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Les Balkans occidentaux : en route pour l’Union européenne ? (3/7 : Le KOSOVO)


L’Union européenne et la question du Kosovo

Les relations entre l’Union européenne et le Kosovo, province serbe, sont à la fois multidimensionnelles, complexes et pour une partie antinomiques. L’UE est le plus grand donateur financier pour le Kosovo, la mission de l’ONU au Kosovo (MINUK) a son propre pilier européen et l’UE a clairement indiqué à plusieurs reprises qu’elle était prête à prendre en charge l’administration du Kosovo à la place de la MINUK. A long terme, l’avenir du Kosovo est en Europe – mais la question est de définir le statut du Kosovo lors de sa future entrée dans l’Union. Les relations Union européenne – Kosovo dépendent ainsi directement des discussions sur la question du statut du Kosovo. Comment se déroulent les négociations sur le statut ? Quels sont les scénarios possibles pour le statut futur du Kosovo et quel est, enfin, dans le cadre des premières conclusions rendues le 13 décembre 2007, le scénario qui se matérialisera concrètement au début 2008 ?

Le Kosovo, province serbe : « Personne n’a le droit de vous frapper »

Lorsque les Européens évoquent aujourd’hui le démembrement de la Yougoslavie, ils oublient souvent que les soulèvements, manifestations et décisions politiques principales, qui ont conduit à l’effondrement de l’Etat multinational, prennent leur source au Kosovo.

Le Kosovo


Superficie : 10877 km2
Nombre d’habitants : env. 1,9 million
Composition ethnique : 90 % d’albanais, 6 % de serbes, 4 % autres (Roms, Monténégrins, Bosniaques, Juifs etc…)
Président : Fatmir Sejdiu
Premier ministre : Agim Ceku (peut-être prochainement remplacé par Hashim Thaci)
Economie : Le Kosovo est la région la plus pauvre de l’ex-Yougoslavie, commerce de matières premières, énorme déficit de la balance commerciale

Dès le début des années 1980, des révoltes et manifestations éclatèrent au Kosovo, car la province à majorité albanaise (environ 90 % de la population) réclamait le statut de république en Yougoslavie. Le Kosovo n’obtint jamais ce statut, qui aurait, selon les conclusions de la Commission Badinter de 1992, légitimé une indépendance future. Cependant, la province acquit une large autonomie, incluant des libertés linguistique et culturelle, dans le cadre de la nouvelle constitution yougoslave de 1974. Les Kosovars albanais étaient majoritaires dans les administrations, ainsi que dans la police, mais au sein du parti communiste du Kosovo, et surtout dans les cercles dirigeants, les Serbes étaient surreprésentés.

Lorsque le nouveau président serbe du parti, Slobodan Milosevic, fit une visite au Kosovo en 1989, les Serbes mirent en scène une manifestation et lancèrent des pierres sur les policiers albanais ; plus tard, ils exigèrent de Milosevic qu’il réagisse à la riposte jugée trop dure des policiers albanais. La phrase célèbre de Milosevic « personne n’a le droit de vous frapper » annonçait la politique de domination serbe au Kosovo et en Yougoslavie. En quelques mois, le Kosovo et l’autre province autonome, la Vojvodine, perdirent toute autonomie et furent administrées directement depuis Belgrade. Au Kosovo, des Serbes fidèles à Milosevic furent promus aux postes de direction, alors que les Kosovars albanais quittaient le parti ou du moins sa direction.

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« Personne n’a le droit de vous frapper. »

Milosevic au Kosovo en 1989.

Devant ces évolutions au Kosovo, d’autres républiques de Yougoslavie eurent peur de la domination serbe. C’est dans ce climat que la Slovénie et la Croatie déclarèrent leur indépendance, suivies plus tard par la Bosnie et la Macédoine. Alors que le monde entier avait les yeux rivés sur les guerres meurtrières en Croatie et en Bosnie, la situation du Kosovo tomba dans l’oubli. Pourtant la minorité serbe, soutenue par le parti communiste de Serbie et l’armée populaire de Yougoslavie, mit en place pendant cette période un régime d’apartheid. L’albanais ne fut plus reconnu comme langue officielle, les Albanais n’eurent plus le droit d’occuper des fonctions importantes dans l’administration, dans les sciences ou dans la justice. Il était souvent impossible pour les enfants albanais d’aller à l’école. L’armée de libération du Kosovo (UCK) vit le jour à cette époque et prit pour mot d’ordre de son combat la pleine indépendance du Kosovo.

