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Résultats des élections européennes : la fin d’un cycle

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L’Europe est-elle à bout de souffle ? Les forces fondatrices, social-démocratie et démocratie chrétienne, se délitent partout en Europe

Les résultats des élections européennes signent la fin d’un cycle : le PPE se divise, le PSE est laminé, l’extrême droite et les Verts triomphent. En toile de fond, l’abstention progresse.


La grande gagnante des élections : l’abstention

Avec un taux d’abstention de 60% en France, au Royaume-Uni et en Pologne, ces élections européennes n’ont clairement pas mobilisé les foules. A plus de 57% en moyenne (45,4% en 2004), les européens ont préféré partir à la pêche plutôt que d’élire leurs représentants au Parlement européen.

Faible perception des enjeux, sentiment d’impuissance de la part de bon nombre d’électeurs, désintérêt des médias : les explications sont nombreuses. Difficile de dire avec précision à qui profite cette abstention, même si, traditionnellement en Europe, l’électorat extrémiste est plus mobilisé que l’électorat modéré.

A droite, les réponses à la crise convainquent... mais restent purement nationales

Le triomphe électoral de la droite en Europe est sans appel : 38% pour la CDU-CSU en Allemagne, près de 40% pour le PDL en Italie, 28,5% pour l’UMP en France, 32% en Grèce. Même quand ils sont dans l’opposition au niveau national, les Conservateurs ont gagné haut la main : en Espagne, le Parti populaire a ainsi obtenu 43% des voix. En Hongrie, en Bulgarie et au Portugal, les conservateurs l’emportent haut la main.

Partout en Europe, chrétiens-démocrates et conservateurs ont réussi à conjuguer enjeux nationaux et enjeux européens, d’une part en personnalisant les élections (très forte implication de N. Sarkozy, d’ A. Merkel, de S. Berlusconi et de M. Rajoy dans leur pays respectif), d’autre part en insistant sur les propositions clés : position ferme par rapport à la Turquie, emprunt d’une rhétorique de la « protection », traditionnellement de gauche, maintien d’un sentiment que le cap est gardé dans la crise (en Italie, en France, en Allemagne) face à une gestion de crise décrite comme calamiteuse de la part des gouvernements sociaux-démocrates (en Espagne ou au Royaume-Uni).

De manière générale, les campagnes des droites européennes restent cloisonnées dans le cadre national : pas de campagne du candidat Barroso, pas de campagne du PPE.

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Une nouvelle droite ?

A. Merkel, S. Berlusconi et A. Merkel se sont beaucoup investis dans la campagne européenne. Maintien du cap en période de crise, promotion d’une Europe de la protection : les droites européennes sont à l’unisson et sont en position de force.

En outre, les droites nationales ont réussi à convaincre les électorats de leur mue politique : les Conservateurs anglais assument des positions plus « vertes » et plus « sociales » sur le modèle des Modérés suédois. S. Berlusconi, N. Sarkozy ou A. Merkel symbolisent, chacun à leur manière, cette nouvelle droite : la vieille démocratie chrétienne est dépassée. Avec elle, c’est tout le Parti populaire européen qui se divise (centristes contre libéraux, fédéralistes contre eurosceptiques).

A gauche, la social-démocratie est condamnée à se renouveler

Partout en Europe, la social-démocratie recule ou stagne. En France, le PS chute de 9%. Au Royaume-Uni, le New Labour dégringole. Aux Pays-Bas, le recul est historique : le parti travailliste (PvdA) perd 3 sièges . En Espagne et au Portugal, les socialistes, au gouvernement, récoltent 40% et 30% . En Allemagne, les sociaux-démocrates ne récoltent à peine que 20,8% . En Italie, l’opposition démocrate parvient à peine à 30%. Seule la Suède, le Danemark et la Grèce enregistrent une victoire modeste des sociaux-démocrates (respectivement 21 et 36%).

Plus que jamais, la social-démocratie européenne doit se renouveler. Le cocktail de troisième voie blairiste et de néo keynesianisme adopté par les socialistes européens à partir des années 1990 ne semble pas avoir convaincu les électeurs, même en période de crise.

