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Une Présidence éminemment politique

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Une vision française de l’Europe et des regards européens tournés vers la France. Ainsi pourrait se résumer le contexte d’une Présidence qui se veut éminemment politique. Mais au juste, quelle vision, quels regards ? Lors de son discours devant le Parlement européen, le 13 novembre 2007, Nicolas Sarkozy affirmait que « l’Europe ne peut pas être tenue à l’écart de la vie, à l’écart des sentiments et à l’écart des passions humaines. » Dans une assemblée rompue à une certaine technicité des débats, ces paroles très politiques ont marqué les esprits.


Chacun connaît l’origine de ce positionnement. Dans les milieux « pro-européens », le « non » français à la Constitution européenne, en mai 2005, a retenti comme si l’Union Européenne avait dû suivre un cheminement linéaire soudainement interrompu. Véritable choc pour une partie de l’élite, ce refus ne traduisait pas autre chose qu’un désenchantement citoyen, une lassitude mêlée de frustration. « L’Europe sera un grand idéal, ou l’Europe ne sera plus » : l’idée est claire, l’Union a aujourd’hui besoin de « Politique » et c’est ce que la France compte lui apporter lors de ce second semestre 2008. Mais si l’intuition semble juste et le diagnostic pertinent, il reste à passer des paroles au concret. Or, la France saura-t-elle dépasser la double contradiction du fossé permanent entre son élite et ses citoyens et du décalage entre ses actes et ses intentions ?

Dans une interview récente à Euros du Village, Pierre Moscovici, ministre des affaires européennes lors de la Présidence Française de 2001, relevait que trois conditions « président » à une bonne Présidence : faire preuve de « modestie, de respect et d’exemplarité ». À travers ces principes, déterminés par la pratique, c’est à la fois la posture française et la gestion des dossiers qui seront attendus au tournant par vingt-six États membres, les institutions européennes et les citoyens.

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Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d’Etat aux affaires européennes

Ancien membre du Parti socialiste, il a décidé l’année dernière de rejoindre le gouvernement de F. Fillon. Apprécié à Bruxelles, il est considéré comme le meilleur atout français au niveau européen.

Modestie : ce terme résonne comme s’il fallait conjurer le sort d’une forme d’arrogance typiquement française. La France peut se revendiquer d’être d’une force de proposition majeure en Europe, certes, mais elle a du mal à mener à bien ses propres initiatives, à respecter des règles qu’elle a elle-même approuvées et reste prompte à donner des leçons. De l’échec de la Communauté européenne de défense (CED) à celui de la Constitution, des critères de Maastricht au Traité de Lisbonne dont l’adoption doit beaucoup à l’habileté d’Angela Merkel, les exemples sont nombreux. Le style personnel du président ou encore les premiers pas de l’Union pour la Méditerranée, projet phare de la Présidence Française, ont transformé les attentes en appréhensions : enclin à agir trop tôt, trop seul, sans consulter les 27, Nicolas Sarkozy aura plusieurs fois côtoyé les limites du respect vis-à-vis de ses partenaires, au premier rang desquels l’Allemagne. Par ailleurs, alors que la gouvernance économique de la zone est sont érigée en priorités, l’exemplarité française est toute relative en matière économique et budgétaire.

Affaire de symboles, ces six mois reviennent, par facilité de langage, à une « Présidence de l’Union Européenne » même si elle se limite à celle du Conseil de l’Union. En matière de communication, ce détail sémantique a son importance, d’autant que le terme « Présidence » revêt des connotations bien différentes à Paris et à Bruxelles. On analyse davantage une capacité à diriger, à décider, à déployer les attraits de sa puissance lorsqu’il s’agit de gouverner une nation. On prête plus attention à l’aptitude à impulser, à s’élever et à faciliter les compromis lorsqu’il s’agit d’une institution intergouvernementale.

Cette Présidence se veut un moment privilégié de réconciliation des Français avec l’Union européenne, tache à laquelle s’attèlent les Euros du Village au quotidien. En décalage inquiétant avec ses citoyens, l’Union européenne est, par certains aspects, bien française. Peut-être gagnerait-elle à se laisser un peu plus gagner par la politique. Or, des Jeux Olympiques de Pékin à l’élection du Président du Conseil européen, l’agenda de ces six mois regorge d’opportunités en la matière. L’enjeu européen est probablement là. L’enjeu français est lui, à l’inverse, de considérer enfin que la volonté ne peut pas tout.


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un citoyen de l’Helvétie
12 janvier 2009
21:37
une présidence éminemment politique
Une Présidence éminemment politique

L’ue est une construction chimérique et surtout anti démocratique, de plus en plus dominée par une allemagne arrogante qui n’a jamais abandonné les rêveries du kaiser et de herr kantzler hitler.

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Auteurs

Mathieu COLLET

Président, directeur

Créateur d’Euros du Village, Mathieu dirige le projet. Il est également président d’Euros / Agency, agence de conseil en stratégies de communication créée en décembre 2011. Diplômé de Sciences Po Grenoble, d’un DEA de Sciences Politiques, et d’un Master (...)

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Vigie 2012 : le fact-checking européen de la présidentielle

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