L’OTAN pendant la guerre du Kosovo et la résolution 1244 de l’ONU

En 1998, l’armée populaire de Yougoslavie mène des opérations violentes contre l’UCK, utilisant les mêmes méthodes qu’en Bosnie et en Croatie, c’est-à-dire le vol, les expulsions, les viols et les meurtres, et obligeant le reste du monde à réagir. Après l’échec de plusieurs sessions de pourparlers, l’OTAN décide une intervention, malgré l’absence de résolution de l’ONU, empêchée par la Russie. Les discussions actuelles sur les « interventions humanitaires » prennent leur source dans cette décision de l’OTAN de l’année 1999.

Pendant plusieurs semaines, l’OTAN bombarde des cibles serbes au Kosovo et dans toute la Serbie. L’OTAN stoppe son action seulement après l’accord donné par Milosevic de retirer du Kosovo toutes les unités militaires serbes et de laisser la province sous contrôle militaire et administratif de la communauté internationale. Par la suite, le Conseil de sécurité de l’ONU adopta la résolution 1244, qui servit de fondement à la mission de l’ONU au Kosovo. La résolution 1244 définissait aussi le Kosovo comme partie intégrante de la Serbie, même si cette partie était administrée jusqu’à nouvel ordre par l’ONU et sécurisée par les troupes de l’OTAN. Cette résolution pose de gros problèmes de nos jours pour tous ceux qui argumentent en faveur de l’indépendance du Kosovo, car d’un point de vue juridique, le Kosovo fait partie de la Serbie.

Cependant, le Kosovo se développa après l’intervention de l’OTAN de façon complètement indépendante de Belgrade. De nouvelles institutions furent créées, des élections eurent lieu, l’euro fut introduit comme monnaie, une administration kosovarde comprenant aussi une police et une petite armée fut mise en place. Ces mesures, soutenues par la communauté internationale, ont été complètement refusées par la minorité serbe restée sur place. Cette minorité serbe boycotta même les élections de 2007.

Le Kosovo et Pristina négocient – pas de miracle finlandais

Plusieurs années après l’intervention de l’OTAN, on commença à chercher une solution politique pour le Kosovo. Il était évident que les Nations unies auraient un rôle primordial à jouer dans ce processus. L’ancien président finlandais et spécialiste des Balkans Martti Ahtisaari fut chargé, en tant qu’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, de trouver une solution politique pour le statut futur du Kosovo.

Dans ce cadre, la communauté internationale imposa ses conditions aux négociations. Il fut tout d’abord interdit au Kosovo de se rattacher à un autre pays, puis il fut établi que la communauté internationale ne tolèrerait pas un retour à la situation d’avant 1998.

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Martti Ahtisaari

Après deux années de négociations, l’envoyé spécial de l’ONU au Kosovo n’a pas pu trouver une solution de consensus acceptée par tous.

Malgré deux ans de négociations et un rapprochement sur certaines questions centrales, comme la protection des minorités, les Kosovars albanais et le gouvernement serbe ne purent trouver d’accord. Pourtant, les positions de chaque parties étaient claires, les Serbes étaient grosso modo prêts à offrir au Kosovo une large autonomie, mais à la seule condition que le Kosovo reste partie intégrante de la Serbie. Dans ce sens, ils argumentèrent surtout à partir de la résolution 1244 citée ci-dessus et de la description qu’elle faisait du statut du Kosovo. Par ailleurs, ils défendirent leur position en invoquant la signification du Kosovo pour l’histoire et la culture serbe : la bataille du Champ des Merles de 1389 reste dans la mémoire culturelle des Serbes comme symbole de leur identité nationale.