En dépit des propositions de leur manifesto, aux yeux des électeurs, les socialistes européens n’ont pas trouvé une réponse adéquate aux nouveaux enjeux (immigration, nouvelles technologies, écologie) et surtout aux nouvelles forces politiques à droite (transformation d’une droite démocrate-chrétienne en une nouvelle droite, comme en Italie) ou à gauche (émergence de nouvelles forces, comme Europe-Ecologie).

Ce ne sont pas seulement les propositions des socialistes européens qui sont critiquées, c’est leur image. En Belgique, au Royaume-Uni, en Espagne, en France (à Hénin Beaumont, dans le Nord), en République tchèque, en Hongrie, les socialistes doivent faire face à des accusations de corruption, de malversations ou de mauvaise gestion. En jouant sur le registre du « tous pourris » et en attirant un électorat ouvrier, l’extrême droite est la principale bénéficiaire de telles situations.

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Des partis socio- démocrates en perte de vitesse

Malgré un manifeste commun, les leaders socialistes n’ont présenté aucun candidat alternatif à la tête de la Commission. Ils enregistrent un recul historique.

En outre, l’hésitation à présenter un candidat alternatif à J. M. Barroso à la tête de la Commission a renforcé l’image d’une social-démocratie complice de la droite, ou tout du moins passive. De manière générale, les socialistes présents dans des gouvernements de coalition avec la droite s’effondrent : en Autriche, en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas.

Cette chute devrait être l’occasion d’une remise en question sérieuse de la part de la social-démocratie européenne. Le choix est clair : mourir à petits feux ou se renouveler. Le renouvellement pourrait passer par un changement de logiciel politique, un changement de génération qui serait porté par un candidat commun. A quand un Obama européen ?

Au centre, les forces progressent.

Les électeurs européens rejettent le bipartisme. Même dans des pays traditionnellement majoritaires, les forces alternatives progressent : en Grèce, au Royaume-Uni, en République tchèque, en France, les Verts et les libéraux enregistrent des succès considérables. Même en Italie, le centre capte des électeurs déçus de l’opposition et ne voulant pas voter pour S. Berlusconi.

La petite entreprise des Libéraux ne craint pas la crise

En dépit de la crise financière et d’une remise en question mondiale des politiques néo-libérales, les libéraux et démocrates européens enregistrent de nombreux succès. Ceci est dû au fait qu’ils restent perçus comme sérieux quand ils sont au gouvernement (en Belgique, en Finlande, au Danemark) ou dans l’opposition (en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni). En se plaçant comme une alternative crédible au centre (voire tantôt plus à gauche, tantôt plus à droite), ils sortent gagnants de ces élections européennes : en France, le MoDem est à 8,5%, au Royaume-Uni, les libéraux roumains atteignent 16 %.

Les Verts surfent sur la vague

Avec un véritable programme européen (le Green New Deal) et en se positionnant également comme une alternative au bipartisme, les Verts européens figurent parmi les grands gagnants de ces élections : ils sont les seuls à voir le nombre de leurs eurodéputés augmenter de 43 à 60 eurodéputés !

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Les Verts : une alternative qui convainc

Avec un programme commun, en se présentant comme une alternative aux grands partis tout en étant clair sur la reconduction de J. M Barroso, les Verts sortent gagnants de ces élections.

Ils triomphent dans leurs bastions (Allemagne, Belgique, Luxembourg) mais aussi sur des terrains plus difficiles (Pays-Bas, France). En France, Europe Ecologie atteint 15% et dépasse largement le PS en Ile de France et Sud Est. La Scandinavie est témoin d’une même poussée écologiste. De manière très surprenante, ils enregistrent leur plus grand succès au Royaume-Uni et en Grèce. L’Europe de l’Est ne compte toujours pas d’élu vert. Seule l’Europe du Sud semble encore leur faire défaut : en Italie, les Verts parviennent seulement à sauvegarder leurs sièges, en Espagne, ils n’y parviennent pas. Chypre, Malte et le Portugal leur restent inaccessibles.

