartographiques et photographiques :

- O Vurdon : http://www.vurdon.it

- Eliznik : http://www.eliznik.org.uk

- Encyclopédie multimédia de la Shoah : http://memorial-wlc.recette.lbn.fr/article.php?lang=fr&am...

- Nigel Dickinson : http://nigeldickinson.com/gallery/Gypsies

- Laroumanie.free.fr : http://laroumanie.free.fr/tourisme/010a/15.html

- Antoine Durand : http://www.antoinedurand.canalblog.com/

- Ville de Pamiers : http://ville-pamiers.fr/


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Jean-Luc Calon
3 avril 2008
11:20
ROMS : la première minorité d’Europe

Bonjour, à ce jour je réalise un livre sur les Gens du voyage et je suis à la recherche de photos, dessins, gravures libres de droits d’auteur !

Merci de me faire savoir si vous pouvez m’aider !

Cordialement

jean-luc.calon@orange.fr

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Diplômée en droit des Facultés Universitaires Saint-Louis (Bruxelles), Bénédicte est licenciée en droit de l’Université catholique de Louvain où elle également obtenu un Master d’études européennes, après un échange au Center for European Studies de (...)

Sur internet

Conseil de l’Europe
Comité consacré aux Roms

Commission Européenne
la situation des Roms dans l’Europe élargie

Université de Laval au Québec
origines et caractéristiques ethnico-linguistiques de la minorité Tsigane

Centre de médiation des gens du voyage en Wallonie
Site officiel

Etudes Tsiganes
Site officiel
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Inspiré des méthodes de fact checking américaines, le site décortiquera jusqu’au second tour les interventions des candidats et la place réservée aux questions européennes dans les médias avec un double objectif : démêler le vrai du faux et mesurer la place de l’Europe dans le débat.

L’opération, indépendante, est financée intégralement par la Fondation Hippocrène.

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