De leur côté, les Kosovars albanais exigèrent une indépendance totale vis-à-vis de Belgrade, incluant la possibilité d’être membre d’une organisation internationale et d’avoir leur propre armée.

Le 19 février 2007, Ahtisaari présenta son plan pour une solution à la question du statut, plan qui ne reposait pas sur un consensus entre les parties mais sur ses propres conclusions et réflexions. Ce plan, devenu célèbre, prévoit la possibilité pour le Kosovo de se porter candidat à l’adhésion à une organisation internationale, mais il n’utilise à aucun moment le mot « indépendance ». Selon le plan, la communauté internationale resterait encore au Kosovo, montrant une forte présence et ayant la possibilité d’influencer le cours des choses. Par ailleurs, la minorité serbe jouirait d’un droit d’autonomie très large. La délégation albanaise accepta ce plan, mais le gouvernement serbe le refusa catégoriquement, arguant du fait que le statut prévu par le plan revenait à donner l’indépendance au Kosovo.

Comme les membres du Conseil de sécurité ne trouvèrent pas de consensus sur le plan Ahtisaari – la Russie argumenta qu’il lui était impossible d’accepter une solution sans l’accord de la Serbie -, de nouvelles négociations furent engagées. Celles-ci n’eurent plus lieu sous l’égide d’Ahtisaari, mais la médiation fut assurée par la Troïka, qui réunit un représentant de l’UE, des Etats-Unis et de la Russie.

Lorsque la dernière négociation, qui se déroulait en Autriche à Bade entre la Troïka et les parties en conflit, échoua en novembre 2007, il devint clair que Belgrade et Pristina ne trouveraient pas de solution commune. Les points de vue des parties faisaient l’objet de trop de controverses. Wolfgang Ischinger, le représentant de l’UE dans la Troïka, expliqua que les médiateurs avaient tout essayé : personnellement, il ne voyait plus aucune chance d’arriver à une solution consensuelle pour résoudre le conflit.

Quels sont les scenario envisageables ?

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Les représentants de la Troïka

Les représentants de la Troïka ne purent convaincre les parties d’un accord

Les trois représentants de la Troika ont rendu compte le 13 décembre de l’état des négociations, le secrétaire général de l’ONU et le conseil de sécurité décideront ensuite de la suite des évènements. Il semblerait cependant que la communauté internationale ne puisse plus intervenir de façon active dans ce processus, mais qu’elle ne puisse que réagir face aux dynamiques en oeuvre dans la région. Différents scénarios sont possibles quant à ce qui se passera par la suite.

1. Scénario de « conflit gelé » La communauté internationale décide de ne pas continuer à négocier pour l’instant, mais de n’entreprendre aucune autre démarche visant à la résolution du conflit. La conséquence en serait un conflit gelé comme il en existe aujourd’hui en Moldavie et en Géorgie. Cette décision figerait la situation de toute la région. Le grand perdant serait l’UE car il lui serait certainement impossible de se charger de la mission des Nations Unies.

2. Le Kosovo déclare unilatéralement son indépendance Une variante plus plausible est que le Kosovo déclare unilatéralement son indépendance. Les USA et la majorité des Etats européens ont déjà fait savoir qu’ils reconnaîtraient cette indépendance. Cette déclaration aurait surtout des conséquences juridiques, car la résolution 1244 ne serait alors plus valable, sans pour autant avoir été remplacée par une autre résolution de l’ONU. Cela poserait en outre un problème à l’UE si elle veut prendre en charge la mission de l’ONU au Kosovo. De plus cette déclaration unilatérale serait un problème pour tous les états qui ont des troupes stationnées au Kosovo sous l’égide de la résolution 1244 (en premier lieu tous les Etats non membres de l’OTAN), car ils devraient retirer leurs troupes dès la déclaration d’indépendance. Ceci mettrait à nouveau en danger l’équilibre fragile lié à la sécurité au Kosovo et serait source d’autres problèmes. Le Kosovo ne pourrait par la suite pas devenir membre des Nations Unies, car la Russie y opposerait son veto. Cependant le Kosovo pourrait poser sa candidature pour devenir membre de la Banque mondiale et du FMI et aussi pour entrer au conseil de l’Europe et dans l’UE.