Ce succès s’explique par la prise de conscience croissante des thèmes environnementaux chez les citoyens européens ainsi que par un raz-le-bol des grands partis, à droite comme à gauche.

L’extrême droite, nouveau spectre qui hante l’Europe ?

Si elle recule en France ou en Italie, la droite extrême progresse de manière significative en Autriche, aux Pays-Bas, en Bulgarie, en Hongrie, en Belgique, en Pologne et au Royaume-Uni.

Avec ce scrutin, les frontières s’estompent peu à peu entre une droite extrême, ultra conservatrice et ultra souverainiste, et une extrême droite nationaliste et anti européenne. En effet, il est difficile de situer les élus de la liste DeDecker, en Belgique, par rapport à J- M. Le Pen (en France) ou à G. Wilders aux Pays-Bas : même rejet de l’islam, même antisémitisme (latent ou affiché), même europhobie (anti-fédéralisme) militante, même goût pour la provocation.

La récente décision des Conservateurs anglais (pourtant centristes sur bien des points) et de l’ODS tchèque de former un groupe avec les ultra conservateurs polonais de Droit et Justice (aux relents xénophobes et nationalistes) renforce cette impression de flou politique. Difficile de dire combien on comptera de groupes eurosceptiques conservateurs au lendemain des élections. Mais une chose est certaine : les souverainistes de droite, modérés (comme l’UKIP ou Libertas) ou plus radicaux (comme la Ligue du Nord ou le Front National) ont gagné de nombreux sièges.

Le délitement des partis sociaux-démocrates, la montée de l’abstention, le sentiment d’abandon des populations les plus pauvres face à la crise, la perception de menaces toujours plus lourdes (entrée de la Turquie ? Bruxelles décrit comme un monstre bureaucratique sans visage) expliquent cette montée de l’extrême droite.

Le radeau de la gauche de la gauche

En dépit de la crise financière et d’une remise en cause du modèle libéral, les partis communistes et néo-socialistes européens coulent doucement. Les partis communistes, même au prix d’alliances avec les déçus de la social-démocratie, stagnent ou chutent dans leurs bastions traditionnels : Allemagne, Espagne, France, Grèce, Italie.

L’euroscepticisme kéynesien d’Europe du Nord ne convainc plus : en Suède, au Danemark, en Finlande, les élus de la GUE/ NGL ne vont pas retrouver leurs sièges au Parlement.

Dans l’Europe de l’Est, les communistes et néo-socialistes ne percent pas.

Là encore, les partis de gauche de la gauche doivent se renouveler profondément s’ils veulent enrayer leur déclin.


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Comprends rien !
7 juin 2009
23:25
Résultats des élections européennes : la fin d’un cycle

Le PPE a fait un carton... Ce qui paraît incroyable vu le contexte actuel et sa position sur la (dé-)régulation... Ca me paraît être une belle escroquerie...

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Martin
7 juin 2009
23:40
Résultats des élections européennes : la fin d’un cycle

Il y a urgence à tout faire, et pas seulement de la com, pour mettre fin à la baisse continue de la participation aux européennes... Nous devons continuer à nous mobiliser chez les Euros pour mettre en avant les grands sujets discutés à l’échelle de l’UE et faire comprendre au plus grand nombre possible l’importance du Parlement européen. Si le déclin de la participation aux européennes continue, l’UE va dans le mur.

Mais ça ne sera pas suffisant... Il faut parler plus d’Europe à l’école, il faut permettre au plus grand nombre de bénéficier d’Erasmus, etc. Il y a du pain sur la planche...

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Comprends tout
8 juin 2009
00:07
Résultats des élections européennes : la fin d’un cycle

La démocratie ne tient à pas grand chose...

Il suffit de mettre un film à la télé juste avant les élections pour que la conscience écolo se réveille... Et une ptite polémique à 3,5 francs... et un leader charismatique...

