La gestion de Galileo par la Commission européenne soulève de grandes inquiétudes. Faute de budgets suffisants et d’un leadership politique clair, la Commission freine le déploiement de la constellation de satellites et envisage des solutions bancales pour mener à bien le projet.
Au départ prévue pour 2008, l’achèvement de la constellation complète de satellites n’est désormais prévue que pour 2019-2020… si tant est que l’UE ne revoit pas à la baisse ses objectifs en termes de qualité de signal.
Pour financer les dépassements budgétaires de la phase de déploiement (1.9 milliard d’euros selon la Commission) et financer les coûts d’exploitation de Galileo (que la Commission européenne avait largement sous-estimé, ceux-ci étant évalués aujourd’hui à 800 millions d’euros annuels contre 200 en 2007 pour la période 2014 et 2019), la Commission envisage de proposer un recours aux financements nationaux pour compléter la contribution du prochain cadre financier pluriannuel (au total, le surcoût sera donc de 4.9 milliards d’euros pour le prochain cadre financier, s’il est de cinq ans). Un système ad hoc qui complexifiera encore la mise en œuvre du programme.
Avec un budget européen au rabais, impossible pour l’UE de mettre en place une véritable politique spatiale européenne. Galileo est un formidable projet, malheureusement torpillé dès le départ par certains contributeurs nets opposés à l’émergence d’une « Europe puissance » (Royaume-Uni, Pays-Bas, etc.). La Commission tente tant bien que mal de gérer le premier programme industriel de son histoire, avec les mains liées, un budget insuffisant et les Eurosceptiques (OpenEurope, etc.) en embuscade.


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