3. Le Kosovo déclare son indépendance et le Nord du pays fait sécession pour continuer à faire partie de la Serbie. Ce scénario est possible, mais peu probable. Une double indépendance, d’une part du Kosovo et d’autre part des territoires du Nord à majorité serbe a aussi fait l’objet de discussions au sein de la Troïka, mais dès septembre toutes les parties ont exclu un partage du Kosovo. La communauté internationale est elle aussi très défavorable à une partition du Kosovo. Par la suite, ce scénario aurait aussi des répercussions importantes sur la minorité albanaise en Macédoine et la République Srpska en Bosnie. Cela conduirait à de nouveaux conflits ethniques dans toute la région.

4. Le Kosovo devient indépendant et le plan Ahtisaari est mis en oeuvre ? D’après les annonces répétées des Albanais du Kosovo de déclarer l’indépendance dès après le 10 décembre, cette solution semblait être la plus probable. Même le quotidien Balkantimes, plutôt proche de Belgrade, a soutenu cette option à la fin novembre avec ce commentaire : « Back to Plan A ».

5. Le Kosovo reste une province de la Serbie. Cette solution semble être la moins probable, car d’une part les Albanais du Kosovo ont affirmé à maintes reprises être prêts à déclarer - même unilatéralement - leur indépendance et d’autre part ni Belgrade, ni la région entière et encore moins l’UE ne peuvent se permettre de laisser perdurer le conflit de cette dernière décennie. Comme nous l’avons déjà dit, le Kosovo a élaboré entre temps ses propres structures administratives, les adapter au système serbe causerait d’énormes coûts.

Vers quelle solution semble-t-on se diriger dans un avenir proche ?

Le 13 décembre, la situation a quelque peu évolué dans le sens de l’indépendance mais avec un calendrier différent de celui initialement prévu et un flou important sur les modalités pratiques de cette dernière. En effet, les dirigeants européens et américains ont obtenu de la part de M. Thaci (futur premier ministre kosovar) que la proclamation de l’indépendance soit reportée à une date ultérieure aux élections présidentielles serbes qui se dérouleront en janvier et février 2008 alors que ce dernier avait jusqu’à présent insisté sur sa volonté de proclamer cette dernière avant la fin de l’année 2007.

Les Etats européens devraient ainsi, selon les modalités qu’ils préférent et en toute liberté, reconnaître ou pas l’indépendance du Kosovo. L’étape suivante devrait consister en un passage progressif de « relais » entre l’ONU et l’UE. Cette dernière enverrait une mission civile au titre de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), situation que l’ONU reconnaîtrait de fait. On se trouverait donc dans la situation des scenarios 2 et/ou 4. Le problème de l’opposition de la Russie à l’indépendance du Kosovo reste néanmoins présent et il faudra voir comment ces derniers réagissent à cette nouvelle donne lors de la prochaine réunion du Conseil de sécurité 19 décembre 2007 à New York.

Quel que soit l’avenir du Kosovo, l’UE y jouera un rôle essentiel. A long terme Belgrade et Pristina se retrouveront autour de la même table dans les instances de l’UE. A court terme, cette situation semble être une dernière lutte pour le pouvoir, un dernier héritage de l’implosion de la Yougoslavie.


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robert harneis
15 décembre 2007
18:41
Les Balkans occidentaux : en route pour l’Union européenne ? (3/7 : Le KOSOVO)

Un article qui est plus équilibré qu’on a l’habitude de lire. Mais il est clair que l’éclatement de l’ancien Yougoslavie faisait partie des projets des USA et l’Allemagne depuis longtemps. Roosevelt en a même parlé à Eden en 1943 !

L’attaque contre la Serbie en 1998 était excusé par des accusations mensongères. Tout le monde sait maintenant que les accusations de génocide étaient totalement et consciemment fausses et que les vraies motives pour les attaques étaient ailleurs.