Je propose de mettre « Home » à la télé tous les jours afin que l’humanité finisse par se décider à sauver la planète...

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dg
8 juin 2009
08:25
Résultats des élections européennes : la fin d’un cycle

G.Wilders aux pays Bas n’est pas anti sémite. Les juifs ont toujours respecté les régles et lois des pays où ils vivent, ce qui n’est pas le cas de l’islam. Les pays occidentaux n’ont jamais été judaisés : il n’ y a pas de prosélytisme juif. Les musulmans sont prosélytes : ils pénètrent la société occidentale en sous marins...bonne chance à nos descendants, pour ceux qui en ont !

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Ziberal
8 juin 2009
09:58
Le libéralisme pour les débutants
Résultats des élections européennes : la fin d’un cycle

Votre article est intéressant, mais ce qui est surprenant, c’est votre phrase « la remise en cause des politiques libérales ».

remise en cause par ceux qui coulent.

Pour les libéraux, cette crise est surtout une remise en cause des politiques monètaires dirigistes et interventionnistes de l’Etat.

C’est une remise en cause des privilèges accordés aux banques.

C’est une remise en cause de l’interventionnisme pas du libéralisme.

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c.charvet
8 juin 2009
10:22
Résultats des élections européennes : la fin d’un cycle

Le danger le plus sournois qui menace l’europe, et la Suisse en particulier, se n’est pas uniquement la récession mais bien le prosélytisme islamique. A lire les frères Ramadan,qui ne se gênent point de donner des directives à nos autorités sous forme de chantage, on comprend mieux les buts de ces deux compères. Ils profitent de la complaisance de nos médias pour faire l’apologie des pratiques islamistes tels que le port du voile, la soumission des femmes et j’en passe. Alors que dans les pays qui sont soumis à la loi de la charia, il n’existe aucune forme de démocratie, les voilà qu’ils se permettent de nous donner des leçons et vouloir nous l’imposer sournoisement C’est un comble !! La presse devrait boycoter ces deux énergumènes au lieu de les inviter à toutes occasions. Un démocrate

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Pierre ROCA
8 juin 2009
11:12
Résultats des élections européennes : la fin d’un cycle

Rien à voir avec notre article.

moreno bucci
8 juin 2009
13:14
Résultats des élections européennes : la fin d’un cycle

L’Europe va-t-elle à droite ? N’oublions pas que la politique des la plupart des gouvernements européens à été longtemps visée à faire de l’Union la responsable de tous dégats intérierurs, sortis, au contraire de leurs politiques. On traite souvant des questions nationales et nationalistes et, de côté droite, on fait appel plutôt au ventre qu’à la raison (immigration en tête). Pour en finir je pense que les choses vont ancore bien, les effects de la crise du ’29 ont emmené Hitler à la victoire en Allemagne et, en peu partout en Europe surgit un rebond de la droite. Côté gauche il faudrait se renouveler, pas seulement en personnel politique, mais aussi dans les reponses à la crise de la mondialisation en acte.

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jolura
15 juin 2009
23:17
Résultats des élections européennes : la fin d’un cycle

En Allemagne, le spd n’a absolument pas joué la carte du PSE. On a assisté à une campagne purement nationale. Le logo même du pse était absent des affiches et le manifesto jamais évoqué. Je me demande parfois si les socialistes sont européens. Y a -t- il une tradition européenne, fédéraliste, chez les socialistes ? Si quelq’un a des pistes ou des références je suis preneur. j’ai l’impression que les socialistes sont surtout nationalistes.Celà tient sans doute à leur thème de prédilection, le social et l’emploi : les politiques et mesures proposées n’évoluent que dans un cadre national

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Auteurs

Antoine Bargas

Rédacteur en chef adjoint de la version francophone

Antoine est diplomé de Sciences Po Paris (Master Affaires Européennes) et de l’ Université Bocconi de Milan. Dans le cadre du programme Erasmus, Antoine a passé un an à étudier à l’ université d’ Uppsala, en Suède. Après plusieurs stages en France (Air (...)

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