Vous dites : -

« A long terme Belgrade et Pristina se retrouveront autour de la même table dans les instances de l’UE. »

Pas si sûr. Il me semble que l’UE a plus besoin de la Serbie que vice versa en ce moment. Quand les Serbes disent qu’ils ne vont jamais pardonner les Américains pour ce qu’ils ont fait, il faut les croire. En plus on est maintenant dans un monde post Putin. Les Russes ne vont pas lâcher le morceau non plus. Déjà ils ont averti l’Otan contre des manoeuvres des unités militaires sur le terrain pour sécuriser la seule centrale électrique qui alimente le Kosovo et située dans la partie Serbe du province.

L’attaque contre la Serbie était illégale et une grosse erreur et l’UE va le regretter pendant longtemps. C’est absurde de dire que ce n’est pas un précédent et quelle foutaise de dire ouvertement qu’il faut attendre d’annoncer l’indépendance pour après les élections en Serbie. C’est peu démocratique et prendre les Serbes pour des idiots.

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Andy
15 décembre 2007
20:21
Les Balkans occidentaux : en route pour l’Union européenne ? (3/7 : Le KOSOVO)

Dans cette histoire il y a une chose qui est vrai ; L’UE a compris les manipulations serbes et réagit comme il faut. Enfin Europe assume ses responsabilité ! fini l’époque où les militaires serbes massacraient des civiles devant les yeux des forces eurpeenes ! Un conseil au serbes si vous voulez nous joindre vous êtes oblige de se soumettre a nos exigences sinon tant pis pour vous ! Vous avez la « Russi qui n’a pas à nourrir sa population » de toute façon vous êtes de russe de 2ème rang chassés par les vrais russe au Véme siècle ! Et si L’Europe vous tends la mais une fois ça n’arrivera pas deux fois ! Quant a la question du Kosovo oublié le c’est un état voisin comme la Croatie.

GINO
16 décembre 2007
02:01
Les Balkans occidentaux : en route pour l’Union européenne ? (3/7 : Le KOSOVO)

Andy : ton commentaire PUE le racisme à plein nez. Les Serbes n’ont absolument aucune leçon à recevoir de gens comme toi. Et si vivre à côté de personnes telles que toi est un cadeau, tu peux te la garder ton U.E. : c’est NIET ! De la part d’un humaniste.


24 janvier 2008
17:48
Les Balkans occidentaux : en route pour l’Union européenne ? (3/7 : Le KOSOVO)

Mgr Gashi, du Monténégro, souhaite une solution juste pour le Kosovo

ROME, Mercredi 23 janvier 2008 (ZENIT.org) - L’archevêque de Bar, au Monténégro, Mgr Zef Gashi, espère « une solution juste » pour le Kosovo dans le contexte des élections présidentielles en Serbie.

Au cours d’une visite au siège de l’œuvre catholique « Aide à l’Eglise en détresse » (AED), Mgr Gashi a affirmé que « la situation au Kosovo est telle qu’il est impératif de mettre ‘un point à la ligne’, pour éviter un risque d’explosion dont personne ne bénéficierait ».

« La chose juste serait d’accorder l’indépendance au Kosovo », estime l’archevêque qui demande à l’Europe de considérer le fait que, ces vingt dernières années, la situation dans les Balkans s’est clarifiée, mais que la région continue de représenter un cas à part.

« Pour l’Europe, ce qui compte, c’est de créer une situation plus stable et de favoriser une coexistence plus équilibrée dans les Balkans », explique-t-il à l’AED.

Mgr Gashi a d’autre part estimé qu’une population de 2 millions d’habitants, qui a vécu des expériences dramatiques et traumatisantes comme les déportations et les assassinats, « a droit à un avenir d’espérance ».

L’archevêque, qui est originaire du Kosovo et qui a longtemps travaillé comme curé de paroisse, a expliqué qu’en raison de sa situation géographique, la région est une des nations les plus jeunes : 60% de la population kosovare a moins de 35 ans.

Quoiqu’il en soit, a-t-il précisé, les jeunes ne voient aucun avenir devant eux : la vie publique est bloquée et le manque de sécurité empêche les gens d’investir. Ainsi, beaucoup de jeunes émigrent à l’étranger, et ceux qui restent, attendent, « dans l’asphyxie », que leur avenir s’améliore.

Mgr Gashi ne voit pas de risques liés à un islam fondamentaliste. Selon l’archevêque, qui connaît bien les politiciens et les intellectuels, le Kosovo tend fortement vers l’occident, depuis 20-30 ans.

En théorie, la région reste sous contrôle serbe, même si les Nations unies l’administrent depuis 1999. Les catholiques représentent une petite minorité d’environ 60.000 personnes vivant au milieu d’une population essentiellement musulmane estimée à près de 1,9 millions d’habitants.

Les Albanais constituent 90% de la population, et les serbes pratiquement les 10% restants.

Les élections présidentielles, qui ont eu lieu en Serbie dimanche dernier, sont considérées comme un indice de la direction que prendra le pays concernant le Kosovo.

Le 3 février la Serbie élira son président entre les deux candidats qui ont reçu le plus de voix : le nationaliste Tomislav Nikolic et le pro-européen et président sortant Boris Tadic.

Andy
16 décembre 2007
15:09
Les Balkans occidentaux : en route pour l’Union européenne ? (3/7 : Le KOSOVO)

A Gino : je suis un militaire de carrière et j’ai vu les atrocités serbes à Sarajevo et Srebrenica, j’ai vu également la même chose au Kosovo, et me dire que vous les serbes, vous êtes des « humanistes » c’est se moquer de la gueule des européens. Raconte a quelque qui n’as pas vu ces choses là, et si le racisme rime avec soldat de libertés oui je suis.

Alex
11 mai 2010
18:01
Les Balkans occidentaux : en route pour l’Union européenne ? (3/7 : Le KOSOVO)

Cher Andy,

oui vous êtes un militaire de carrière, et alors ? Vous pensez que pour cela votre jugement a une valeur ? Ou étiez vous quand les terroristes de l’armée de libération de Kosovo massacraient les civiles serbes ? ou vous voulez dire simplement qu’il y a QUE LES SERBES qui ont commis les massacres dans les guerres des Balkans ? Que les Croates, les musulmans de Bosnie et les albanais de KOSOVO n’y sont pour rien ? Et quand vous dites « SERBES »’ vous pensez à QUI d’abord ? Vous pensez à Milosevic, à Karadzic et à Mladic surement ? Est ce que vous songez que ces gens la ne sont pas représentatif de l’ensemble de population serbe ? Je vous conseille chaleureusement de se mettre un peu à la lecture...pour combler vos lacunes ..

Très cordialement

Pierre ROCA - Directeur de la rédaction
17 décembre 2007
13:07
Les Balkans occidentaux : en route pour l’Union européenne ? (3/7 : Le KOSOVO)

A Gino et Andy : merci pour vos commentaires. Je vous invite néanmoins à conserver un ton respetueux et courtois dans vos échanges ce sans quoi vos commentaires devront être retirés du site internet. Merci de votre compréhension et bon débat à tous,

Pierre

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Lirim Begzati
23 janvier 2008
10:30
Les Balkans occidentaux : en route pour l’Union européenne ? (3/7 : Le KOSOVO)

Je trouve impressionnant de lire un article de quelques pages qui résume parfaitement la situation et les réalités du « dossier complexe Kosovo ». Il s’agit sans doute d’un article objectif, claire et réaliste. Félicitations et bravo à l’auteur.

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23 janvier 2008
17:16
Les Balkans occidentaux : en route pour l’Union européenne ? (3/7 : Le KOSOVO)

vive la libertes mes amis de le eu est amerique freedom paix


23 janvier 2008
17:24
Les Balkans occidentaux : en route pour l’Union européenne ? (3/7 : Le KOSOVO)

En vertu de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 10 juin 1999 le Kosovo a été mis sous l’administration de l’ONU.

Face à ce statut « incertain », qui devrait être « défini » cette année, le président de la république, Nicolas Sarkozy s’est adressé à l’Union européenne en lui demandant de soutenir « dans l’unité et avec fermeté » la « seule solution praticable au Kosovo ».

Cette déclaration indique à demi-mot, l’indépendance de du Kosovo. Lors de la présentation des vœux au corps diplomatique, Nicolas Sarkozy a déclaré que au sujet de cette province serbe que « Le statu quo n’y est plus une option viable » et, que « les voies de la négociation ont toutes été explorées sans l’ombre d’un succès ».

S’inspirant de la proposition de Martti Ahtisaari, le médiateur des Nations Unies, relative à une indépendance sous supervision internationale, le président français a ajouté que, « L’Union devra donc mettre en oeuvre dans l’unité et avec fermeté la seule solution praticable, celle qui est sur la table".

Notons que, face au refus de la Serbie d’accorder une Indépendance au Kosovo, Nicolas Sarkozy a également demandé que l’Union Européenne lui offre (à la Serbie) des perspectives de rapprochement avec les 27 en disant que « l’Union, devra aussi ouvrir aux pays de la région, et notamment à la Serbie, des perspectives crédibles de rapprochement et d’intégration dans la famille européenne. Il sont Européens, il faut en tirer des conséquences."


Il y a 4 jours 5 heures 50 minutes

Janvier 2008 Postée par Yelen


30 janvier 2008
03:03
Les Balkans occidentaux : en route pour l’Union européenne ? (3/7 : Le KOSOVO)

Il est certain que le Kosovo ne restera pas en l’état dans la Serbie. Pour ma part je trouverai bien plus logique une partition du Kosovo (avec le nord serbe se rattachant à Belgrade), la majeure partie, albanophone, rejoignant l’Albanie plutôt que devenant indépendant. Ca serait logique, puisque les kosovars albanophones sont des albanais, et ainsi on éviterait la prolifération de petits Etats en ex-Yougoslavie, comme c’est d’ailleurs déjà le cas. Je ne dis pas que l’indépendance de la Slovénie, de la Macédoine, de la Bosnie et de la Croatie n’était pas justifiée : mais quand on peut éviter la création d’un Etat (comme le Kosovo albanophone) tout en respectant les droits culturels des peuples autant le faire.

Quoi qu’il en soit, espérons que la Serbie finira par lâcher l’affaire : le Kosovo reste plus un poids (y compris économiquement) qu’autre chose pour elle aujourd’hui. Il serait préférable qu’elle accepte l’accélération des négociations d’adhésion en contrepartie d’une reconnaissance du Kosovo indépendant, même si ça a l’air mal parti vu le vote du Parlement serbe le 26 décembre dernier.

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ALFRED
21 février 2008
10:15
Les Balkans occidentaux : en route pour l’Union européenne ? (3/7 : Le KOSOVO)

« Tout le monde sait maintenant que les accusations de génocide étaient totalement et consciemment fausses et que les vraies motives pour les attaques étaient ailleurs »

M .Robert hasneis

Je ne comprends pas comment il est possible de dire ce genre d’aberration auourd’hui encore ? Apres les bombardement de l’otan j’aurai pu admettre l’incertitude des crimes commis au Kosovo mais dire cela aujourd’hui c’est la meme chose que de dire que la Shoah est une invention des historiens ,du pur negationnisme !.

Monsieur quant on ne sait pas les choses ou bien lorqu’on entend seulement ce que disent les serbes ,on reflechit avant de parler.

Est que vous vous rendez compte du mal ,du chagrin ,que vous faites à toutes les personnes : les enfants ,les freres ,soeurs, peres, fils des quels ont été tués,assasinés par l’armée serbe ?

Reflechissez car vous n’etes pas en train de dire cela dans un site naziste mais dans un site europeen,et qu’il a des gens qui vous lisent

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legéographe2009
11 septembre 2009
13:30
Les Balkans occidentaux : en route pour l’Union européenne ? (3/7 : Le KOSOVO)

ce texte n’est pas à jour ! le KOSOVO A DECLARE SON INDEPENDANCE le 17/02 2008 unilatérement.cela fait 1 an et demi maintenant et le Kosovo a un peu progressé : stabilité relative, pouvoir assez stable , tensions diminuées .bien entendu il reste d’ ENORMES progrès à faire. il y a plus de chances pour que la turquie intègre l’ UE que le Kosovo ou la Bosnie !(ces derniers le pourraient après 2020...). mais j’ ai de l’espoir.

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